Que devient Claude Makélélé ?

23/08/2026

Retiré des terrains depuis 2011, Claude Makélélé en 2026 une trajectoire discrète, entre bancs éphémères, rôle congolais et héritage tactique intact.

Claude Makélélé a quitté les terrains en 2011 au Paris-Saint-Germain et n’a jamais totalement quitté le football. Quinze ans plus tard, l’ancien milieu des Bleus mène une seconde vie faite de bancs de touche, de missions de transmission et d’apparitions rares, loin du bruit qui accompagne désormais les anciennes gloires du jeu.

Une après-carrière discrète

Claude Makélélé, né le 18 février 1973 à Kinshasa, a achevé sa carrière de joueur au PSG lors de la saison 2010-2011, après des passages à Brest, Nantes, Marseille, au Celta Vigo, au Real Madrid et à Chelsea. À sa sortie du terrain, le PSG l’a maintenu dans son organigramme, d’abord comme conseiller du directeur sportif Leonardo, puis comme adjoint de Carlo Ancelotti et de Laurent Blanc. Cette première étape l’a installé dans un rôle de technicien au sein d’un club en pleine transformation, avant qu’il ne cherche à diriger lui-même une équipe. Son exposition publique est restée limitée : peu d’interventions longues, peu d’éléments livrés sur son quotidien, et une présence surtout visible lors d’événements liés au football ou à des opérations de représentation. Son nom continue pourtant de circuler dans le débat tactique courant, notamment quand il est question du « poste à la Makélélé », formule entrée dans le langage du football pour désigner un milieu défensif placé devant la défense.

Un technicien aux étapes brèves

En mai 2014, le SC Bastia a nommé Claude Makélélé entraîneur principal avec un contrat de deux ans. L’expérience a tourné court : le club corse s’en est séparé après une douzaine de journées de Ligue 1, dans un début de saison marqué par des résultats insuffisants. En novembre 2017, l’AS Eupen, en Belgique, l’a ensuite choisi pour succéder à Jordi Condom. Il y a dirigé 82 matches officiels, pour 23 victoires, 15 nuls et 44 défaites, avant la fin de son mandat en 2019. Le maintien obtenu en Jupiler Pro League a donné du poids à cette étape belge, sans lui ouvrir pour autant les portes d’un grand banc européen. À l’été 2019, Chelsea l’a rappelé pour une mission tournée vers l’accompagnement technique des jeunes joueurs et des éléments prêtés. Ce retour à Londres l’a replacé dans un rôle de transmission plus que de direction.

En septembre 2024, Claude Makélélé a bien retrouvé un banc de touche en rejoignant l’Asteras Tripolis, en Grèce. Mais l’épisode a été très bref : il a quitté son poste au bout de trois matches seulement, début octobre 2024, sur fond de désaccords avec la direction au sujet de la gestion sportive et des choix tactiques. En 2026, il ne peut donc pas être présenté comme l’entraîneur actuel du club grec.

Une présence mesurée dans les médias

Après sa retraite, Claude Makélélé a aussi occupé une place de consultant, notamment dans des émissions liées à la Ligue des champions. Les traces les plus nettes de cette activité renvoient à des interventions ponctuelles, davantage centrées sur l’analyse du jeu que sur la présence régulière en plateau. Sa parole publique reste associée à des sujets précis : le jeu sans ballon, l’équilibre d’une équipe, la couverture défensive et la discipline tactique. Cette spécialisation tient à sa trajectoire de joueur, au Real Madrid puis à Chelsea, dans des équipes très offensives où il occupait la zone de sécurité. Les médias continuent de le solliciter lorsqu’il est question des grandes campagnes européennes du début des années 2000 ou de la mémoire des Bleus finalistes de la Coupe du monde 2006. Il ne s’est toutefois pas installé dans le paysage des consultants quotidiens de la télévision sportive française.

Des apparitions choisies

Le 30 octobre 2025, son nom est apparu dans le jury de Miss Univers 2025. Cette présence l’a replacé, brièvement, dans un espace médiatique éloigné du terrain, avec une visibilité internationale que son parcours sportif continue de lui garantir. Cette séquence reste isolée dans sa trajectoire publique récente. Elle ne suffit pas à faire de lui une personnalité du divertissement au sens plein, mais elle rappelle que son nom dépasse toujours le seul cercle des amateurs de football.

Le lien congolais

Né à Kinshasa avant de grandir en France, Claude Makélélé est resté proche de la République démocratique du Congo dans sa vie publique. En mai 2021, la Fédération congolaise de football l’a nommé ambassadeur du football congolais, avec une mission tournée vers les joueurs binationaux. Dans les années qui ont suivi, il a continué d’être associé à cette fonction, notamment dans des démarches destinées à convaincre certains jeunes formés en Europe de rejoindre les Léopards. À l’été 2025, son nom a ainsi circulé autour du dossier Matthieu Epolo, gardien international Espoirs belge également ciblé par la RDC. En l’état, il est plus rigoureux de parler d’un rôle actif autour du football congolais que d’un poste institutionnel documenté au jour le jour. Cette activité prolonge en tout cas un lien ancien entre son histoire personnelle, sa naissance à Kinshasa et sa place dans le football européen.

Des activités annexes peu exposées

Claude Makélélé a été associé à des activités dans la restauration parisienne. Mais les informations publiques disponibles sur ce point restent trop limitées pour détailler avec précision la nature de sa participation, son éventuel niveau d’investissement ou la place réelle de ces activités dans son quotidien. Il est donc plus juste, à ce stade, de présenter cette dimension comme secondaire dans sa reconversion publique. Son actualité reste d’abord liée au football, à la formation et à ses missions de représentation.

Une vie privée protégée

Sa vie personnelle est peu documentée dans les publications récentes. La relation qu’il a entretenue avec le mannequin Noémie Lenoir au milieu des années 2000 demeure l’épisode le plus souvent rappelé dans sa biographie publique. Depuis cette période, Claude Makélélé s’est tenu à distance de l’exposition intime permanente devenue courante chez les anciens sportifs de haut niveau. Ses apparitions repérables se situent surtout dans des matches de gala, des cérémonies ou des événements liés à ses anciens clubs. Cette discrétion donne à sa trajectoire une tonalité particulière : celle d’un joueur majeur des années 2000 resté dans le paysage sans se livrer en continu.

Un héritage tactique intact

Claude Makélélé a commencé sa carrière professionnelle à Brest avant de se faire connaître à Nantes, puis de passer par Marseille et le Celta Vigo. Le Real Madrid l’a recruté en 2000, et il y a remporté la Ligue des champions en 2002 ainsi que deux titres de champion d’Espagne, en 2001 et 2003. Son départ de Madrid en 2003, sur fond de désaccord salarial, a laissé une trace durable dans la lecture de cette équipe des Galactiques. À Chelsea, entre 2003 et 2008, il a remporté deux titres de champion d’Angleterre, en 2005 et 2006, et disputé 280 matches sous le maillot londonien. En équipe de France, il compte 71 sélections. Il a participé à la Coupe du monde 2002, à l’Euro 2004 et à la Coupe du monde 2006, achevée par une finale perdue aux tirs au but face à l’Italie.

Vingt ans après le Mondial allemand, son nom reste attaché à une fonction précise du jeu. Le « poste à la Makélélé » demeure une référence commode pour désigner ce milieu défensif placé devant la charnière, moins chargé de créer que de fermer, couvrir et transmettre court. Cette deuxième vie publique ne ressemble ni à celle d’un entraîneur durablement installé, ni à celle d’un consultant omniprésent. Elle suit une ligne plus sobre : transmettre, accompagner, apparaître peu, et rester lié, même à distance, à ce poste si particulier dont il a laissé le nom au football.

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Théo Larnaudie est un journaliste spécialisé dans le football. Après avoir travaillé au sein de plusieurs médias européens, il a rejoint Sport Live en tant que chef de la rubrique football.

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