Combien gagne Romelu Lukaku ?

25/06/2026

Romelu Lukaku raconte comment une fortune entre 100 et 150 millions a bouleversé sa famille, entre transferts records, salaires géants et blessures intimes.

Romelu Lukaku parle d’argent comme d’une blessure. Il parle aussi d’une enfance où l’on diluait le lait et où l’on comptait les pièces au supermarché. Entre ces deux scènes, il y a des contrats à sept chiffres, des transferts à plusieurs dizaines de millions d’euros et une carrière passée entre l’Angleterre et l’Italie. Reste cette question, au centre de son histoire : qu’est-ce qu’une fortune change vraiment quand elle arrive après la misère ?

Il raconte la scène sans hausser la voix. Dans un podcast diffusé début juin 2026, à quelques jours de la Coupe du monde, Romelu Lukaku parle de sa mère, de son père, de ses frères, puis lâche cette phrase : « Je préférais la misère dans laquelle on était, avant. L’argent a détruit ma famille. » Au même moment, l’attaquant belge est toujours sous contrat avec Naples, figure dans la liste retenue par la Belgique pour le Mondial 2026 et reste, malgré une saison heurtée, le meilleur buteur de l’histoire des Diables rouges. La tension est là : un joueur payé comme une star internationale décrit publiquement la richesse comme une force de destruction intime.

Enfance belge, pauvreté extrême

Romelu Lukaku naît en 1993 en Belgique, dans une famille d’origine congolaise. Dans un récit devenu central dans sa biographie publique, il raconte une enfance marquée par les factures impayées, l’absence d’argent à la maison et le lait coupé à l’eau par sa mère faute de moyens. Il évoque aussi des rats dans l’immeuble, une télévision revendue pour payer des charges et la honte sociale qui accompagne la pauvreté quand elle devient visible aux yeux des autres enfants.

Son père, ancien international zaïrois, a connu une fin de carrière difficile, et l’argent gagné dans le football n’a pas suffi à stabiliser durablement la situation familiale. Lukaku explique qu’à six ans, après avoir vu sa mère rentrer du supermarché avec des produits achetés à crédit, il s’est juré de devenir footballeur professionnel pour sortir sa famille de là. Ce point de départ est essentiel pour comprendre la suite : dans sa trajectoire, l’argent n’apparaît jamais d’abord comme un luxe, mais comme une urgence.

À 16 ans, il signe son premier contrat professionnel avec Anderlecht. Les montants de ce premier contrat ne sont pas publics, mais l’entrée dans le football professionnel représente déjà un basculement concret pour un foyer qui vivait jusque-là dans une grande précarité. Les premières primes de match et de but prennent alors une valeur particulière : elles ne servent pas à augmenter un confort, elles servent d’abord à sortir du manque.

Premier palier en Angleterre

En 2011, Chelsea recrute le jeune attaquant pour environ 12 millions d’euros. Le passage londonien ne lui offre pas immédiatement le rôle attendu, et il doit passer par des prêts à West Bromwich Albion puis à Everton pour s’installer vraiment dans le football anglais. À Everton, il enchaîne les buts et devient l’un des attaquants les plus fiables de Premier League, ce qui change à la fois son statut sportif et son niveau de revenus.

En 2014, Everton débourse près de 32 millions d’euros pour l’acheter définitivement, ce qui constitue alors un record pour le club. Selon plusieurs estimations, Lukaku gagne ensuite autour de 80 000 livres par semaine, soit environ 4,1 millions de livres par an, avant d’atteindre un niveau proche de 4,7 millions d’euros annuels en 2017. Pour le grand public, l’échelle change ici clairement : Lukaku n’est plus seulement un jeune joueur prometteur, il entre dans la catégorie des footballeurs qui vivent déjà à un niveau de richesse hors norme.

Ses performances accompagnent cette hausse. À Everton, il franchit régulièrement la barre des 20 buts sur une saison et devient une valeur sûre du championnat anglais. Ce sont ces saisons qui préparent le grand saut suivant, celui de Manchester United, où sa valeur marchande et son salaire prennent une dimension encore plus spectaculaire.

Starisation à Manchester et bascule à Milan

En 2017, Manchester United paie environ 88 millions d’euros pour recruter Lukaku. Son salaire à Old Trafford est alors estimé à 180 000 livres par semaine, soit 9,3 millions de livres par an. Il rejoint ainsi le cercle des attaquants les mieux payés de Premier League, avec la pression qui accompagne un tel investissement.

Sa première saison est solide, avec plus de 25 buts toutes compétitions confondues en 2017-2018. Les saisons suivantes sont plus discutées, entre critiques sur son influence dans les grands matches et débats sur sa forme physique, mais son salaire, lui, reste à un niveau très élevé jusqu’à son départ. Cette période marque un premier décalage dans sa carrière : les revenus continuent de grimper alors que le consensus sur ses performances se fissure.

En 2019, l’Inter Milan débourse environ 80 millions d’euros pour l’attirer en Serie A. Son salaire italien est évalué autour de 8,2 millions de livres par an, avec des estimations qui montent ensuite vers 11 millions d’euros selon les saisons et les méthodes de conversion. Sur le terrain, cette période est souvent décrite comme l’une des plus abouties de sa carrière : associé à Lautaro Martínez, Lukaku participe au titre de champion d’Italie 2020-2021 et accumule les distinctions individuelles en Serie A.

Transferts records et contrat XXL

L’été 2021 fait entrer sa trajectoire dans une autre dimension financière. Chelsea verse environ 115 millions d’euros à l’Inter pour le faire revenir, ce qui en fait alors le transfert le plus cher de l’histoire du club londonien. En additionnant les principales opérations de sa carrière, plusieurs estimations situent le total des montants investis pour le recruter entre 352 et 369 millions d’euros. Lukaku entre alors dans le petit cercle des joueurs les plus coûteux de l’histoire du marché.

Le salaire suit cette inflation. À Chelsea, il est estimé jusqu’à 419 615 livres par semaine, soit environ 21,8 millions de livres par an. Ce montant correspond au pic de sa rémunération en club et le fait entrer dans la catégorie très fermée des attaquants européens à plus de 20 millions annuels.

Sur le terrain, la deuxième aventure londonienne ne produit pourtant pas les résultats espérés. Lukaku marque, mais son rôle reste discuté, sa relation avec le club se dégrade, et Chelsea finit par le prêter, d’abord à l’Inter, puis à l’AS Rome. Une base salariale estime qu’en 2023-2024, Chelsea continue encore de supporter une charge d’environ 16,9 millions de livres pour un joueur prêté, pendant que la Roma verse de son côté environ 7,6 millions de livres par an. Cette période dit beaucoup de la logique économique du football moderne : un très grand contrat peut survivre à un déclassement sportif.

L’étape napolitaine et la parenthèse belge

À l’été 2024, Naples rachète Lukaku à Chelsea pour environ 30 millions d’euros. Sur le salaire, les estimations ne donnent pas toutes le même chiffre, ce qui impose de rester prudent : plusieurs évaluations situent sa rémunération entre 6 et près de 8 millions d’euros bruts par an, tandis que certaines montent plus haut en ajoutant les bonus. Il n’existe donc pas, à ce stade, de montant public unique qui permette de trancher définitivement.

Le point sûr, en revanche, est qu’il reste parmi les joueurs les mieux payés du Napoli et dans le haut de la hiérarchie salariale de Serie A. Les estimations disponibles parlent d’un contrat de trois ans, jusqu’en 2027. Pour le lecteur, cela signifie une chose simple : même en fin de prime sportive, Lukaku continue d’évoluer à un niveau de revenus réservé à l’élite européenne.

La saison 2025-2026 est plus compliquée. Elle est marquée par des blessures musculaires, des problèmes de forme et des tensions avec son club. Plusieurs informations de presse ont fait état d’une mise à l’écart temporaire et d’une rééducation poursuivie en Belgique avant la Coupe du monde. En parallèle, le sélectionneur belge continue de compter sur lui. Ce double mouvement résume bien sa situation actuelle : contesté en club, encore central en sélection.

Salaires, transferts, fortune

Sur près de quinze ans, les salaires de Lukaku dessinent une ascension rapide, puis un plateau très élevé. À Everton, il gagne autour de 4 à 4,7 millions par an selon les saisons. À Manchester United, il passe à environ 9,3 millions de livres annuels. À l’Inter, il reste dans une zone allant d’environ 8 à 11 millions d’euros selon les estimations. À Chelsea, il atteint son sommet financier avec une rémunération estimée à plus de 20 millions de livres annuels.

À cela s’ajoutent les prêts, qui ne font pas disparaître ses revenus élevés. À l’Inter en 2022-2023, son salaire est encore estimé à 8,6 millions de livres par an. À la Roma en 2023-2024, il tourne autour de 7,6 millions de livres. À Naples, les estimations varient, mais restent toujours à plusieurs millions d’euros par saison.

Sa fortune nette doit elle aussi être présentée avec prudence. Plusieurs estimations la situent entre 100 et 150 millions d’euros ou de dollars, en additionnant salaires, primes et revenus publicitaires. D’autres évaluations parlent d’un peu plus de 100 millions d’euros de revenus de carrière issus du football. Pour un article destiné au grand public, la formule la plus sûre est donc la suivante : Lukaku possède une fortune très élevée, probablement comprise entre 100 et 150 millions.

Contrats de sponsoring et image commerciale

Les salaires ne racontent pas tout. Lukaku a aussi construit une partie de sa richesse grâce aux contrats de sponsoring. Après avoir été lié à Nike, il signe en 2018 un accord pluriannuel avec Puma, présenté à l’époque comme l’un des plus importants jamais conclus par la marque avec un footballeur. Le montant exact n’est pas public, mais ce contrat confirme qu’à cette période, Lukaku n’est pas seulement un buteur : il est aussi un actif marketing majeur.

D’autres marques apparaissent dans son portefeuille publicitaire, notamment Gillette, Nivea et Maserati. Plusieurs estimations situent ses revenus annuels de sponsoring entre 500 000 et 800 000 euros. Là encore, il s’agit de fourchettes et non de chiffres certifiés, mais elles montrent que ses revenus ne dépendent pas uniquement de ses clubs.

Se dire Belge et Congolais

Lukaku n’a jamais laissé sa carrière se réduire à ses buts ou à sa feuille de paie. Dans plusieurs prises de parole, il dit son attachement à sa double appartenance, belge et congolaise, et rappelle la place centrale de sa mère dans sa construction personnelle. Il a aussi longtemps dû composer avec une relation parfois dure au public belge, malgré son statut de meilleur buteur de l’histoire de la sélection.

Il est intervenu à plusieurs reprises sur le racisme dans les stades et sur la manière dont les joueurs noirs sont décrits. Il a expliqué que les attaquants noirs étaient souvent réduits à leur puissance physique, sans que leur intelligence de jeu soit reconnue à la même hauteur. Cette dimension compte dans sa présence publique : Lukaku n’apparaît pas seulement comme un joueur transféré très cher, mais aussi comme une voix qui parle d’identité, de regard social et de hiérarchie implicite dans le football européen.

Une réussite au prix des liens familiaux

La partie la plus forte de ses interventions récentes concerne sa vie privée. Début juin 2026, il explique que l’arrivée de l’argent a abîmé ses relations avec certains membres de sa famille, et il parle de conflits durables, jusqu’aux obsèques de son père à Kinshasa. Ce ne sont pas des récits rapportés de loin : ce sont ses propres mots.

Pour comprendre la portée de cette phrase, il faut revenir au contraste initial. Le joueur parti d’un appartement où le lait manquait a ensuite signé des contrats à plusieurs millions d’euros, vécu de transferts records et accumulé un patrimoine considérable. Pourtant, dans son récit, la richesse ne ferme pas l’histoire de la pauvreté : elle en ouvre une autre, faite de soupçons, de distance et de méfiance.

Les chiffres donnent la mesure du parcours : plus de 350 millions d’euros de transferts cumulés, plus de 100 millions d’euros de revenus de carrière selon certaines estimations, et une fortune évaluée à neuf chiffres. Ses déclarations, elles, donnent la mesure du coût intime qu’il associe à cette trajectoire.

Une trajectoire encore en mouvement

En juin 2026, Lukaku est toujours un joueur en activité, pas un ancien champion reconverti. Il figure dans le groupe belge pour la Coupe du monde et a expliqué vouloir continuer avec les Diables rouges jusqu’en 2030. En sélection, malgré les débats sur sa forme, son statut reste intact.

Sur le front des clubs, son avenir est plus flou. Sa saison napolitaine a été perturbée, sa place en club s’est fragilisée, mais son niveau de rémunération demeure celui d’un attaquant majeur du football européen. Toute la singularité du personnage tient là : à 33 ans, avec une fortune estimée entre 100 et 150 millions et un contrat encore lucratif, Lukaku continue de parler du manque, de la peur et du prix humain de l’argent comme si la vraie dette de sa carrière n’avait jamais été soldée.

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Théo Larnaudie est un journaliste spécialisé dans le football. Après avoir travaillé au sein de plusieurs médias européens, il a rejoint Sport Live en tant que chef de la rubrique football.

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