Tour de France 2026 : Vingegaard veut se payer Pogacar

01/06/2026

Le vainqueur du Giro 2026 rejoint le cercle des huit coureurs à avoir remporté la triple couronne et arrive à moins de cinq semaines du départ de Barcelone dans la meilleure dynamique de sa carrière.

Jonas Vingegaard n’est plus seulement un double vainqueur du Tour de France. En s’imposant au Giro, le Danois de la Visma-Lease a Bike a intégré le cercle ultra-fermé des huit coureurs à avoir remporté les trois grands tours : Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx, Bernard Hinault, Alberto Contador, Vincenzo Nibali et Chris Froome. Un palmarès gravé dans l’histoire du cyclisme, et un point de départ pour regarder juillet avec d’autres ambitions.

Un printemps qui valide une renaissance

La victoire au Giro n’est pas un fait isolé. Elle s’inscrit dans une saison construite avec méthode depuis le mois de mars. Vingegaard avait déjà laissé son empreinte sur Paris-Nice et la Volta a Catalunya avant que le printemps ne confirme la montée en puissance collective de son équipe. La Paris-Roubaix, remportée par Wout van Aert au terme d’un duel spectaculaire face à Pogacar, a achevé d’installer Visma comme la formation la plus menaçante pour l’UAE Team Emirates à l’approche des grandes échéances estivales.

Cinq attaques, zéro doute : la leçon du Giro

Sur les routes italiennes, Vingegaard a exercé un contrôle total. Il a décidé la course à cinq reprises en montagne, à chaque fois par des attaques sèches qui ont brisé net le peloton et creusé des écarts définitifs. L’Autrichien Felix Gall et l’Australien Jai Hindley ont franchi la ligne d’arrivée à plus de cinq minutes. Chaque arrivée en altitude a vu le Danois améliorer le record de l’ascension. Le dernier, à Piancavallo, a été le plus retentissant : 36 minutes et 13 secondes, soit sept secondes de moins que le temps de Marco Pantani en 1998. Après la grave blessure subie à l’Itzulia 2024, la démonstration est totale.

Le Tour comme objectif véritable

Vingegaard ne cache pas que le Giro n’était qu’une étape. « J’espère être encore meilleur sur le Tour », déclare-t-il. Un avertissement qui donne une toute autre dimension au départ de Barcelone, fixé au 4 juillet. « Pour pouvoir rivaliser d’égal à égal avec Pogacar, il faut être au niveau maximum. Cette année j’ai changé mon plan de préparation, mais avoir fait le Giro était exactement l’étape dont j’avais besoin. » Le changement de calendrier, assumé, transforme la victoire en Italie en tremplin plutôt qu’en aboutissement.

Un collectif renforcé pour hausser le niveau face à l’UAE

Visma ne mise pas uniquement sur son leader. Au Giro, l’équipe a décroché six victoires d’étape, dont cinq pour Vingegaard, révélé le jeune Italien Davide Piganzoli et vu Sepp Kuss s’imposer sur l’étape reine. Pour le Tour, l’objectif collectif est clairement posé : réduire l’écart avec la machine UAE de Pogacar. « Pogacar est un adversaire coriace, mais nous nous sommes améliorés en tant qu’équipe », reconnaît Vingegaard. Aux côtés de Paul Seixas, la formation néerlandaise entend présenter un bloc capable de peser sur chaque journée de montagne.

Pogacar, l’histoire et l’enjeu de Barcelone

En face, Tadej Pogacar arrive avec une ambition qui dépasse le simple classement. Un cinquième titre sur la Grande Boucle le placerait au niveau d’Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain. Le Slovène contrôle le Tour d’une main de fer depuis plusieurs saisons, et stopper sa progression restera une tâche immense. Vingegaard et Visma arrivent pourtant avec davantage d’arguments qu’en 2024 pour revendiquer le maillot jaune. Le départ de Barcelone promet d’ores et déjà un duel qui donnera à cet été un relief particulier.

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Journaliste sportif depuis 2015, Thomas Moreau est spécialisé dans le cyclisme et le hand.

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