À 33 ans, Evan Fournier a gagné plus de 140 millions de dollars de salaires bruts en NBA depuis sa draft en 2012, avant de relancer sa carrière à l’Olympiakos en 2024. Entre contrats garantis, banc new-yorkais et retour au premier plan en Euroleague, son parcours met au jour un écart rare entre niveau de rémunération et place réelle sur le terrain.
De la NBA à l’Olympiakos
Evan Fournier a cumulé plus de 140 millions de dollars de salaires bruts en NBA entre 2012 et 2024. Le total exact varie légèrement selon les bases contractuelles, mais l’ordre de grandeur est stable : il fait partie des basketteurs français ayant franchi la barre des 100 millions de dollars de revenus salariaux en NBA.
Sa trajectoire nord-américaine commence à Denver en 2012-2013 avec un salaire de 1 361 400 dollars, puis 1 422 720 dollars en 2013-2014, avant un transfert à Orlando où il perçoit encore 1 483 920 dollars en 2014-2015 dans le cadre de son contrat rookie. En 2015-2016, il touche environ 2,29 millions de dollars au Magic avant de négocier un changement d’échelle l’été suivant.
À partir de 2016-2017, sa rémunération grimpe à 17 millions de dollars annuels à Orlando. Elle reste ensuite dans la même zone à Boston puis à New York, avec 17,14 millions de dollars en 2021-2022, 18 millions de dollars en 2022-2023 et 18,86 millions de dollars en 2023-2024.
Le tournant sportif intervient à l’été 2024. Après douze années passées en NBA, Fournier rejoint l’Olympiakos, l’un des grands clubs d’Euroleague, pour un contrat de deux ans dont le salaire annuel est estimé autour de 2 millions d’euros. Un an plus tard, en juillet 2025, il prolonge pour trois saisons supplémentaires.
La montée en puissance salariale
Le moment décisif de sa carrière financière se situe entre l’automne 2015 et l’été 2016. À l’automne 2015, Orlando et Fournier ne parviennent pas à s’entendre sur une extension avant la date limite, alors que le joueur touche encore autour de 2,3 millions de dollars sur la saison.
Cette absence d’accord le place dans une position favorable pour l’été suivant. Il arrive sur le marché avec un profil de scoreur en progression et obtient, en 2016, un contrat qui fait bondir son salaire annuel à 17 millions de dollars.
Ce nouveau niveau devient ensuite sa base contractuelle pour toute la seconde moitié de sa carrière NBA. Entre 2016 et 2024, il évolue dans une fourchette très resserrée, de 17 millions de dollars à 18,86 millions de dollars par saison, ce qui le maintient durablement dans la catégorie des extérieurs très bien payés.
Cette stabilité tient au principe des contrats garantis en NBA. Une fois signés, ils assurent au joueur les montants prévus, même lorsque son rôle recule ou que sa cote sportive baisse.
Payé sans jouer à New York
Lorsqu’il rejoint les New York Knicks en 2021, Evan Fournier arrive avec l’étiquette d’un arrière shooteur confirmé. Son contrat lui assure 17,14 millions de dollars dès la première saison, puis 18 millions de dollars l’année suivante.
Ses débuts restent marqués par un sommet individuel : un match à 41 points contre Boston, qui demeure l’une des performances les plus marquantes de sa carrière NBA. Mais la dynamique sportive se dégrade ensuite rapidement, jusqu’à son effacement progressif de la rotation new-yorkaise.
Le décalage devient alors frappant : un joueur payé comme un titulaire majeur, mais de moins en moins utilisé. Cette situation ne relève pas d’une exception, mais de la logique même des contrats garantis dans la ligue américaine.
Son passage à Detroit prolonge brièvement cette séquence. Le transfert répond surtout à des impératifs de gestion d’effectif et de masse salariale, tandis que son rôle sur le terrain reste limité avant son départ vers l’Europe.
Un leader mieux utilisé en Euroleague
Son retour en Europe change immédiatement sa place dans la hiérarchie sportive. À l’Olympiakos, Fournier retrouve un rôle central, avec un volume de jeu, des responsabilités offensives et une exposition que sa fin de parcours en NBA ne lui offrait plus.
Son premier contrat grec est évalué autour de 2 millions d’euros par saison, soit très loin des 17 millions à 18 millions de dollars annuels touchés en NBA. L’écart de rémunération est net, mais il s’accompagne d’un retour à un statut de tête d’affiche dans un club candidat au titre continental.
Sur la saison 2024-2025, il tourne autour de 16 à 17 points de moyenne en Euroleague, avec près de 39% à trois points et plus de 25 minutes de jeu par match. Il figure parmi les principaux scoreurs de l’Olympiakos et redevient un joueur de premier plan dans les grands rendez-vous européens.
En 2025, l’Olympiakos est champion de Grèce et décide de prolonger son contrat pour trois saisons. Ce choix valide sportivement et contractuellement son retour en Europe.
Le poids des Bleus dans sa valeur de joueur
La trajectoire de Fournier ne se comprend pas sans son parcours en équipe de France. Avant même sa draft en 2012, il se fait remarquer dans les sélections de jeunes, où il affiche déjà des moyennes de points élevées.
Avec l’équipe de France A, son palmarès est fourni : bronze à la Coupe du monde 2014, bronze à l’Euro 2015, bronze à la Coupe du monde 2019, argent à l’Euro 2022 et argent aux Jeux olympiques de Tokyo. Il appartient à la génération française la plus régulièrement médaillée du basket masculin.
Sur les grandes compétitions, il tient souvent un rôle offensif majeur. Lors de la Coupe du monde 2019 puis aux Jeux de Tokyo, il fait partie des meilleurs marqueurs français, avec des moyennes proches de 20 points.
Ce dossier international pèse dans son image et dans sa valeur de marché. Il rappelle qu’un joueur en difficulté dans une rotation NBA peut rester décisif au niveau FIBA et très attractif pour un grand club d’Euroleague.
Salaires, primes et fortune supposée
Sur ses revenus globaux, la seule base vraiment solide reste celle des salaires contractuels identifiables. Elle permet d’affirmer qu’il a encaissé plus de 140 millions de dollars bruts en NBA, auxquels s’ajoutent ses revenus grecs et des primes en sélection, sans détail public complet.
Les estimations de fortune publiées par certains agrégateurs doivent être maniées avec prudence. Elles mélangent souvent salaires passés, revenus supposés, contrats publicitaires et projections, sans expliquer précisément leur méthode.
La formulation la plus rigoureuse consiste donc à situer son patrimoine net dans une fourchette de plusieurs dizaines de millions d’euros, sans avancer de chiffre plus précis. Ce niveau est cohérent avec douze saisons NBA bien rémunérées, mais il reste impossible à certifier publiquement.
Sur les contrats publicitaires, la zone grise demeure importante. Son statut d’international français, d’ancien joueur NBA et de leader en Euroleague implique des revenus d’équipementier et des partenariats, mais aucun inventaire chiffré complet n’est accessible de manière fiable.
Un tabou sur les revenus hors terrain
Le cas Fournier met en évidence une différence nette entre la NBA et le basket européen. En Amérique du Nord, les salaires de ligue sont documentés saison par saison avec une grande précision. En Europe, les montants exacts restent souvent partiels ou officieux.
Cette opacité vaut encore davantage pour les revenus hors terrain. Ni ses investissements, ni la valeur exacte de ses contrats publicitaires, ni l’état précis de son patrimoine ne sont connus publiquement.
Dans son cas, les informations les plus solides tiennent donc en quelques blocs simples : plus de 140 millions de dollars de salaires NBA, un contrat autour de 2 millions d’euros par an à son arrivée à l’Olympiakos, une prolongation de trois ans en 2025, et un retour à un très haut niveau sportif en Euroleague. Pour le reste, la prudence reste la règle.