Biathlon : combien gagne Camille Bened ?

31/08/2026

Or olympique, premiers podiums en Coupe du monde, salaire de club opaque : l’enquête sur ce que rapporte vraiment la saison 2025-2026 de Camille Bened.

Camille Bened prépare déjà l’hiver prochain sur les routes du Chablais. Elle y revient après une saison qui l’a projetée au premier plan du biathlon français. Ses résultats ont fait entrer dans son quotidien des montants que les spectateurs ne perçoivent qu’à travers quelques chiffres officiels. Derrière ces sommes, une partie de ce qu’elle gagne reste pourtant invisible.

Les graviers claquent sous ses skis à la sortie du pas de tir du Chablais Nordic. En ce mois de mai, Camille Bened glisse sur la boucle de ski-roues tracée derrière le gymnase de Margencel, dans l’entre-deux des saisons qui ne donne aucune indication sur les chiffres de sa fiche de paie. La Française y prépare déjà l’hiver prochain, quelques semaines seulement après avoir achevé une saison 2025-2026 marquée par un titre olympique en relais, deux podiums individuels en Coupe du monde et neuf top 10. Ce contraste entre le paysage familier d’un club local et des résultats désormais mondiaux est au cœur de la question que l’on peut aujourd’hui documenter : combien lui a réellement rapporté cette saison de référence, et quelle part de ces revenus repose sur des primes évènementielles plutôt que sur un salaire régulier. La suite se lit dans les montants qu’il est possible de réunir.

Combien rapporte une saison de Bened ?

La seule somme certaine qui s’impose en tête de liste est celle de la prime d’État versée pour l’or olympique du relais féminin à Milan-Cortina : 80 000 euros, montant fixé par arrêté et utilisé comme référence après les Jeux de Paris 2024. Cette prime place d’emblée Camille Bened dans la catégorie des biathlètes françaises ayant perçu sur un seul événement plus que le salaire annuel médian en France, estimé à environ 26 000 euros nets en 2025, selon les données statistiques nationales. À cette prime s’ajoutent les gains liés à la Coupe du monde de biathlon 2025-2026, circuit principal organisé par l’Union internationale de biathlon, dont le barème a été revalorisé : le bureau exécutif de la fédération a annoncé pour l’hiver 2025-2026 une récompense de 20 000 euros pour une victoire individuelle, avec 16 000 euros pour la deuxième place et 13 000 euros pour la troisième. Pour un top 10 du classement général, la prime de fin de saison atteint 12 000 euros, quand le vainqueur repart avec 45 000 euros, ce qui situe Bened dans la partie haute mais non dominante de l’échelle de gains. Ces montants structurent le cœur de ses revenus sportifs pour l’hiver écoulé.

Au classement général de la Coupe du monde féminin 2025-2026, Camille Bened a pris la dixième place, ce que confirme le bilan de saison publié au printemps et les documents de classement de la fédération internationale. Son bilan de résultats comporte par ailleurs deux podiums individuels : une troisième place sur l’individuel de 15 kilomètres à Östersund en début de saison, puis une nouvelle troisième place sur la poursuite de Ruhpolding le 18 janvier. À barème constant, chacune de ces troisièmes places lui apporte 13 000 euros, soit 26 000 euros cumulés pour ces deux podiums, dans une grille où une victoire en Coupe du monde est récompensée à hauteur de 20 000 euros. Ce noyau de revenus est complété par des classements réguliers dans le top 10, notamment une quatrième place en poursuite à Östersund, une quatrième place en mass-start à Annecy-Le Grand-Bornand et une cinquième place en mass-start à Nove Mesto, qui génèrent des primes décroissantes mais toujours substantielles. En additionnant la prime olympique, les primes de podiums et la prime de classement général, l’ordre de grandeur dépasse déjà 118 000 euros sur la saison, avant d’ajouter les gains liés aux autres courses et les parts de primes de relais, où une victoire rapporte 30 000 euros à répartir entre quatre biathlètes selon le barème détaillé par les médias spécialisés.

Il manque pourtant un élément central pour établir un total sûr : la fédération internationale n’a pas publié pour 2025-2026 de tableau exhaustif des gains individuels par athlète, comme cela existe pour certaines saisons précédentes. Les médias spécialisés qui établissent des classements de primes n’ont pas encore produit de total détaillé pour la saison de Bened, alors qu’ils ont chiffré les revenus de Julia Simon ou de Lou Jeanmonnot sur les saisons antérieures, à plus de 200 000 euros pour les mieux classées. La fourchette raisonnable pour les primes de Coupe du monde de Camille Bened en 2025-2026 se situe ainsi quelque part entre ce plancher de 40 000 euros et une estimation haute proche de 70 000 ou 80 000 euros, si l’on tient compte de ses nombreux top 10 et de sa participation à des relais. Ce chiffre reste une approximation, faute d’un relevé complet comparable à celui réalisé pour l’hiver 2024-2025, où les revenus de certaines biathlètes ont été précisément détaillés. La question du revenu de Bened conduit donc rapidement à ce point d’incertitude.

Or olympique : le jackpot encadré par l’État

Le 18 février 2026, la France a remporté la médaille d’or du relais féminin de biathlon sur la piste d’Antholz, plus connue sous son nom italien d’Anterselva. Dans ce relais, Camille Bened a pris le départ en première relayeuse, avant Lou Jeanmonnot, Océane Michelon et Julia Simon, pour une course conclue avec près de cinquante secondes d’avance sur la Suède et la Norvège, selon les comptes rendus des médias généralistes. Ce titre a mis fin à une attente de plus de trente ans : la dernière médaille d’or olympique française en relais féminin remontait aux Jeux d’Albertville en 1992, dans une discipline qui n’avait pas encore le même statut médiatique. À Milan-Cortina, il déclenche mécaniquement le versement d’une prime d’État de 80 000 euros pour chacune des quatre biathlètes, montant aligné sur le barème fixé pour les Jeux de Paris 2024. Le gain vient ainsi percuter la trajectoire financière d’une athlète qui, jusque-là, n’avait jamais touché une somme comparable en une fois.

Le montant de 80 000 euros n’est pas spécifique au biathlon : il est fixé pour toute médaille d’or olympique française, été comme hiver, par un arrêté du ministère des Sports publié au Journal officiel. Ce barème prévoit 40 000 euros pour une médaille d’argent et 20 000 euros pour une médaille de bronze, avec des primes identiques pour les Jeux olympiques et paralympiques. Ces primes sont soumises à l’impôt sur le revenu, mais peuvent faire l’objet d’un étalement sur quatre ans, ce qui permet aux athlètes de lisser leur trésorerie et leur fiscalité, comme le rappellent les communications officielles. Dans les calculs effectués par la presse économique, Julia Simon, quadruple médaillée aux Jeux d’hiver 2026, voit ainsi ses gains atteindre 280 000 euros, quand Lou Jeanmonnot cumule 220 000 euros et Océane Michelon 200 000 euros. Dans le même tableau, Camille Bened figure avec une seule médaille, mais avec un montant unique déjà comparable au cumul de plusieurs saisons de primes pour une biathlète de milieu de classement.

Cette prime olympique est d’autant plus lisible qu’elle est intégralement publique : montants, origine budgétaire, caractère imposable. À l’inverse, les primes versées par les fédérations ou les sponsors, ainsi que les salaires de base dans les clubs, ne sont pas détaillés dans des documents officiels accessibles au grand public. Pour Bened, l’or olympique devient ainsi le poste de revenus le plus clairement identifié dans la saison, devant les gains pourtant importants de la Coupe du monde. Il laisse cependant ouverte la question de ce que représente son revenu ordinaire, celui qui n’apparaît ni dans les tableaux de médailles ni dans les classements de primes.

Derrière les primes, un salaire introuvable

Le 21 août 2025, un titre de Nordic Mag se concentre sur un seul club : « Toute la famille Chablais Nordic est derrière toi », en annonçant que Camille Bened devient salariée du Chablais Nordic. L’article explique que la biathlète, lauréate du classement général de l’IBU Cup l’hiver précédent, a signé un contrat de travail avec son club formateur, mais il ne mentionne ni la durée exacte, ni le montant ni les missions associées. Cette absence de précisions contraste avec le niveau de détail disponibles sur ses résultats sportifs : nombre de podiums, places, points au classement. Le rapport de saison publié en mai 2026 indique qu’elle est « salariée du Chablais Nordic » et qu’elle a réalisé deux podiums individuels en Coupe du monde, mais ne dit rien de ce que ce statut représente en termes de revenu mensuel. Pour savoir ce que lui rapporte son travail de salariée, le lecteur reste donc dans le flou.

Le cas de Bened s’inscrit dans un paysage plus large, où les biathlètes français sont rémunérés selon plusieurs dispositifs. Certaines et certains sont intégrés dans des corps militaires ou para-militaires, armée, gendarmerie, douanes, qui leur offrent un salaire de base et une protection sociale, sous forme de postes aménagés pour sportifs de haut niveau ; d’autres bénéficient d’emplois liés à des clubs ou à des collectivités dans le cadre de la convention collective nationale du sport. Cette convention fixe des salaires minimaux pour les employés des structures sportives, mais elle ne permet pas de savoir combien touche effectivement une biathlète qui partage son temps entre un club local, des stages fédéraux et des compétitions internationales. La Fédération Française de Ski peut également proposer des contrats de travail ou des soutiens financiers spécifiques, sans que la ventilation exacte de ces aides soit détaillée par athlète dans les documents publics. Dans ce système, les primes de performance viennent s’ajouter à un revenu de type salarié ou fonctionnaire ; elles ne le remplacent pas.

Pour Bened, aucune source disponible ne confirme qu’elle est titulaire d’un de ces statuts institutionnels en plus de son contrat de club. Les clubs n’ont ni l’obligation ni l’habitude de rendre publics les montants des contrats de leurs athlètes, surtout lorsqu’il s’agit de structures modestes comme Chablais Nordic. Les brochures d’insertion professionnelle publiées par la FFS détaillent les dispositifs qui existent, mais elles ne les relient pas individuellement aux cas des biathlètes. Dans cette absence d’information, le poids des primes saisonnières apparaît plus clairement que celui du salaire de base. La question de savoir quelle part de ce que gagne Bened est garantie et quelle part dépend uniquement de ses résultats reste posée à ce stade de sa carrière.

De l’IBU Cup à la Coupe du monde : la marche salariale

Avant de se faire remarquer en Coupe du monde, Camille Bened a passé plusieurs années sur un circuit moins exposé : l’IBU Cup, qui est une sorte de deuxième division internationale du biathlon. Entre 2018 et 2021, elle a accumulé cinq titres mondiaux juniors en relais et un titre individuel, sans que ces succès ne se traduisent immédiatement par une présence régulière sur le circuit principal. Les saisons 2022 et 2023 sont marquées par des blessures et un surentraînement, évoqués dans plusieurs portraits qui retracent son parcours, où il est question de fatigue chronique et de passages à vide. C’est en 2024-2025 que la trajectoire change de dimension : Bened remporte le classement général de l’IBU Cup avec plus de mille points, ainsi que les petits globes de la poursuite et de la mass-start, ce que confirment les classements officiels. Ce succès intervient sur un circuit où les montants de prize money restent loin de ceux de la Coupe du monde.

Pour l’IBU Cup, la grille des primes n’atteint jamais les 20 000 euros d’une victoire sur le circuit principal. Une première place en course individuelle se situe autour de 1 500 à 3 000 euros, et les primes pour les relais ou les courses moins cotées restent encore plus modestes. Nordic Mag mentionne, pour la saison 2022-2023, un total d’environ 21 550 euros de gains pour les vainqueurs du classement général de l’IBU Cup, ce qui donne un ordre de grandeur pour une saison réussie sur ce circuit. Dans ce contexte, la victoire de Bened au général 2024-2025 lui assure probablement un revenu de primes supérieur à celui d’une biathlète de milieu de classement, mais très en dessous des dizaines de milliers d’euros offertes par la Coupe du monde. La différence de niveau entre ces deux circuits se retrouve donc dans la progression de ses revenus.

La première apparition de Bened en Coupe du monde a lieu en mars 2025 à Oslo-Holmenkollen, où elle prend la 13e place du sprint, la 15e de la poursuite et la 16e de la mass-start, selon les comptes rendus de l’Équipe de France et de médias spécialisés. Ces résultats sont prometteurs, mais ne lui offrent que des primes limitées par rapport à celles de la saison 2025-2026, lorsqu’elle intègre pleinement l’équipe de France A. Les podiums obtenus à Östersund et Ruhpolding, valorisés à 13 000 euros chacun, s’ajoutent à la prime de classement général de 12 000 euros, dans une saison où les top 10 répétés lui permettent de franchir un palier économique par rapport aux années d’IBU Cup. Le passage de l’IBU Cup à la Coupe du monde représente ainsi une marche de revenus au moins aussi importante que celle qui sépare les circuits juniors des circuits seniors. Il laisse ouverte la question de ce que pourrait devenir ce palier si ses résultats se stabilisent ou progressent encore.

Stars du biathlon : l’écart se creuse

Les chiffres qui circulent pour les biathlètes les plus connus montrent l’ampleur du fossé entre une athlète en ascension comme Bened et des championnes installées. Pour la saison 2024-2025, des calculs publiés par la presse régionale indiquent que Franziska Preuss, biathlète allemande polyvalente, a engrangé 363 750 euros de primes, quand le Norvégien Johannes Boe atteignait 334 200 euros. Dans le même classement, Julia Simon, qui domine le biathlon français féminin, cumule 203 975 euros de primes, Lou Jeanmonnot 318 825 euros et Océane Michelon 158 200 euros. Ces montants ne tiennent pas compte des contrats individuels avec des marques d’équipement, des banques ou des assureurs, ni des campagnes publicitaires qui ajoutent une couche de revenus difficile à suivre. Ils donnent toutefois une référence claire pour mesurer les gains de Bened.

À Milan-Cortina, la hiérarchie des primes olympiques suit celle des médailles. Julia Simon, avec quatre médailles dont plusieurs en or, atteint 280 000 euros, Lou Jeanmonnot 220 000 euros et Océane Michelon 200 000 euros, contre 80 000 euros pour Bened, qui obtient son titre sur le relais mais ne décroche pas de médaille individuelle. Ces chiffres se superposent aux primes de Coupe du monde, où Bened ne figure pas encore dans les classements de gains comparables à ceux de ses coéquipières. Elle occupe plutôt le segment des athlètes qui découvrent les podiums et le top 10 général, sans bénéficier d’une accumulation de globes ou de victoires qui génèrerait des montants supérieurs à 150 000 euros par saison. Cette position sur l’échelle des gains explique aussi la différence de traitement médiatique lorsqu’il s’agit de parler d’argent.

L’écart ne se joue pas seulement sur les primes. Les biathlètes les plus médiatisés bénéficient de contrats individuels avec des marques, comme les équipementiers de skis, les fabricants de vêtements techniques ou les sponsors institutionnels ; ces accords peuvent ajouter plusieurs dizaines de milliers d’euros à leurs revenus annuels, parfois davantage. Julia Simon est ainsi associée à plusieurs partenaires qui exploitent son image au-delà des pistes, tout comme Lou Jeanmonnot et Justine Braisaz-Bouchet. Pour Camille Bened, aucune source publique ne mentionne un contrat individuel de ce type, hormis sa participation à des opérations de communication autour de l’équipe de France. Son cas est celui d’une biathlète dont les gains reposent pour l’instant surtout sur ses résultats, dans un marché du sponsoring où elle n’a pas encore pris place.

Adidas, clubs et fédérations : qui paie quoi ?

Le 20 janvier 2026, un communiqué spécialisé annonce qu’Adidas élargit son terrain de jeu aux côtés de la Fédération Française de Ski. La marque devient équipementier officiel des équipes de France de ski nordique, ce qui couvre le biathlon, le ski de fond et le combiné nordique, en fournissant les tenues, une partie du matériel et des opérations de communication. Le texte ne détaille pas le montant du contrat, ni les éventuels bonus de performance, mais il confirme que les athlètes de l’équipe de France, dont Camille Bened, porteront désormais Adidas TERREX sur les compétitions internationales. Dans la hiérarchie des revenus, ce type de partenariat collectif se traduit en dotation matérielle, en primes éventuelles négociées par la fédération et en visibilité accrue pour les athlètes. Il ne permet pas de savoir ce que chaque biathlète reçoit précisément.

Le club Chablais Nordic joue un autre rôle, plus local. Fondé par ses parents, il a accompagné Bened depuis ses débuts et il est désormais son employeur, en parallèle à son statut de biathlète de l’équipe de France. La convention collective nationale du sport fixe des salaires minimaux pour les employés des structures sportives, mais elle ne permet pas de savoir si le contrat de Bened se situe au-dessus de ces seuils, ni comment sont réparties les tâches entre entraînement, promotion du club et encadrement. Les documents publics de Chablais Nordic recensent les budgets de fonctionnement, les activités de formation et les compétitions, mais ne listent pas les salaires individuels. Pour le lecteur, le club apparaît ainsi comme un maillon du revenu de Bened, sans qu’il soit possible de le chiffrer.

La Fédération Française de Ski, enfin, organise le calendrier des stages, la sélection pour les grandes compétitions et la gestion des moyens affectés aux équipes nationales. Elle s’appuie sur des dispositifs de « sportifs de haut niveau », qui peuvent intégrer des parcours d’insertion professionnelle ou des emplois protégés en lien avec des institutions publiques, afin de rendre compatibles carrière sportive et emploi. Les brochures d’insertion professionnelle publiées par la FFS détaillent ces mécanismes, mais elles ne les relient pas individuellement aux cas de Bened ou de ses coéquipiers. Pour l’athlète, cela signifie un environnement où plusieurs acteurs peuvent intervenir sur ses revenus, sans que le montant global et la répartition entre fixe et variable soient rendus publics. La façon dont ce réseau institutionnel complète ou non les primes reste donc difficile à décrire précisément.

Ce qu’on ne peut pas encore chiffrer

Le contrat de salarié qui lie Camille Bened au Chablais Nordic depuis l’été 2025 reste l’un des points les plus délicats à quantifier. À ce jour, aucune déclaration du club ou de la biathlète ne précise le montant de ce salaire, ni son évolution éventuelle après la saison 2025-2026 et le titre olympique. Le même flou entoure un éventuel statut militaire ou institutionnel, qui fournirait un revenu de base supplémentaire : il existe pour d’autres biathlètes français, mais aucune source consultée ne le mentionne dans le cas de Bened. Les primes d’IBU Cup de la saison 2024-2025, gagnée au classement général par la Française, sont également difficiles à additionner précisément, faute de tableau publié par la fédération internationale ou par la fédération nationale. Même le total des primes de Coupe du monde 2025-2026, au-delà des montants de podiums et de classement général, n’est pas encore consolidé dans les bilans sectoriels.

Ces zones d’ombre ont des conséquences concrètes pour la lecture que l’on peut faire de ses revenus. Elles empêchent de répondre de manière sûre à une question simple : quelle part des gains de Bened est aujourd’hui garantie, et quelle part dépend uniquement de ses performances en Coupe du monde et aux Jeux. Elles rendent aussi plus difficile toute comparaison précise avec les autres biathlètes françaises et internationales, au-delà des primes visibles. Dans les prochaines années, les publications des fédérations et des clubs, ainsi que les éventuelles prises de parole des athlètes, pourraient combler une partie de ces lacunes. Pour l’instant, la scène la plus lisible reste celle de cette athlète en ski-roues derrière un gymnase de Haute-Savoie, dont les revenus les plus certains sont ceux gagnés à Anterselva, et dont le salaire régulier ne figure dans aucun des tableaux disponibles.

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