Combien gagne Ayase Ueda ?

11/09/2026

À Feyenoord, Ayase Ueda empile les buts et attise la convoitise anglaise, tandis que son salaire reste calé sur un contrat négocié bien avant son explosion.

Il marque loin des caméras, mais ses buts pèsent de plus en plus lourd sur le marché. Ses matches à Rotterdam précèdent des discussions fermées sur plusieurs millions d’euros. Son contrat actuel reste en retrait par rapport à sa production. À quelques jours du Mondial, sa carrière se joue aussi sur le terrain des revenus.

Dans la lumière blanche de De Kuip, le 10 mai 2026, Feyenoord reçoit l’AZ Alkmaar pour l’un des derniers rendez-vous de sa saison de championnat. Derrière la cage opposée, quelques drapeaux japonais se lèvent lorsque le numéro 9 coupe un ballon venu de la droite et marque le seul but de son équipe dans un match nul 1-1. Ayase Ueda joue 86 minutes ce soir-là. Le stade retient surtout un fait simple : encore un but de plus pour l’attaquant japonais.

À la fin de la saison 2025-2026, Ueda termine meilleur buteur d’Eredivisie avec 25 réalisations en 31 matches de championnat. Au printemps 2026, sa valeur de transfert est estimée autour de 17 millions d’euros. Sous contrat avec Feyenoord jusqu’en juin 2028, il perçoit un salaire de base estimé à 780 000 euros bruts par saison, soit 15 000 euros par semaine, avec des bonus pouvant porter le total annuel à 980 000 euros. À l’approche de la Coupe du monde 2026, où il doit mener l’attaque du Japon, chaque but renforce à la fois sa place sportive et sa valeur financière.

Une ascension par paliers

Ayase Ueda naît le 28 août 1998 à Mito, dans la préfecture d’Ibaraki, et commence le football à six ans dans le club local Yoshidagaoka SSS avant de passer par Kashima Gakuen puis l’université Hosei à partir de 2017. À Hosei, il marque 15 buts en 27 matches lors de sa première saison universitaire et remporte le championnat national universitaire, avec une récompense de meilleur attaquant. Ce premier cycle ne produit pas encore de revenus comparables au football professionnel : il relève du modèle universitaire japonais, avec aides et bourses, sans salaire pro public documenté pour son cas.

En 2019, il rejoint Kashima Antlers après son passage à Hosei University. Dès sa première saison en J1 League, il inscrit quatre buts et obtient une première convocation en équipe nationale japonaise en juin 2019. Aucun chiffre précis n’a été rendu public sur son salaire à Kashima, mais les jeunes attaquants titulaires de J-League évoluent généralement dans une fourchette de quelques centaines de milliers d’euros annuels.

L’été 2022 ouvre une séquence nouvelle. Ueda quitte Kashima Antlers pour le Cercle Bruges dans le cadre d’un transfert évalué entre 1 million d’euros et 1,3 million d’euros selon les estimations disponibles. Son salaire annuel en Belgique est alors évalué à environ 390 000 euros bruts, soit un peu plus de 32 000 euros par mois. Pour un joueur japonais formé par l’université puis passé par la J-League, ce niveau de rémunération marque une première vraie installation dans l’économie du football européen.

Un contrat en retard sur les buts

Le 3 août 2023, Feyenoord officialise la signature d’Ueda pour cinq saisons, jusqu’au 30 juin 2028. Le transfert est alors chiffré à 9 millions d’euros, avec des bonus possibles, certains montants avancés portant l’opération au-delà des 10 millions d’euros. Une clause de revente de 20% en faveur du Cercle Bruges est également évoquée.

Les montants de son contrat sont connus dans leurs grandes lignes : 15 000 euros bruts par semaine, 65 000 euros par mois et 780 000 euros par an. Des bonus de performance peuvent ajouter jusqu’à 200 000 euros annuels, ce qui porte le total potentiel à 980 000 euros bruts par saison. La valeur brute totale de son contrat sur cinq ans est estimée à 4,9 millions d’euros hors primes.

Sa première saison à Rotterdam reste incomplète en raison d’une blessure aux ischio-jambiers. La campagne 2025-2026 change complètement sa position dans l’effectif et sur le marché. Il marque 25 buts en 31 matches d’Eredivisie et dispute plus de 2 500 minutes en championnat, toujours comme titulaire. À ce niveau de rendement, le contrat signé en 2023 paraît inférieur à la valeur sportive produite sur le terrain.

Au printemps 2026, plusieurs estimations situent sa valeur de transfert autour de 17 millions d’euros. Dans le même temps, des clubs de Premier League commencent à être cités parmi les candidats possibles en cas de départ. Feyenoord peut espérer une grosse vente, même si une partie de la somme doit revenir à ses anciens clubs en raison des clauses négociées au moment de son arrivée.

Un joueur discret loin des vitrines

À l’approche de la Coupe du monde 2026, les portraits consacrés à Ueda décrivent d’abord un avant-centre de surface, utile dans la profondeur, appliqué dans le pressing et efficace dans la zone de vérité. Son rôle dans le système du sélectionneur Hajime Moriyasu est analysé en détail, mais ses revenus personnels n’occupent pratiquement aucune place dans le récit public.

La même discrétion vaut pour les contrats publicitaires. Aucun partenariat majeur chiffré avec un équipementier ou une marque internationale n’apparaît clairement dans l’espace public. À la différence d’autres internationaux japonais plus exposés, Ueda ne dispose pas d’une image commerciale très développée. Rien de précis n’est documenté non plus sur un patrimoine immobilier, des investissements ou une fortune nette.

Le contraste est net. D’un côté, ses revenus professionnels ont progressé de manière continue depuis son départ du Japon, avec un passage à 390 000 euros annuels estimés en Belgique puis 780 000 euros à Feyenoord hors bonus. De l’autre, son image reste celle d’un joueur de rendement, presque silencieux, dont la réputation passe par la feuille de match bien plus que par la vitrine commerciale.

Une sélection nationale à enjeux économiques

Avant le Mondial 2026, Ueda compte un peu plus d’une trentaine de sélections et une quinzaine de buts avec le Japon. En décembre 2025, il était crédité de « 16 buts en 36 apparitions » depuis 2019, ce qui donne un ordre de grandeur solide de son apport international. Cette formulation reste plus prudente qu’un total figé, les statistiques évoluant au fil des matches amicaux et des compétitions.

Lors de la Coupe du monde précédente, Ueda n’avait disputé qu’une mi-temps. En novembre 2024, son absence sur blessure avait laissé un vide important dans l’attaque japonaise pendant les qualifications asiatiques. Cette blessure aux ischio-jambiers a réduit à la fois son temps de jeu international et sa visibilité dans une phase sensible de sa carrière européenne.

Au printemps 2026, plusieurs analyses tactiques le présentent comme l’avant-centre titulaire du Japon. Les primes exactes de sélection et de tournoi ne sont pas détaillées joueur par joueur dans l’espace public, mais une Coupe du monde reste un accélérateur de marché : un bon tournoi augmente la visibilité, la valeur de transfert et la capacité à négocier un contrat supérieur. Pour Ueda, l’enjeu dépasse donc la performance pure. Ses matches internationaux peuvent transformer un très bon contrat néerlandais en offre venue d’un championnat beaucoup plus riche.

Un carrefour de carrière

Sa progression est nette : Hosei University vers Kashima Antlers en 2019, Cercle Bruges en 2022 pour 1 million d’euros à 1,3 million d’euros, puis Feyenoord en 2023 pour 9 millions d’euros hors bonus. À chaque étape, son statut sportif a changé et ses revenus ont suivi la même pente. Le contrat signé à Rotterdam en 2023 l’a fait entrer dans une tranche proche du million d’euros brut annuel avec bonus, mais sa saison 2025-2026 place déjà sa valeur de marché nettement au-dessus.

Trois scénarios s’ouvrent pour la suite. Le premier passe par une prolongation revalorisée à Feyenoord, avec un salaire remonté vers le haut de la grille du club. Le deuxième mène vers la Premier League, où les titulaires offensifs touchent souvent plusieurs millions d’euros par an. Le troisième consiste à rester encore un temps dans un rôle central à Rotterdam pour confirmer ses chiffres avant un départ futur.

En juin 2026, les données disponibles racontent donc une histoire simple. Ayase Ueda a déjà changé de dimension sportive. Son salaire actuel, fixé en 2023, n’a pas encore complètement suivi. La Coupe du monde 2026 peut servir de passerelle entre ces deux réalités.

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Théo Larnaudie est un journaliste spécialisé dans le football. Après avoir travaillé au sein de plusieurs médias européens, il a rejoint Sport Live en tant que chef de la rubrique football.

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