Quadruple championne d’Europe, la gymnaste de 26 ans a perdu tous ses contrats après les JO 2024. Elle travaille au comité régional pour survivre.
« Aujourd’hui, je n’ai rien. Enfin, je n’ai pas rien, mais c’est très différent d’avant les Jeux olympiques », a déclaré Mélanie de Jesus dos Santos à la fin de l’année 2025. Elle vit chez ses parents en Martinique et travaille au sein du comité régional de gymnastique pour disposer d’un revenu régulier. Le Comité régional de gymnastique de la Martinique fait bien partie du réseau fédéral de la discipline.
La rupture se situe à l’été 2024, après les qualifications olympiques de Paris. Écartée des finales, la gymnaste a laissé paraître sa détresse au moment de quitter la compétition. Plus d’un an plus tard, elle explique avoir repris la gymnastique « à 100% » parce qu’elle ne sait « rien faire d’autre » et dit ne pas connaître « le marché du travail traditionnel ».
Ces déclarations constituent, à ce stade, le point le plus récent connu publiquement sur sa situation financière. Elles permettent d’établir un basculement net entre la période qui a précédé les Jeux et celle qui a suivi l’échec olympique.
Des partenaires haut de gamme avant les Jeux
À l’automne 2023, Mélanie de Jesus dos Santos a été choisie comme ambassadrice de Christian Dior dans le cadre du partenariat entre LVMH et les Jeux olympiques de Paris 2024. Elle faisait alors partie des athlètes françaises mises en avant par le groupe de luxe à l’approche de l’événement.
Elle a aussi été associée à la marque Venus, du groupe Procter & Gamble, dans une campagne axée sur la confiance en soi et le libre choix. Plusieurs articles publiés après les Jeux indiquent également qu’Adidas figurait parmi les marques qui l’accompagnaient avant l’été 2024.
L’existence de ces partenariats est établie. En revanche, aucun montant public ne permet d’en chiffrer précisément la valeur. Il faut donc s’en tenir à ce qui est documenté : avant Paris 2024, la gymnaste bénéficiait de contrats publicitaires identifiés avec plusieurs marques de premier plan.
Les revenus manqués de l’été 2024
Pour les Jeux de Paris 2024, l’État français a fixé les primes olympiques à 80 000 euros pour une médaille d’or, 40 000 euros pour l’argent et 20 000 euros pour le bronze. Ce barème, revalorisé avant les Jeux, constituait le cadre officiel applicable aux médaillés français.
Éliminée dès les qualifications, Mélanie de Jesus dos Santos n’a perçu aucune prime olympique liée à une médaille à Paris. Ce point compte dans l’équation financière de l’après-Jeux, puisque les récompenses les plus élevées étaient réservées aux podiums.
Elle a remporté de nombreuses médailles européennes et une médaille de bronze mondiale par équipes en 2023. Mais les primes attachées à ces performances ne sont pas rendues publiques de manière détaillée dans les documents disponibles. Il n’est donc pas possible de chiffrer sérieusement ces revenus sans information supplémentaire.
Un palmarès qui ne garantit pas un revenu
Mélanie de Jesus dos Santos est née le 5 mars 2000. Son palmarès continental compte sept médailles aux championnats d’Europe, dont quatre titres, ce qui en fait la gymnaste française la plus titrée à ce niveau, femmes et hommes confondus.
Dans le détail, elle a remporté le bronze au concours général en 2017 à Cluj-Napoca, l’or au sol et l’argent par équipes en 2018 à Glasgow, l’or au concours général, l’or au sol et l’argent à la poutre en 2019 à Szczecin, puis l’or à la poutre en 2021 à Bâle. L’année 2019 demeure le sommet de ce parcours européen, avec trois médailles dans la même édition.
Elle a également contribué à la médaille de bronze mondiale de l’équipe de France à Anvers en 2023 et participé aux Jeux de Tokyo, où les Françaises ont terminé sixièmes par équipes. Ce parcours place la gymnaste parmi les références françaises de sa discipline, sans pour autant lui garantir des revenus durables hors période olympique.
De la Martinique à l’élite mondiale
Née en Martinique, Mélanie de Jesus dos Santos a quitté l’île très jeune pour rejoindre une structure de haut niveau en métropole. Sa progression l’a conduite rapidement vers l’élite senior, après une formation engagée dès l’adolescence.
En 2016, une rupture des ligaments croisés a interrompu sa route vers les Jeux de Rio. Elle est revenue au premier plan dès 2017, avant de s’installer parmi les meilleures gymnastes européennes entre 2018 et 2021.
En 2024, elle a préparé les Jeux de Paris aux États-Unis, dans l’environnement d’entraînement de Simone Biles. En juin 2024, elle a aussi remporté un titre de championne de France au concours général, quelques semaines avant l’échéance olympique.
Ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas
Les faits établis sont les suivants : avant Paris 2024, Mélanie de Jesus dos Santos disposait de contrats publicitaires avec Dior via LVMH, avec Venus et avec Adidas ; après son élimination, elle a expliqué avoir perdu ces soutiens ; fin 2025, elle vivait chez ses parents et travaillait pour le comité régional de gymnastique de Martinique.
En revanche, son salaire actuel exact n’est pas public. La valeur précise de ses anciens contrats ne l’est pas davantage. Il en va de même pour le montant des aides publiques qu’elle a pu percevoir à titre individuel.
La formulation la plus rigoureuse consiste donc à écrire que ses revenus passés reposaient en partie sur des partenariats commerciaux identifiés, et que ses ressources actuelles connues proviennent d’un emploi au sein du comité régional, sans chiffrage public disponible.