Paul Seixas : la guerre des millions a commencé

30/06/2026

Treize millions d’euros par saison : c’est l’offre que Pinarello Q36.5 préparerait pour Paul Seixas, convoité aussi par UAE Emirates et Lidl-Trek.

Treize millions d’euros par saison : c’est le montant que la formation suisse Pinarello Q36.5 serait prête à verser à Paul Seixas, selon les informations du média spécialisé Wielerflits et du journaliste Daniel Benson. Le coureur lyonnais, âgé de 19 ans, n’a encore jamais disputé le Tour de France. Ce chiffre dépasserait de trois millions d’euros le salaire annuel de Tadej Pogačar chez UAE Team Emirates, référence actuelle du peloton mondial. Paul Seixas deviendrait, sur le papier, le cycliste le mieux payé de l’histoire.

Pinarello Q36.5 appartient à Ivan Glasenberg, milliardaire suisse. L’équipe dispute cette année son premier Tour de France, avec Tom Pidcock comme leader désigné. Elle ne fait pas partie du World Tour, la première division du cyclisme international. Recruter Paul Seixas lui ouvrirait une voie directe vers ce statut. Une signature à ce niveau de rémunération pèserait sur l’ensemble du marché des transferts, bien au-delà du seul cas du coureur français.

Un palmarès qui justifie l’emballement

Paul Seixas a remporté le Tour du Pays basque. Il s’est aussi imposé sur la Flèche wallonne. Sur Liège-Bastogne-Liège, il a tenu la roue de Tadej Pogačar dans la côte de la Redoute, l’un des passages les plus sélectifs de la course. Aucun autre coureur n’avait approché ce niveau face au champion slovène cette saison.

Il prendra le départ du Tour de France le 4 juillet à Barcelone, sous les couleurs de Decathlon CMA CGM. Il sera, selon le document source, le plus jeune participant à la Grande Boucle depuis 1937. Ce palmarès, construit en quelques mois, a précédé de peu l’offre de Pinarello Q36.5. Les deux faits ne sont pas sans lien.

UAE Team Emirates hausse le ton

Paul Seixas reste sous contrat avec Decathlon CMA CGM jusqu’à la fin de la saison 2027. Cela n’empêche pas d’autres écuries du World Tour de se positionner. L’équipe américaine Lidl-Trek figure parmi les prétendants identifiés, sans qu’aucun montant n’ait filtré de ce côté.

UAE Team Emirates, elle, a choisi une autre méthode. Des intermédiaires proches de la formation laissent entendre, par voie de confidences non attribuées, que le rachat des engagements actuels de Paul Seixas est déjà préparé en vue de 2027. Une formule a circulé parmi les journalistes suivant le dossier : « son vélo est déjà prêt ». Cette phrase n’a pas été confirmée par un porte-parole officiel de l’équipe.

L’objectif dépasse le seul recrutement. UAE Team Emirates dispose déjà du meilleur coureur du monde dans ses rangs. Faire savoir qu’elle peut s’offrir Paul Seixas, et briser au passage un contrat en cours, sert avant tout à rappeler au reste du peloton l’étendue de ses moyens financiers.

Le profil qui change la donne

Paul Seixas suit à distance le Bachelor business & administration de l’EM Lyon Business School, dans le cadre du parcours talent réservé aux sportifs de haut niveau. Il s’exprime couramment en anglais, ce qui lui donne accès à des sponsors et à une audience hors des frontières françaises, alors même que son entourage le décrit comme réservé en interview.

Son équipe actuelle, basée en Savoie, a modifié sa communication officielle ces derniers mois. Elle ne se présente plus comme une formation française, mais comme une équipe internationale. Paul Seixas a par ailleurs reçu des propositions de clubs étrangers pour l’après-2026, selon le document source. Aucun nom d’équipe n’a toutefois été précisé à ce stade.

Le cyclisme français a longtemps valorisé des coureurs attachés à un territoire, formés dans des courses locales tenues par des bénévoles. Paul Seixas a grandi dans la vallée de l’Arve, terre traditionnelle de ce modèle. Son positionnement actuel s’en éloigne.

Imperméable à la tempête

« La pression glisse sur lui comme l’eau sur les plumes du canard », a déclaré Oliver Naesen, son coéquipier chez Decathlon CMA CGM. Le peloton a surnommé Paul Seixas le « Kylian Mbappé du cyclisme », en référence à sa froideur en compétition.

À 16 ans déjà, il avait annoncé aux entraîneurs de l’équipe de France son objectif unique : gagner le Tour de France. Il privilégie aujourd’hui les échanges sur Snapchat avec ses amis aux sollicitations répétées des managers d’équipes, et son entourage filtre désormais ses apparitions publiques.

Le 4 juillet, à Barcelone, il prendra le départ de son premier Tour de France. Treize millions d’euros par saison, trois prétendants déclarés, une guerre d’influence menée par fuites : aucun de ces éléments ne figurera sur la feuille de route du jour. Seule la route comptera.

Image placeholder

Laisser un commentaire