Zinédine Zidane a conclu un accord verbal avec la Fédération Française de Football pour devenir le prochain sélectionneur de l’équipe de France. Cinq ans d’attente, neuf trophées au Real Madrid, et un seul poste en tête.
En février 2026, Zinédine Zidane a donné son accord verbal à la Fédération Française de Football pour succéder à Didier Deschamps à la tête de l’équipe de France. Cet accord de principe a été confirmé par plusieurs médias spécialisés en mars 2026. La prise de fonctions serait programmée pour septembre 2026, au lendemain de la Coupe du Monde organisée en Amérique du Nord du 11 juin au 19 juillet, un tournoi où la France affrontera le Sénégal et la Norvège en phase de groupes.
Aucun contrat n’a encore été paraphé. Le président de la FFF, Philippe Diallo, n’a pas officialisé le nom du futur sélectionneur, mais a déclaré : « Je connais son nom », ajoutant avoir reçu « moins de cinq candidatures, toutes françaises ». En interne, la fédération travaille déjà à la structuration du futur encadrement, avec une première échéance identifiée : le 25 septembre 2026, pour un match de Ligue des Nations en Turquie. Zidane aurait exprimé une exigence particulière, intégrer une cellule d’analyse de données dans son staff, et son adjoint historique au Real Madrid, David Bettoni, devrait l’accompagner, sous réserve d’un accord budgétaire avec la FFF.
Il l’avait dit, personne ne l’avait noté
La décision n’est pas un coup de théâtre. Elle est l’aboutissement d’une série de déclarations publiques convergentes, formulées au fil des douze derniers mois.
En mai 2025, lors d’un événement sur les Champs-Élysées, Zidane a déclaré : « Je me sens entièrement à 100% entraîneur. L’Équipe de France, j’y ai joué 13 ans. Bien sûr que c’est une envie. » En octobre 2025, au Festival du sport de Milan, il a indiqué : « Un de mes objectifs est d’entraîner l’Équipe de France. » En novembre 2025, à Toulon pour un match caritatif, il a répondu d’un sourire et du mot « bientôt » à la question de son retour sur un banc. Trois occasions différentes, un message identique.
Depuis son départ du Real Madrid en mai 2021, Zidane n’avait accepté aucun poste d’entraîneur. Cette mise en retrait, souvent lue comme une retraite anticipée, était en réalité une attente ciblée.
Le Real Madrid ne désarme pas
L’obstacle principal au scénario FFF n’est pas un rival mais un club. Selon des informations parues dans la presse madrilène, Florentino Pérez n’a pas renoncé à convaincre Zidane de reprendre les rênes du Real Madrid pour un troisième mandat. En décembre 2025, le président merengue aurait multiplié les contacts en ce sens. En octobre 2025, Zidane avait lui-même évoqué la Juventus Turin avec nostalgie : « Je l’ai toujours dans mon cœur. Plus tard, je ne sais pas. » Cette phrase, glissée lors du même festival de sport où il confirmait son ambition française, indique que plusieurs options restaient formellement ouvertes jusqu’à une date récente.
Trois Ligue des Champions : un bilan sans équivalent
La légitimité de Zidane sur le banc des Bleus tient d’abord à un palmarès d’entraîneur que le football européen n’avait encore jamais produit. Nommé en janvier 2016 au Real Madrid à la place de Rafa Benítez, il remporte la Ligue des Champions en mai 2016, puis en mai 2017, puis en mai 2018. Trois éditions consécutives : un record absolu à l’ère de la compétition, inégalé depuis. En vingt-huit mois de premier mandat, il accumule neuf trophées : trois C1, une Liga, deux Supercoupes de l’UEFA, deux Coupes du Monde des clubs, une Supercoupe d’Espagne.
Revenu en mars 2019 pour un second mandat, il ajoute deux titres de champion d’Espagne, dont celui de 2020, et deux Supercoupes d’Espagne. Sur la saison 2020-2021, son dernier exercice sur ce banc, il dirige 50 matchs : 30 victoires, 12 nuls, 8 défaites. Il quitte le club en mai 2021, à sa propre initiative, pour la seconde fois. Avant de prendre les rênes de l’équipe première, il avait passé une saison comme adjoint de Carlo Ancelotti en 2013-2014, un apprentissage discret avant une ascension immédiate.
Une reconversion sans terrain, mais pas sans activité
Pendant ces cinq années sans club, Zidane a construit deux engagements publics durables, éloignés du football compétitif.
En février 2023, il a signé un partenariat avec l’écurie de Formule 1 Alpine en tant qu’ambassadeur officiel, lors de la présentation de la monoplace A523 à Londres. Deux axes structurent cet engagement : le programme Rac(H)er, destiné à orienter de jeunes femmes vers le sport automobile de haut niveau, et un Concours d’Excellence Mécanique ouvert aux étudiants en filière automobile. En juin 2024, il était présent aux 24 Heures du Mans pour représenter l’écurie dans le cadre du Championnat du Monde d’Endurance. Il a justifié ce choix par son propre parcours : « Alpine veut donner leur chance à des jeunes. J’étais gamin, on m’a donné ma chance et ça, ça me parle. »
En avril 2025, une seconde collaboration a été officialisée : Zidane est devenu l’ambassadeur du Palace Merano, spa médical situé en Italie du Nord, distingué par le Wellness Spa Award 2025 de Condé Nast Traveller et le titre de Best Global Spa Hotel par The Luxury Spa Edit. Son lien avec l’établissement remonte à près de trente ans : il y séjournerait deux fois par an, en famille ou avec des proches. Il a participé au développement du Sport Recovery Lab, un programme de récupération musculaire conçu pour les athlètes, et en a été l’un des premiers testeurs. « À chaque fois que j’arrive ici, je suis dans un autre monde », a-t-il déclaré lors de l’annonce du partenariat.
Luca en Algérie, Théo à Córdoba, Elyaz qui monte
La CAN 2025, organisée au Maroc, a replacé le nom Zidane sous les projecteurs, non pas pour le père, mais pour le fils.
Luca Zidane, né en 1998, gardien de but au FC Grenade en deuxième division espagnole, a changé de sélection nationale en octobre 2025 : formé dans les équipes de jeunes françaises, il a choisi de défendre les couleurs de l’Algérie, disputant son premier match officiel le 14 octobre 2025 contre l’Ouganda. En décembre 2025, lors du match de poule contre le Soudan (3-0), il a réalisé plusieurs arrêts décisifs, son père présent dans les tribunes. L’Algérie a été éliminée lors du tour suivant, après une défaite 2-0 face au Nigeria, Luca Zidane ayant au total disputé quatre matchs dans la compétition.
Théo Zidane, né en 2002, évolue au Córdoba CF en D2 espagnole, où il a disputé une vingtaine de matchs lors de la saison 2024-2025. Elyaz, né en 2005, joue avec le Betis Deportivo et a remporté l’Euro U17 avec la France en 2022. L’aîné, Enzo, né en 1995, a mis fin à sa carrière professionnelle aux alentours de 2024. Les quatre fils, tous formés à l’académie du Real Madrid, ont choisi le même métier que leur père.
Les millions algériens de Zidane
Né le 23 juin 1972 à Marseille, dans la cité de La Castellane, de parents originaires de Béjaïa en Kabylie, Zidane soutient financièrement l’Algérie depuis plus de quinze ans, en dehors de tout dispositif médiatique.
La Fondation Zinédine Zidane, créée en 2010 sous l’égide de son père Smaïl, décédé en 2023, finance des hôpitaux, des écoles, des orphelinats et des maisons de retraite dans plusieurs régions du pays. En 2019, Zidane a confirmé que les 3 millions d’euros perçus dans le cadre du dossier de candidature du Qatar pour la Coupe du Monde 2022 avaient été intégralement reversés à sa Fondation. Des témoignages concordants décrivent des visites discrètes au siège du Croissant-Rouge algérien à Alger, sans escorte ni communication publique. En 2010, il avait financé la rénovation d’un hôpital en Kabylie et l’achat de matériel médical pour plusieurs établissements de la région.