Aubameyang possède l’une des sept Ferrari Purosangue Pugnator produites dans le monde.
Sept exemplaires seulement sont sortis de l’atelier. L’un d’eux, 755 chevaux, est estimé entre un et deux millions d’euros. Son propriétaire a ouvert sa collection en 2010 avec une Audi TT à laquelle il a aussitôt fait poser des portes papillon. La méthode n’a pas changé en seize ans.
À La Corogne, un rouge qu’on repère de loin
La carrosserie est rouge Vermillion. Ailes élargies, capot redessiné, bas de caisse débordants, jantes de 22 pouces : le véhicule occupe au sol une largeur que le Ferrari Purosangue de série n’atteint pas. Il circule à La Corogne, où Pierre-Emerick Aubameyang porte le maillot du Deportivo, et les passants le repèrent avant d’avoir distingué le cheval cabré sur la calandre.
Ferrari a attendu soixante-quinze ans avant de produire un modèle à quatre portes et quatre places. Le Purosangue, présenté en septembre 2022, est ce modèle-là. Maranello a annoncé dès le lancement qu’il ne dépasserait pas 20 % des livraisons annuelles de la marque, un plafond assumé par Benedetto Vigna, son directeur général depuis 2021, pour protéger la cote des sportives du catalogue.
Cet exemplaire est passé chez Mansory. Fondé en 1989 par Kourosh Mansory, l’atelier installé à Brand, en Bavière, transforme des supercars et des SUV de luxe pour une clientèle qui veut des voitures reconnaissables entre mille. Il a baptisé Pugnator sa version du Purosangue et en a arrêté la production à sept unités.
Sept dans le monde, un pour Aubameyang
Le chiffre change la nature de l’objet. Ferrari a livré environ 13 700 voitures en 2024 ; les Pugnator en circulation tiendraient dans un ascenseur.
Selon les chiffres publiés autour de cette préparation, l’exemplaire du joueur est valorisé entre un et deux millions d’euros. Un Purosangue neuf démarre à 400 000 euros hors options en France. Chaque pièce du Pugnator sort d’un moule dédié et se monte à l’unité, sur une base déjà facturée le prix de deux 911 Turbo S. Le multiplicateur atteint trois à cinq.
Ferrari contingente le Purosangue. Mansory s’arrête à sept. Aubameyang a donc acheté une voiture rare fabriquée à partir d’une voiture rare, ce qui la sort du marché habituel des SUV préparés, où les Urus et les Cayenne retouchés se comptent par centaines.
L’identité des six autres propriétaires n’a pas été rendue publique. La teinte Vermillion, elle, appartient en propre à l’attaquant : parmi les sept, il est le seul à rouler dans ce rouge-là.
Les pièces qui n’existent qu’en sept jeux
Mansory est intervenu sur la face avant, le capot, les passages de roue et les bas de caisse. Un diffuseur et un aileron spécifiques ferment la partie arrière. La fibre de carbone couvre la quasi-totalité des pièces rapportées, produites à sept jeux et à rien de plus.
Flavio Manzoni, directeur du centre de style de Ferrari depuis 2010, avait dessiné le Purosangue sur des lignes tendues et une retenue peu commune pour un véhicule de 4,97 mètres. Mansory a pris le contre-pied. L’atelier bavarois a fait saillir les surfaces, élargi les voies et rendu les appendices aérodynamiques lisibles à cinquante mètres.
Les collectionneurs se divisent sur ces interventions depuis une vingtaine d’années. Une partie d’entre eux rattache le travail des préparateurs à la tradition des carrossiers, de Pininfarina à Zagato. Les autres considèrent qu’une Ferrari retouchée par un tiers perd sa valeur patrimoniale, et les cotes en occasion leur donnent le plus souvent raison. Seules les séries inférieures à une dizaine d’exemplaires échappent à cette décote. Le Pugnator, à sept, se range du bon côté de la frontière.
755 chevaux, et six autres clients dans le monde
Le V12 atmosphérique de 6,5 litres reste en place. Mansory n’a ajouté ni turbocompresseur ni hybridation. La puissance passe de 725 à 755 chevaux par une reprogrammation électronique et une ligne d’échappement sportive, soit 30 chevaux gagnés sans toucher à l’architecture du bloc.
Ferrari a basculé l’essentiel de sa gamme vers la suralimentation et l’hybride depuis 2015. Le Purosangue et la 12Cilindri figurent parmi les derniers modèles de Maranello à conserver un douze cylindres qui respire librement.
Le couple maximal est annoncé à 716 Nm. Une boîte automatique à double embrayage et huit rapports envoie la puissance aux quatre roues motrices. Comptez 3,2 secondes de 0 à 100 km/h et une pointe proche de 310 km/h, sur une voiture que Ferrari annonce à 2 033 kg à vide. La 458 Italia, sportive à moteur central lancée en 2009, réclamait 3,4 secondes sur le même exercice.
Cette cartographie moteur ne tourne que dans sept voitures. Aubameyang partage ses 755 chevaux avec six inconnus.
Lille, 2010, une Audi TT
Aubameyang a raconté avoir acheté sa première voiture en 2010, la saison où il portait le maillot du LOSC. Une Audi TT, modèle qu’il suivait depuis l’adolescence. Il l’a revendue quelques années plus tard et a déclaré depuis regretter cette vente.
Elle n’est pas restée dans l’état où elle avait quitté l’usine d’Ingolstadt. Le joueur lui a fait greffer un kit carrosserie inspiré de l’Audi R8 et des portes papillon, sur un coupé dont le tarif neuf tournait alors autour de 40 000 euros.
Audi a écoulé la TT par centaines de milliers d’unités depuis 1998. Aubameyang a passé seize ans à faire descendre ce compteur, de plusieurs centaines de milliers à sept.
La Lamborghini qu’il préfère
Une Gallardo a suivi, puis une Aventador LP 700-4 coupé. Deux Urus sont ensuite entrés au garage.
Interrogé sur ses préférences, Aubameyang a désigné l’Aventador S Roadster, la version découvrable, de préférence au coupé qu’il possédait auparavant. Il a fait peindre son exemplaire dans un mélange de doré et d’effet chromé, avec son logo personnel apposé sur la carrosserie. « Une voiture sert aussi à exprimer une personnalité », a-t-il indiqué.
Sant’Agata Bolognese a produit l’Aventador S Roadster par milliers entre 2017 et 2022. Repeindre son exemplaire restait le seul moyen de le distinguer des autres. Le Pugnator dispense de ce travail : sept unités suffisent.
Une LaFerrari sur 499, un Pugnator sur sept
Une Ferrari LaFerrari figure à l’inventaire. Produite à 499 exemplaires entre 2013 et 2016 et facturée environ 1,2 million d’euros à l’époque, elle s’échange aujourd’hui bien au-dessus de son prix de lancement.
En 2022, le joueur a été aperçu au volant d’une Ferrari 488 GTB, facturée plus de 250 000 euros. Un Bentley Bentayga, une Porsche Panamera, une Aston Martin DB9 et un Range Rover Sport complètent la liste connue.
Le Range Rover Sport perd de la valeur chaque année ; la LaFerrari en gagne depuis sa sortie d’usine. Sur la dizaine de modèles recensés, la LaFerrari détenait jusqu’ici le record de rareté avec ses 499 unités. Le Pugnator divise ce chiffre par 71.
Deux voitures qu’il n’a toujours pas
Aubameyang a déclaré il y a quelques années viser encore deux modèles précis, une Pagani Zonda et une Koenigsegg.
Horacio Pagani, fondateur du constructeur italien installé à San Cesario sul Panaro, a produit environ 140 Zonda entre 1999 et 2019, séries spéciales comprises. Le modèle a quitté les catalogues depuis longtemps. Les exemplaires qui changent de main dépassent fréquemment les trois millions d’euros.
Christian von Koenigsegg, fondateur de la marque suédoise établie à Ängelholm, sort quelques dizaines de voitures par an et choisit lui-même ses clients. Disposer de la somme ne suffit pas pour obtenir une place sur la liste.
Ces deux constructeurs travaillent sur des volumes que le Pugnator bat encore. Cent quarante Zonda en vingt ans, quelques dizaines de Koenigsegg par an, sept Purosangue préparés par Mansory sur l’ensemble de la planète.