De la Real Sociedad à Orlando City, Antoine Griezmann a construit en quinze ans une carrière aux salaires XXL.
À Madrid, le 18 mai 2026, Antoine Griezmann quitte la pelouse du Metropolitano sous les chants du public après une victoire 1-0 contre Gérone, pour son dernier match à domicile avec l’Atlético. Deux mois plus tôt, plusieurs médias internationaux ont annoncé sa signature à Orlando City pour juillet 2026, ouvrant une dernière étape en MLS dont les détails financiers n’ont pas été rendus publics. En 2018, le même joueur était présenté comme le footballeur français le mieux payé, avec 33 millions d’euros de revenus annuels en salaires et contrats publicitaires. À 35 ans, son départ raconte autant une fin de cycle sportif qu’une trajectoire de revenus parmi les plus élevées de sa génération.
Le 18 mai 2026, au Riyadh Air Metropolitano, les tribunes déploient une banderole pour Griezmann lors de la réception de Gérone, dernier rendez-vous à domicile d’une saison où son départ est déjà acté dans les faits. La presse internationale rapporte depuis le 24 mars 2026 qu’il rejoindra Orlando City en juillet, dans le cadre d’un transfert déjà formalisé, et non plus d’une simple projection de marché. Le calendrier compte : l’attaquant français reste encore joueur de l’Atlético au 20 mai 2026, mais la scène madrilène prend déjà la forme d’un adieu européen. Quelques semaines plus tôt, le 4 février 2026, il était revenu d’une blessure à la cuisse lors d’un match de Coupe du Roi, preuve qu’il restait encore un joueur utilisé, mais plus tout à fait central.
En équipe de France, la page est tournée depuis novembre 2024, date à laquelle Griezmann annonce sa retraite internationale après 137 sélections. Le 13 avril 2026, il répète qu’un retour est « complètement fini » et qu’il suivra la Coupe du monde 2026 « dans les tribunes » avec son fils. Entre ces deux phrases se lit un changement de rythme : la carrière internationale s’est arrêtée à 33 ans, alors que la carrière de club se prolonge encore par un dernier grand contrat hors d’Europe. Son titre de champion du monde en 2018 reste, lui, attaché à la période où primes de sélection, salaires de club et revenus publicitaires progressaient en même temps.
Au moment de quitter Madrid, Griezmann revient aussi sur son passage au FC Barcelone, qu’il qualifie d’« erreur » dans un message adressé aux supporters de l’Atlético. L’expression frappe parce qu’elle vise la phase la plus lucrative de sa carrière : environ 17 millions d’euros bruts la première saison au Barça, puis 18 millions d’euros la suivante, selon des chiffres publiés en 2021. D’autres estimations relayées par la presse spécialisée montent jusqu’à 21 millions d’euros nets par an. Son histoire récente tient dans cet écart : un sommet salarial à Barcelone, puis un retour à Madrid pour retrouver une place, un public et un récit plus cohérents.
Loin de Mâcon
Antoine Griezmann naît le 21 mars 1991 à Mâcon, en Saône-et-Loire, dans une famille où se croisent des origines portugaises et allemandes. Son grand-père maternel, Amaro Lopes, a été footballeur au Portugal avant de venir travailler dans le bâtiment en France. Le joueur raconte encore, en mai 2026, que ses parents ne pouvaient pas se permettre de venir souvent à Saint-Sébastien lorsqu’il était adolescent à la Real Sociedad. Le fait compte parce qu’il replace les millions d’aujourd’hui dans une histoire de déplacements chers, de distance et de solitude précoce.
Plusieurs centres de formation français l’écartent dans les années 2000, en raison d’un gabarit jugé trop léger. La Real Sociedad le repère après un essai en France et l’accueille ensuite dans son centre de formation, où il s’installe vers 14 ans avant de signer son premier contrat professionnel en 2009. Les salaires de cette période ne sont pas publiés en détail, mais ils correspondent à ceux d’un jeune joueur qui se fait une place en Liga, très loin des rémunérations des vedettes du Real Madrid ou du FC Barcelone. La première partie de sa courbe salariale est donc lente, presque silencieuse, portée par la progression sportive plus que par le marketing.
Entre 2010 et 2014, Griezmann devient l’un des joueurs importants de la Real Sociedad, jusqu’à inscrire 20 buts en Liga sur la saison 2013-2014. Les primes de performance accompagnent cette montée, mais ses revenus restent d’abord ceux d’un attaquant en pleine ascension, pas encore ceux d’une star mondiale. Le saut intervient en 2014, lorsque l’Atlético de Madrid achète non seulement un buteur, mais aussi un futur actif majeur de la Liga et de l’équipe de France.
Madrid, premier grand palier
En 2014, l’Atlético de Madrid débourse environ 30 millions d’euros pour recruter Griezmann à la Real Sociedad. Le transfert change son statut sportif et son niveau de rémunération : Madrid le paie comme un joueur appelé à peser dans les grands matches, pas comme un pari de développement. Entre 2014 et 2018, il dispute deux finales de Ligue des champions, en 2016 et 2018, puis remporte la Ligue Europa en 2018. Ces saisons ajoutent au salaire des primes liées aux campagnes européennes, même si leur détail exact n’est pas public.
Au même moment, il devient l’un des visages de l’équipe de France, meilleur buteur de l’Euro 2016 puis champion du monde en Russie en 2018. Le titre mondial entraîne des primes fédérales pour l’ensemble du groupe France, tandis que sa notoriété change d’échelle sur le marché publicitaire. Cette bascule est mesurable : en 2018, ses revenus annuels sont estimés à 33 millions d’euros, ce qui fait de lui, cette année-là, le footballeur français le mieux payé. Les chiffres disent alors autre chose que le seul salaire de club : ils additionnent un statut européen, un titre mondial et une image facilement exploitable par les marques.
La période 2014-2018 installe donc un premier plateau de très haut niveau. Son salaire à l’Atlético augmente, les primes s’accumulent, les contrats commerciaux se multiplient. À partir de là, Griezmann entre dans une catégorie où les revenus ne suivent plus seulement les buts marqués, mais aussi la place prise dans le paysage du football français et espagnol.
Barcelone, le sommet
En juillet 2019, le FC Barcelone paie la clause libératoire de 120 millions d’euros prévue dans le contrat de Griezmann. Le transfert porte immédiatement ses revenus fixes à leur plus haut niveau connu : environ 17 millions d’euros bruts lors de la première saison, puis 18 millions d’euros bruts lors de la suivante, soit près de 46,5 millions d’euros sur deux ans selon des chiffres publiés dans la presse française. Une autre estimation évoque un salaire proche de 21 millions d’euros nets annuels. Qu’on retienne l’unité brute ou nette, le constat est le même : Barcelone lui offre le contrat le plus riche de sa carrière.
Sur le terrain, le rendement ne suit pas totalement l’attente née du transfert de 120 millions d’euros. Entre 2019 et 2021, Griezmann marque 35 buts toutes compétitions confondues avec le Barça, soit un total honorable, mais jugé insuffisant au regard de son prix d’achat et de son rang salarial. La tension vient de là : le pic de revenus coïncide avec une période où sa place dans le jeu et dans l’imaginaire du club reste discutée. Des années plus tard, lorsqu’il parle d’« erreur », il vise cette contradiction entre record de paie et malaise sportif.
Retour à Madrid, salaire revu
Quand Griezmann revient à l’Atlético en 2021, le club madrilène ne reprend pas le niveau de salaire versé par Barcelone. Les estimations disponibles divergent ensuite, ce qui impose de rester prudent : certaines sources avancent 12,5 millions d’euros annuels, d’autres 10,75 millions d’euros, d’autres encore 13 millions d’euros. Un site spécialisé a même publié en 2025 un chiffre de 5,7 millions d’euros, tandis qu’une autre base l’évaluait à 18 millions d’euros en 2026. Ces écarts viennent des méthodes de calcul, entre brut et net, fixe et variable, ou données mises à jour à des dates différentes.
Pour un lecteur non spécialiste, le point utile est ailleurs : depuis son retour, Griezmann reste dans la zone des très gros salaires espagnols, mais en dessous du pic barcelonais. La baisse est relative, pas radicale. Elle accompagne un retour sportif réussi à l’Atlético, puis une fin de cycle où le joueur demeure important sans rester intouchable. C’est cette phase qui conduit au printemps 2026 : un contrat encore élevé, une place moins centrale, et un départ vers la MLS déjà signé.
Marques, société, investissements
Griezmann ne dépend pas de son seul bulletin de paie de footballeur. Sa fiche business recense des partenariats avec Puma, EA Sports, Head & Shoulders, Gillette, Sport 2000 et Mango. Ces marques ne rémunèrent pas seulement des performances, mais aussi un visage connu du grand public, déjà consolidé par l’Euro 2016 puis le Mondial 2018. Une partie de la solidité de sa fortune vient de là : des revenus annexes capables de continuer même lorsque la courbe sportive descend légèrement.
Pour les gérer, il s’appuie sur Amaro, une société installée à Mâcon qui centralise ses droits à l’image et plusieurs activités liées au sport et aux loisirs. Des données publiées par la presse économique indiquent qu’Amaro dépasse 5 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et 2 millions d’euros de bénéfice net. Le détail compte : Griezmann n’a pas seulement gagné beaucoup d’argent, il a aussi organisé ses flux de revenus dans une structure dédiée. Cette logique se prolonge dans ses investissements connus, avec une participation dans la plateforme de sneakers Wethenew et une écurie de courses hippiques lancée avec son père.
Son patrimoine est estimé autour de 40 millions d’euros par une fiche business publiée en 2025. Ce chiffre n’est pas un document fiscal, mais un ordre de grandeur établi à partir des salaires, contrats commerciaux et actifs connus. Il permet de situer l’échelle : celle d’un joueur qui a connu plusieurs saisons à plus de 10 millions d’euros annuels, tout en diversifiant progressivement ses revenus hors terrain.
Les Bleus, puis l’après-Europe
Le 6 novembre 2024, Griezmann annonce sa retraite internationale après 137 sélections avec l’équipe de France. Il précise ensuite qu’il ne reviendra pas sur cette décision et qu’un retour est « complètement fini ». Le 13 avril 2026, il explique qu’il suivra la Coupe du monde depuis les tribunes avec son fils. À l’échelle d’une carrière, ce choix retire des primes de sélection futures, mais il allège aussi le calendrier d’un joueur qui approche des 35 ans.
Reste la MLS. Orlando City a annoncé sa venue pour juillet 2026, mais les détails financiers du contrat n’ont pas été rendus publics au 20 mai 2026. La comparaison avec les grilles salariales publiées par la MLS Players Association suggère qu’un joueur de ce profil évoluera au-dessus du plafond habituel grâce au statut de joueur désigné. Il serait en revanche prématuré d’avancer un montant précis ou de le placer déjà parmi les plus gros salaires 2026 de la ligue, puisqu’il n’apparaît pas encore dans les listes publiées.
Quinze ans de hausse
Du premier contrat professionnel signé à la Real Sociedad en 2009 au départ programmé vers Orlando City en 2026, la courbe de revenus d’Antoine Griezmann suit plusieurs paliers lisibles. Les années de formation et de lancement en Espagne restent modestes à l’échelle des stars de la Liga. Le premier bond intervient à l’Atlético à partir de 2014, puis la combinaison Atlético, Bleus, Mondial 2018 porte ses revenus annuels à 33 millions d’euros. Le sommet fixe arrive ensuite à Barcelone, avec le contrat le plus élevé de sa carrière.
Le retour à Madrid marque une baisse, mais pas un déclassement. Les partenariats publicitaires, la société Amaro et les investissements prennent alors davantage de poids dans l’ensemble. Au printemps 2026, sa dernière séquence européenne se joue entre une despedida madrilène, une retraite internationale déjà ancienne et un départ signé vers les États-Unis. Sa trajectoire salariale reste celle d’un joueur passé d’une adolescence sans moyens à Saint-Sébastien à une fortune estimée à plusieurs dizaines de millions d’euros.