Auteur d’un triplé, l’attaquant français a débloqué une rencontre longtemps fermée. Le Real Madrid, méconnaissable en première période, a haussé le ton après la pause et revient à un point du Barça.
Le Real Madrid de José Mourinho n’a aucune marge d’erreur. Depuis la première journée, le Barça donne le sentiment qu’il concédera peu, et verrouiller les points au Bernabéu devient une obligation comptable autant que morale. Les Madrilènes s’en sont acquittés, mais tardivement.
Il a fallu une seconde période d’un autre registre, verticale, intense et précise, pour venir à bout d’une Real Sociedad qui a résisté tant que Mikel Oyarzabal est resté sur la pelouse. Kylian Mbappé, auteur des trois premiers buts madrilènes, a fait la différence.
Le retour de Mourinho au Bernabéu, sans rotation
Le technicien portugais a reproduit à l’identique la composition alignée à Cornellá. Fidèle à ce qu’il était lors de son premier passage, il n’a pas cédé à la tentation des retouches, laissant sur le banc Marc Cucurella et Diomande, les deux recrues vedettes de l’été.
L’annonce des compositions a déclenché une ovation assourdissante, dans un Bernabéu transformé en salle de spectacle, pyrotechnie comprise. L’entrée en matière du terrain n’a pas suivi. Le Real a mis longtemps à entrer dans son match.
Une Real Sociedad sans recrue et un hommage à Oyarzabal
Les Basques se sont présentés à Madrid sans renfort disponible. L’arrivée d’Héctor Fort, bouclée quelques heures avant le coup d’envoi, est intervenue trop tard pour figurer dans le onze. Oyarzabal a donc mené une équipe inchangée, après avoir reçu l’hommage du public madrilène pour son titre de champion du monde, aux côtés de Cucurella. Le geste du club, qui a associé l’attaquant d’Eibar à la cérémonie, a été salué.
La première occasion nette lui est revenue. Sur une remise de Kubo à l’entrée de la surface, il a frappé du gauche, à ras de terre, puissamment. Courtois a répondu du pied.
Une première période sans rythme, sifflée par le public
La réponse madrilène est venue par la possession, patiente, ponctuée de bons premiers contrôles de Bernardo et de Bellingham, mais sans conclusion. Il a fallu un ballon récupéré par Valverde pour créer le danger: Mbappé a servi Vinicius, dont la frappe croisée au sol a été détournée par Remiro.
Le rythme est ensuite tombé, jusqu’aux premiers sifflets de la saison, entendus après une volée de Sergio Gómez passée près du poteau. Mourinho a réagi en envoyant cinq joueurs s’échauffer.
Le premier but de Mbappé, l’égalisation de Sucic
Le signal a été reçu. Valverde s’est arraché et a glissé une diagonale pour Mbappé, qui a enchaîné contrôle orienté et frappe du gauche en lucarne. Le Français a eu l’occasion de doubler la mise dans la foulée sur une course lancée, sans succès.
La Real a obtenu la récompense de sa bonne prestation sur un long ballon vers Ochieng, qui a mis Konaté en difficulté. Le ballon est ressorti à l’opposé et Sucic a croisé au fond, profitant de la position de Carreras, occupé à fermer l’axe avec Huijsen.
Cucurella et Arda Güler changent le visage du Real Madrid
Averti et responsable sur l’égalisation, Carreras est resté au vestiaire à la pause. Cucurella l’a remplacé et le Real a immédiatement gagné un cran d’intensité. Arda Güler s’est installé en meneur, Bellingham a reculé d’un rang. Le Turc a trouvé Mbappé, encore imprécis en face-à-face, avant que Remiro ne bloque un centre décisif de Cucurella sur une nouvelle percée du Français.
Étouffée dans ses sorties de balle, la Real a vu Matarazzo sortir Oyarzabal, ovationné une deuxième fois, ainsi qu’Aramburu. Leurs remplaçants n’ont guère eu le temps de peser.
Le une-deux Mbappé-Bellingham qui plie le match
Sur une attaque placée à droite, Valverde a verticalisé pour Mbappé. Le une-deux construit avec Bellingham, rapide et net, n’a laissé aucune chance à la défense basque. Cette fois, l’attaquant a croisé avec justesse.
Avec Cucurella, le bloc madrilène a retrouvé de l’équilibre défensif et a pu presser plus haut. Le troisième but est né d’un ballon récupéré à droite, sous la pression de Dumfries et de Konaté. La frappe de Bellingham a été contrée, mais le jeune Beitia a laissé filer le ballon: l’Anglais l’a repris et servi Vinicius, qui a ouvert son compteur après sa prolongation, au terme d’une soirée jusque-là approximative.
Triplé de Mbappé et fin de match maîtrisée
Le Brésilien a gardé le meilleur pour la fin, avec une passe diagonale caressée sur l’appel de Mbappé, qui a piqué son ballon au-dessus de Remiro. Le Français a cédé sa place à Diomande, auteur de deux dribbles remarqués.
Entré à la 85e minute, Carlos Espí a frôlé le but à la 91e. Brahim a bien trouvé la faille, mais en position de hors-jeu.
Le compteur s’est arrêté à quatre buts, un de moins que le Barça lors de ses débuts. Insuffisant pour prendre les commandes, suffisant pour indiquer que le Real Madrid de Mourinho entend disputer le titre.