Combien gagne Cody Gakpo ?

27/06/2026

De Stratum à Lomé, enquête sur la trajectoire sportive et financière de Cody Gakpo, attaquant de Liverpool aux revenus désormais à huit chiffres par an.

Il y a les buts, les soirs européens et le maillot rouge. Il y a aussi des contrats renégociés à la hausse, des estimations de salaires à six chiffres par semaine et une fortune devenue objet de curiosité publique. Entre Eindhoven, Liverpool et Lomé, Cody Gakpo suit une ligne de carrière connue du football moderne, mais son rapport public à l’argent reste plus feutré que ses revenus. C’est dans cet écart que se loge le vrai sujet : comment un attaquant formé au PSV est entré, en quelques saisons, dans l’économie des très hauts salaires européens.

À Lomé, la lumière tombe d’un seul bloc sur le terrain. Il est encore tôt, mais la chaleur serre déjà les corps massés contre les barrières. Au bord de la pelouse, un homme en survêtement sombre avance lentement, serre des mains, s’arrête pour une photo, reprend sa marche. Sur plusieurs maillots orange, un nom a été inscrit à la hâte : « Gakpo ».

Retour aux sources

Pendant la trêve estivale 2025, Cody Gakpo effectue un séjour remarqué à Lomé, la ville d’origine de son père, Johnny Gakpo, ancien international togolais des moins de 20 ans. La presse locale et panafricaine présente cette visite comme un « retour aux sources », rythmé par des rencontres avec des jeunes, des visites d’écoles et des séquences publiques autour du football. Le joueur, né à Eindhoven le 7 mai 1999, arrive avec un statut connu au Togo : celui d’un fils de la diaspora devenu attaquant de Liverpool et international néerlandais.

L’image frappe parce que l’écart est immense. Au moment de ce voyage, Liverpool a déjà annoncé qu’il avait signé un nouveau contrat de longue durée avec le club. Les montants exacts n’ont pas été rendus publics, mais plusieurs bases spécialisées situent cette prolongation autour de 200 000 livres bruts par semaine, soit environ 10,4 millions de livres par an, avec des bonus possibles en plus. Le terrain de Lomé et la grille salariale d’Anfield ne racontent pas le même monde.

Ce décalage donne sa tension au sujet. Gakpo ne revient pas seulement comme footballeur célèbre. Il revient comme un joueur dont la fiche de paie a changé de dimension en quelques saisons, au point de faire de lui l’un des attaquants très bien rémunérés de Liverpool selon les estimations disponibles.

D’Eindhoven à Liverpool

Cody Gakpo grandit à Eindhoven, dans le quartier de Stratum, dans une famille où le sport est partout. Son père, d’origine togolaise, a joué au football ; sa mère, néerlandaise, a pratiqué le rugby à haut niveau. Avant Liverpool, avant la sélection, il y a les terrains de quartier, puis le centre de formation du PSV, où il entre très jeune.

Le passage vers le football professionnel n’est pas rectiligne. La presse biographique rappelle plusieurs blessures importantes, dont une fracture de la cheville et des problèmes musculaires, qui freinent sa progression au moment où le PSV commence à l’intégrer chez les pros. Il rejoint durablement le groupe professionnel en 2018, à 19 ans, après ses années en équipes de jeunes. Ses entraîneurs parlent d’un joueur appliqué, peu expansif, qui travaille longtemps après les séances.

Cet arrière-plan compte pour comprendre la suite. Gakpo n’entre pas dans le football européen par le bruit ou par la provocation. Il y entre par la durée, par l’entraînement, et par une progression sportive qui va bientôt rencontrer une progression salariale de plus en plus rapide.

Le temps du PSV

À partir de la saison 2020-2021, Gakpo devient l’un des joueurs majeurs du PSV Eindhoven. En 2021-2022, il franchit un cap statistique avec plus de vingt buts toutes compétitions confondues et un grand nombre de passes décisives, au point d’être désigné meilleur joueur du championnat néerlandais par plusieurs observateurs. Son nom circule alors de plus en plus en Angleterre.

Sur le terrain financier, il faut corriger un point souvent mal repris. Plusieurs bases évoquent des montants très bas pour ses débuts au PSV, mais un travail de détail sur son contrat publié en 2023 parle d’un bail de quatre ans valorisé à environ 4,15 millions de dollars, soit un peu plus de 1 million de dollars par an et près de 20 000 dollars par semaine. Ce chiffre reste très inférieur aux standards de la Premier League, mais il est nettement plus élevé que certaines estimations à 135 000 euros annuels relayées ailleurs.

C’est un point important. La trajectoire de Gakpo n’est pas celle d’un joueur précaire devenu riche du jour au lendemain. C’est celle d’un joueur déjà bien payé à l’échelle néerlandaise, puis happé par un marché anglais qui rémunère les attaquants sur une toute autre échelle.

Le basculement du Mondial

La Coupe du monde 2022 au Qatar fait changer son statut. Avec les Pays-Bas, Gakpo marque dès la phase de groupes et devient l’un des visages offensifs de la sélection. Dans plusieurs médias européens, son nom cesse alors d’être associé à la seule Eredivisie pour entrer dans la conversation des grands clubs anglais.

Le Mondial ne transforme pas directement son patrimoine. Il augmente surtout sa valeur de marché et son poids dans la négociation suivante. Le PSV sait qu’il détient désormais un joueur que l’Angleterre peut acheter très cher ; le joueur sait qu’il peut exiger un contrat bien supérieur à son niveau néerlandais. En football, la vraie hausse de revenus arrive souvent à la signature suivante, pas au moment de l’explosion sportive elle-même.

À la fin du mois de décembre 2022, Liverpool atteint un accord avec le PSV pour son transfert. Les chiffres diffèrent légèrement selon les sources, mais plusieurs médias réputés situent l’indemnité entre 42 millions d’euros et 50 millions d’euros, avec des bonus pouvant porter le total jusqu’à environ 57 millions d’euros. Pour le PSV, c’est un record ; pour Gakpo, c’est le passage d’un bon championnat à l’un des marchés les plus riches du sport mondial.

Premier contrat anglais

Liverpool officialise l’arrivée de Cody Gakpo au 1er janvier 2023 avec un contrat initial courant jusqu’en 2028. Comme souvent en Angleterre, le club ne publie pas les chiffres salariaux. Les estimations de bases spécialisées convergent cependant vers une première rémunération comprise entre 110 000 livres et 120 000 livres bruts par semaine, soit environ 5,7 millions de livres à 6,2 millions de livres par an.

La différence avec le PSV est nette. Même en retenant l’évaluation la plus solide pour son contrat néerlandais, soit un peu plus de 1 million de dollars annuels, le saut reste spectaculaire. En rejoignant Liverpool, Gakpo change de vestiaire, de championnat, de visibilité, mais aussi de niveau de vie potentiel. Ses revenus annuels passent d’un niveau déjà confortable à un niveau qui le fait entrer dans le cercle des footballeurs multimillionnaires.

Sur le terrain, les débuts restent mesurés. Il alterne les postes d’ailier gauche et d’attaquant axial, porte le numéro 18 et s’installe progressivement dans la rotation offensive. Ses statistiques ne le placent pas encore dans la catégorie des superstars mondiales, mais elles suffisent à l’installer comme un attaquant utile, polyvalent et durable dans l’effectif de Liverpool.

La revalorisation de 2025

À l’été 2025, Liverpool annonce un nouveau contrat à long terme pour Cody Gakpo. C’est le point le plus sensible du dossier, car la durée exacte varie selon les sources : plusieurs médias britanniques parlent d’un engagement jusqu’en 2030, tandis que d’autres évoquent 2031. La formulation la plus rigoureuse consiste donc à écrire qu’il a prolongé jusqu’au tournant de la prochaine décennie, sans figer une échéance unique non confirmée par le club.

Sur le plan financier, les chiffres restent des estimations, mais ils sont cohérents. Certaines bases parlent d’un salaire de base de 200 000 livres par semaine, soit 10,4 millions de livres par an, avec 2,6 millions de livres supplémentaires possibles en bonus. D’autres publications spécialisées confirment que Gakpo se situe désormais dans la zone des attaquants à six chiffres hebdomadaires élevés à Liverpool. Convertis en euros, ces montants conduisent à un revenu brut annuel d’environ 12 millions à 15 millions d’euros selon les hypothèses de change et l’intégration des bonus.

Il faut maintenir cette prudence. Rien n’autorise à écrire que Liverpool lui verse officiellement telle somme exacte. En revanche, tout indique que la prolongation de 2025 l’a fait monter d’un cran supplémentaire dans la hiérarchie salariale du club. Autrement dit : le transfert de 2023 l’a fait entrer dans une autre catégorie ; la prolongation de 2025 l’y a solidement installé.

Les revenus hors salaire

Le salaire de club n’épuise pas le sujet. Gakpo est aussi international néerlandais régulier depuis 2021, ce qui lui ouvre l’accès aux primes de sélection et de compétition, même si la fédération n’en détaille pas les montants joueur par joueur. Les standards observés dans les grandes sélections européennes situent ces primes à plusieurs dizaines de milliers d’euros lors des grands tournois, entre présence, qualification et performance. Là encore, il s’agit d’ordres de grandeur, non de chiffres certifiés à son nom.

À cela s’ajoutent les contrats commerciaux. Gakpo apparaît comme athlète lié à Puma, notamment dans des opérations autour de la gamme de crampons Ultra et dans des formats vidéo diffusés par des distributeurs spécialisés. Les montants ne sont pas publics. La seule formulation solide consiste à dire que ces partenariats complètent son revenu de joueur sans que l’on puisse en fixer la valeur exacte.

Le patrimoine estimé de Gakpo doit être manié avec la même réserve. Des sites spécialisés le placent entre 5 millions de dollars et plus de 20 millions d’euros en 2025, selon qu’ils intègrent ou non certains contrats, sponsors et hypothèses patrimoniales. Ces chiffres ne sont confirmés ni par le joueur ni par son entourage. Ils ont néanmoins une utilité journalistique : ils montrent qu’en quelques années, Gakpo est passé du statut de jeune talent bien rémunéré à celui de joueur très riche au sens commun du terme.

Une fortune discrète

Dans la masse des footballeurs de Premier League, Gakpo conserve une image relativement sobre. Les interviews disponibles le montrent parlant surtout de travail, de famille, de foi et de progression sportive, beaucoup moins d’argent ou de consommation. Les médias qui tentent de chiffrer sa fortune s’appuient davantage sur ses contrats que sur des signes extérieurs de richesse largement exposés.

Cette retenue compte dans la perception publique. Elle explique en partie pourquoi son retour à Lomé a été lu comme autre chose qu’une simple opération d’image. Le joueur riche existe, bien sûr ; les estimations de ses salaires suffisent à l’établir. Mais dans l’espace médiatique, Gakpo apparaît moins comme un amateur de luxe que comme un professionnel prudent, peu disert, qui laisse souvent ses chiffres parler à sa place.

Ce que raconte sa trajectoire

La trajectoire financière de Cody Gakpo peut donc se lire en trois temps. D’abord, un contrat solide à l’échelle du PSV, autour de 1 million de dollars par an. Ensuite, un premier saut anglais à Liverpool, avec des estimations comprises entre 5,7 millions et 6,2 millions de livres annuels. Enfin, une revalorisation majeure en 2025, évaluée autour de 10,4 millions de livres par an hors bonus.

Ce mouvement raconte une ascension classique du football de très haut niveau, mais à un rythme rapide. En l’espace de quelques saisons, un joueur formé à Eindhoven, longtemps vu comme la meilleure arme du PSV, est devenu un attaquant de Premier League dont le contrat pèse plusieurs dizaines de millions de livres. Et lorsqu’il revient à Lomé pendant l’été, au milieu des enfants et des appareils photo, ce n’est pas seulement son parcours sportif qui réapparaît. Ce sont aussi les chiffres d’un marché mondialisé, passés sur un visage qui, lui, est resté étonnamment discret.

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Théo Larnaudie est un journaliste spécialisé dans le football. Après avoir travaillé au sein de plusieurs médias européens, il a rejoint Sport Live en tant que chef de la rubrique football.

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