Forfait à Paris 2024, Kevin Mayer est revenu en 2026 avec un portefeuille de sponsors qui lui assure environ 65 000 euros de revenus mensuels malgré les blessures.
Blessé à la cuisse le 7 juillet 2024 au meeting de Paris, Kevin Mayer a repris la compétition le 3 mai 2026 à Lunel après 664 jours d’absence. Pendant cette parenthèse, le double champion du monde du décathlon a continué de vivre de ses contrats de sponsoring, au point de déclarer en mars 2024 : « Pour être honnête, je compte seulement sur mes sponsors pour vivre. »
Un retour après 664 jours
Le 3 mai 2026, Kevin Mayer a remis un dossard au premier tour des Interclubs, à Lunel, dans l’Hérault, avec son club du Montpellier Athletic Méditerranée Métropole. Le recordman du monde du décathlon n’avait plus disputé de compétition officielle depuis le meeting de Paris du 7 juillet 2024.
Ce jour-là, lors du 110 m haies, une IRM a mis en évidence une lésion importante au niveau de l’ischio-jambier gauche. Le 31 juillet 2024, il a renoncé au décathlon des Jeux de Paris, après s’être blessé début juillet au meeting de Paris, alors qu’il avait obtenu les minima en juin aux championnats d’Europe de Rome.
Le retour de Lunel a pris la forme d’une reprise mesurée. Kevin Mayer s’est aligné sur deux épreuves, la perche et le disque, avec 4,70 m et 46,95 m. Après cette journée, il a écrit sur ses réseaux sociaux : « 664 jours sans compétition, reprise tranquille mais satisfaisante au premier tour des Interclubs. »
Le 10 mai 2026, toujours avec le Montpellier Athletic Méditerranée Métropole, il a participé à un concours de perche et a franchi 5,02 m. Cette performance reste inférieure à son record personnel, mais elle confirme un retour progressif après une saison blanche complète en 2025.
Un revenu estimé autour de 65 000 euros
Les revenus de Kevin Mayer sont régulièrement évalués à environ 65 000 euros par mois, soit près de 780 000 euros par an, mais aucun document contractuel public ne permet d’en faire un chiffre officiel. Il s’agit d’un ordre de grandeur médiatique, repris par plusieurs publications, et non d’un salaire publié par l’athlète ou par ses partenaires.
Sur ce point, la seule base directe reste sa propre déclaration. En mars 2024, Kevin Mayer a déclaré : « Pour être honnête, je compte seulement sur mes sponsors pour vivre. Je suis le seul Français à vivre du décathlon aujourd’hui. » Il a ajouté qu’un titre mondial lui rapportait 50 000 euros et que les autres décathlons n’offraient généralement pas de prize money.
Ce cadre économique place ses revenus commerciaux au centre de son modèle. Les gains tirés de la compétition existent, mais ils restent ponctuels, alors que les partenariats assurent la continuité financière entre deux olympiades.
Une discipline pauvre en prize money
Aux championnats du monde d’Eugene en 2022, le vainqueur du décathlon percevait 70 000 dollars. Un record du monde lors de ces Mondiaux ouvrait aussi droit à une prime supplémentaire de 100 000 dollars versée par TDK.
Ces montants restent élevés à l’échelle de l’athlétisme, mais ils ne reviennent pas chaque saison. Kevin Mayer l’a rappelé lui-même en expliquant que, hors grands championnats, les décathlons offrent rarement des gains comparables.
Sa médaille d’argent obtenue aux Jeux de Tokyo en 2021, avec 8 726 points derrière Damian Warner, et son titre mondial de 2022 à Eugene, avec 8 816 points, ont renforcé son statut sportif, mais pas au point de transformer le décathlon en discipline rentable par elle-même. Dans cette économie, les contrats d’image comptent davantage que la seule addition des primes de performance.
Des sponsors de long terme
Nike et Infologic figurent parmi les partenaires historiques de Kevin Mayer. Cette continuité compte dans une carrière marquée par plusieurs blessures et des périodes longues sans compétition.
En mars 2024, le laboratoire Dynveo est devenu sponsor de Kevin Mayer pour les quatre années suivantes. Le partenariat couvre donc, au minimum, la période 2024-2028.
Kevin Mayer a aussi indiqué avoir signé avec Initiv, marque lancée par Sanofi, un contrat allant jusqu’aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Ce partenariat était donc borné dans le temps et lié à l’échéance olympique parisienne.
Gillette, TCL, Bridgestone et la FDJ apparaissent également dans son environnement commercial. En revanche, les montants de ces contrats et, dans plusieurs cas, leur durée exacte n’ont pas été rendus publics.
La gestion de ces partenariats est assurée par Thomas Mayer, le frère et manager du décathlonien. Il s’occupe des demandes des partenaires et cite Nike et Infologic parmi les appuis historiques de l’athlète.
Des sociétés pour capter les revenus
Les registres d’entreprises confirment l’existence d’une société DKM IMMO, liée à Kevin Mayer né en février 1992. Cette société, immatriculée en janvier 2025, exerce dans la location de terrains et d’autres biens immobiliers, avec un capital social de 5 000 euros.
D’autres bases de données d’entreprises mentionnent également des structures associées à son nom, mais les comptes détaillés ne sont pas toujours accessibles librement. Dans ces conditions, il n’est pas possible de chiffrer avec certitude sa fortune personnelle ni de confirmer publiquement, pièce comptable à l’appui, chaque montant avancé par des bases privées.
Ce point impose une prudence de méthode. Les éléments disponibles permettent d’établir l’existence d’une organisation patrimoniale et immobilière, mais pas de fixer un patrimoine net exact en 2026.
Du prodige junior au recordman du monde
Né le 10 février 1992 à Argenteuil, Kevin Mayer a remporté le titre mondial cadets de l’octathlon en 2009, puis le titre mondial juniors du décathlon en 2010 à Moncton avec 7 928 points, avant d’ajouter un titre européen juniors en 2011 à Tallinn avec 8 124 points. Il a ensuite disputé ses premiers Jeux olympiques à Londres en 2012, où il a terminé 15e.
La bascule au plus haut niveau a eu lieu à Rio en 2016. Kevin Mayer y a décroché la médaille d’argent olympique du décathlon avec 8 834 points, derrière Ashton Eaton. En mars 2017, il a remporté l’heptathlon des championnats d’Europe en salle de Belgrade avec 6 479 points, un total qui constituait alors un record d’Europe.
En août 2017, il a remporté à Londres son premier titre mondial du décathlon avec 8 768 points. Le 16 septembre 2018, au Décastar de Talence, il a porté le record du monde à 9 126 points, dépassant la marque précédente d’Ashton Eaton fixée à 9 045 points. Ce record tient toujours en mai 2026.
Après une médaille d’argent olympique à Tokyo en 2021, il a conquis un deuxième titre mondial à Eugene en 2022 avec 8 816 points. En 2023, il a encore remporté le titre européen en salle de l’heptathlon, avant d’abandonner quelques mois plus tard aux championnats du monde de Budapest en raison de douleurs au tendon d’Achille.
Des blessures récurrentes
La chronologie récente de Kevin Mayer est dominée par les blessures. En 2019, il a abandonné aux championnats du monde de Doha. En août 2023, il a abandonné à Budapest après la deuxième épreuve du décathlon, sur fond de gêne persistante au tendon d’Achille.
Le 7 juillet 2024, sa chute au meeting de Paris a relancé cette série. Les examens ont mis en évidence une lésion importante à l’ischio-jambier gauche. Trois semaines plus tard, il a renoncé au décathlon des Jeux de Paris 2024.
À l’automne 2024, Kevin Mayer a indiqué viser toujours les Jeux de Los Angeles 2028 et, au-delà, ne pas exclure Brisbane 2032 si son corps le lui permet. Son retour entamé en mai 2026 ouvre donc un nouveau cycle sportif, mais sans effacer les incertitudes physiques accumulées depuis 2019.
Un modèle économique rare
En mars 2024, Kevin Mayer a résumé sa situation en une phrase : « Je compte seulement sur mes sponsors pour vivre. » Cette déclaration dit l’essentiel d’un modèle où un recordman du monde du décathlon dépend moins des dotations sportives que de la fidélité de ses partenaires.
Le cas Mayer reste rare en France. Il repose sur un palmarès qui comprend deux titres mondiaux, deux médailles d’argent olympiques et un record du monde en vigueur depuis 2018. Il repose aussi sur des accords de long terme, au moins partiellement documentés, comme Dynveo jusqu’en 2028 et des partenaires historiques comme Nike et Infologic.
Son retour à Lunel, le 3 mai 2026, n’a donc pas seulement marqué une reprise sportive. Il a aussi replacé sur la piste un athlète dont la carrière, depuis plusieurs années, tient autant à ses performances qu’à la solidité d’un portefeuille de sponsors construit dans la durée.
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