À 21 ans, Alexandre Sarr perçoit plus de 11 millions de dollars par saison NBA et porte des chaussures Decathlon sur les parquets américains. Un profil financier sans précédent pour sa génération.
Le 6 juillet 2024, douze jours après la draft, Alexandre Sarr a signé son premier contrat professionnel avec les Washington Wizards. Quatre ans et 51 036 398 dollars, selon la grille rookie de la NBA. La structure du deal est celle d’un deuxième choix de draft : deux années garanties, puis deux options contrôlées par la franchise. Le 29 octobre 2025, Washington a levé l’option sur la saison 2026-27, fixée à 12 370 680 dollars.
La montée est régulière : 11 245 680 dollars en 2024-25, 11 808 240 dollars en 2025-26, 12 370 680 dollars en 2026-27, puis 15 611 798 dollars en 2027-28. À l’échelle française, cela représente plus de 850 000 euros bruts par mois sur la saison 2025-26. En 2028, Sarr arrivera au terme de son contrat rookie avec le statut d’agent libre restreint. L’offre qualificative projetée tourne autour de 10,7 millions de dollars, tandis que les projections de marché situent déjà le seuil de son prochain contrat à un niveau bien supérieur s’il confirme sa progression.
Il a longtemps été annoncé comme possible numéro un de la draft 2024. C’est finalement Zaccharie Risacher qui a été sélectionné en premier par Atlanta, avant que Sarr ne soit choisi en deuxième position par Washington. Deux Français dans les deux premiers choix : le fait reste rare à l’échelle de l’histoire de la NBA.
Decathlon entre dans le jeu
Au début du mois de mars 2025, Decathlon a officialisé son partenariat avec Alexandre Sarr. L’opération est singulière : un titulaire NBA devient l’ambassadeur d’un équipementier français qui n’appartenait pas, jusqu’ici, au premier cercle des marques visibles sur les parquets américains.
Sarr avait commencé sa carrière NBA avec des Kobe 6 de Nike. Le changement n’est pas arrivé par inertie. Il a testé les produits de la marque avant de signer. L’accord prévoit le port exclusif des chaussures Decathlon en match, autour du modèle NBA Fast 900 Low, décliné pour lui dans une version spécifique. Il comprend aussi un travail avec les équipes de développement produit et une présence dans des opérations de terrain liées au basket.
Pour Decathlon, l’enjeu dépasse le simple affichage. La marque a aussi noué des accords avec Antoine Griezmann et Jimmy Gressier. Sarr occupe, dans ce dispositif, le versant basket de haut niveau. Le montant du contrat n’a pas été rendu public. À ce stade, il faut donc s’en tenir à ce qui est certain : Sarr dispose d’un partenariat exclusif, rare pour un joueur aussi jeune, mais aucun chiffre précis n’est documenté publiquement.
De Bordeaux à Washington
Alexandre Sarr est né à Bordeaux le 26 avril 2005. Son père, Cheikh Sarr, a joué au basket en France. Son frère aîné, Olivier Sarr, évolue lui aussi en NBA. Alexandre a grandi dans cet environnement, avant de rejoindre le TOAC Toulouse, puis le centre de formation du Real Madrid à 14 ans.
En 2021, il a pris une autre direction que la plupart des prospects européens en rejoignant Overtime Elite, à Atlanta. Le modèle proposait déjà une rémunération minimale de 100 000 dollars par an, en échange d’un parcours hors université. Sarr y a passé deux saisons et obtenu une place dans la All-OTE Second Team.
À l’été 2023, il a poursuivi sa montée en Australie, chez les Perth Wildcats, via le programme Next Stars de la NBL. En 24 matchs, il a produit 9,4 points, 4,3 rebonds et 1,5 contre en 17 minutes de moyenne. Il a été le premier Next Star de l’histoire du club. Un an plus tard, il devenait le joueur le plus haut drafté passé par ce programme au sein de la franchise.
Deux saisons pour changer d’échelle
Lors de sa saison rookie, en 2024-25, Alex Sarr a disputé 67 matchs, tous comme titulaire. Il a tourné à 13,0 points, 6,5 rebonds, 2,4 passes et 1,5 contre de moyenne. Il a terminé parmi les meilleurs contreurs débutants de la ligue et s’est installé comme l’un des rares intérieurs de sa classe capables de défendre loin du cercle tout en menaçant de loin.
Le 15 mars 2025, à Denver, il a établi son record en carrière avec 34 points. Sa ligne de match était complète : 12 tirs réussis sur 28, dont 5 paniers à trois points sur 9 tentatives. Quelques semaines plus tard, il a été élu dans la NBA All-Rookie First Team, avec Zaccharie Risacher, Stephon Castle, Zach Edey et Jaylen Wells.
La saison 2025-26 a marqué une progression nette. En 48 matchs, Sarr a affiché 16,3 points, 7,4 rebonds, 2,7 passes et 2,0 contres, à 48,2% de réussite aux tirs. Il a figuré parmi les meilleurs contreurs de la NBA. Il a aussi intégré un cercle très réduit de joueurs capables d’atteindre rapidement les 1 000 points, 100 paniers à trois points et 100 contres en début de carrière.
Ses repères statistiques ont changé. Il a capté 17 rebonds face à Milwaukee le 29 janvier 2026. Il a distribué 8 passes contre Oklahoma City le 21 mars 2026. Il a contré 6 tirs à deux reprises, dont une fois face à Memphis le 28 décembre 2025. Sélectionné pour le Rising Stars Challenge en 2025 puis en 2026, il a dû renoncer à la seconde édition en raison d’une blessure au pied.
Les Bleus, première séquence
Le 4 août 2025, Alexandre Sarr a disputé ses premières minutes avec l’équipe de France A lors d’un match de préparation contre le Monténégro. La France s’est imposée 81-75. En 14 minutes, il a inscrit 19 points. Pour un débutant sous le maillot bleu, la performance se situe parmi les plus élevées recensées à ce niveau.
Pendant l’EuroBasket 2025, il a disputé deux rencontres, avec 9,5 points, 4,5 rebonds et 1 contre de moyenne, à 72,7% aux tirs. Son activité défensive, notamment sur des séquences impliquant des extérieurs, a retenu l’attention. Depuis ses débuts chez les seniors, il cumule 7 sélections, 59 points, 25 rebonds et 4 contres.
À court terme, la question dépasse sa seule place dans la rotation. Avec Victor Wembanyama, autre intérieur français sélectionné tout en haut de la draft, Sarr appartient à une génération que les dirigeants du basket français veulent installer durablement en équipe nationale.
2028 en ligne de mire
Le vrai tournant économique arrivera à l’été 2028. À cette date, Washington conservera la possibilité de s’aligner sur toute offre extérieure grâce au statut d’agent libre restreint. Si Sarr poursuit sa progression sur les bases de sa deuxième saison, son prochain contrat pourrait changer de catégorie.
À ce stade, ses revenus bruts cumulés en NBA dépassent déjà 23 millions de dollars sur ses deux premières saisons. Une fois retranchés les impôts, les commissions d’agents et les coûts d’encadrement, son patrimoine net peut être estimé dans une fourchette prudente de 5 à 10 millions de dollars. Le chiffre ne peut pas être affiné sérieusement, car le montant de son contrat publicitaire principal n’est pas public.
Ses intérêts sont gérés par Bill Duffy et David Mondress, chez WME Sports. Le même réseau accompagne déjà plusieurs joueurs majeurs de la ligue. Pour Sarr, le dossier reste ouvert : un premier contrat massif est sécurisé, une première alliance commerciale est en place, et la prochaine bascule se jouera sur son niveau réel d’ici 2028.