Que devient Didier Six ?

22/08/2026

En janvier 2026, Didier Six accorde un entretien consacré à la CAN disputée au Maroc, où il commente le niveau tactique des équipes et l’organisation du tournoi. Depuis la fin de son aventure avec la Guinée, officialisée à l’automne 2021, aucun nouveau mandat de sélectionneur ne lui a été attribué publiquement.

Ce statut d’ancien technicien encore sollicité pour analyser les compétitions africaines définit son actualité en 2026. Didier Six n’apparaît plus au bord d’un banc, mais dans le circuit des entretiens, des formats audio et des prises de parole liées à sa longue expérience du jeu. À ce stade, rien n’indique une collaboration régulière avec un grand diffuseur français, mais plusieurs éléments confirment sa présence dans des interviews récentes et dans un podcast centré sur les figures du football.

Afrique

La reconversion de Didier Six sur les bancs commence en France, dans des structures modestes, après l’obtention de ses diplômes d’entraîneur. Mais c’est en Afrique que son parcours technique prend de l’épaisseur. En janvier 2012, il signe pour deux ans avec le Togo, après une première prise de fonctions à la fin de 2011. Un an plus tard, il conduit les Éperviers jusqu’aux quarts de finale de la CAN 2013 en Afrique du Sud, où le Togo cède en prolongation face au Burkina Faso.

En 2015, il rejoint l’Île Maurice comme sélectionneur et directeur technique national, avec un rôle plus large que la seule préparation des matches internationaux. En septembre 2019, la Guinée le nomme à la tête du Syli national. Son mandat prend fin en octobre 2021, après l’échec de la qualification pour la Coupe du monde 2022.

Depuis cette date, aucune nomination n’est venue prolonger son parcours sur un banc. Sa parole reste toutefois recherchée sur le football africain, précisément parce qu’il a dirigé plusieurs sélections confrontées à des questions de formation, de gouvernance et de compétitivité.

Micros

La visibilité récente de Didier Six passe aussi par le récit de sa propre carrière. Fin 2024, un podcast consacré aux légendes du football français diffuse un premier épisode centré sur son parcours, suivi d’un second volet. Il y revient sur ses débuts, son but au Maracanã et la demi-finale de Séville. Des extraits circulent ensuite sur les réseaux sociaux, où l’ancien international raconte plusieurs scènes restées célèbres dans l’histoire des Bleus.

Ces apparitions ne suffisent pas à faire de lui un consultant permanent, mais elles remettent sa voix dans l’espace public. Elles rappellent aussi que son nom reste associé à une mémoire précise du football français, celle des années Hidalgo, des matches contre le Brésil et de la blessure laissée par la demi-finale de 1982. La matière est biographique, mais elle est aussi actuelle, puisque ces formats sont produits et diffusés entre 2024 et 2026.

Bleus

Didier Six est né le 21 août 1954 à Lille. Il débute en équipe de France le 27 mars 1976, dans une période où Michel Hidalgo installe une nouvelle génération. Sa carrière internationale compte 52 sélections et 13 buts entre 1976 et 1984. Il appartient donc pleinement au groupe qui replace la sélection française au premier plan après de longues années d’absence au plus haut niveau.

En juin 1977, il marque contre le Brésil au Maracanã un but resté l’un des plus célèbres de sa carrière. Le geste, souvent repris dans les rétrospectives, nourrit sa réputation de joueur capable de faire basculer un match par une action imprévisible. En 1978, il participe à la Coupe du monde en Argentine, première présence de la France dans l’épreuve depuis 1966.

Le 8 juillet 1982, à Séville, il dispute la demi-finale du Mondial contre la République fédérale d’Allemagne. La France mène 3-1 en prolongation avant d’être rejointe, puis éliminée aux tirs au but. Didier Six manque alors sa tentative face à Harald Schumacher, dans une séance qui marque durablement le football français. Deux ans plus tard, il fait partie de l’équipe championne d’Europe face à l’Espagne, le 27 juin 1984 au Parc des Princes. Ce titre clôt sa carrière internationale.

Clubs

Le parcours en club de Didier Six est moins linéaire que celui de plusieurs de ses contemporains. Sa carrière professionnelle le mène dans quatorze clubs, de Valenciennes à Leipzig, en passant par Lens, Marseille, Stuttgart, Aston Villa, Metz, Mulhouse, Strasbourg et Galatasaray. Selon les bilans disponibles, il a joué plus de 500 matches en professionnel et inscrit plus de 180 buts, même si les totaux exacts varient légèrement selon les bases statistiques.

À Valenciennes, il remporte la Division 2 en 1972 au début de sa carrière. En Allemagne de l’Ouest, son passage au VfB Stuttgart constitue l’un de ses points hauts. Sa saison 1981-1982 y reste associée à une distinction de meilleur joueur étranger de Bundesliga. En Angleterre, son expérience à Aston Villa est plus brève, à une époque où les expatriations françaises restent encore peu nombreuses.

L’épisode le plus singulier survient en Turquie. En 1987, Galatasaray souhaite l’aligner malgré les quotas limitant les joueurs étrangers. Didier Six prend alors la nationalité turque et devient administrativement Dündar Siz. Son passage à Istanbul s’achève avec un titre de champion de Turquie en 1988 et un trophée national supplémentaire souvent présenté comme la Coupe de la Présidence. Les chiffres détaillés de matches et de buts diffèrent légèrement selon les sources, mais son succès sportif à Galatasaray ne fait pas débat.

Réputation

Didier Six n’a jamais occupé en France la place mémorielle de Michel Platini, Alain Giresse ou Dominique Rocheteau, malgré son rôle dans les années 1976-1984. Plusieurs portraits l’ont décrit comme un joueur très personnel dans son jeu, parfois perçu comme individualiste. Cette réputation accompagne une carrière en clubs éclatée, faite de départs fréquents et de réussites souvent obtenues à l’étranger plutôt qu’en France.

Avec le temps, cette lecture s’est atténuée. Les contenus rétrospectifs, les podcasts et les classements spécialisés ont remis en avant son pied gauche, sa vitesse et la densité de sa carrière. Ce regain d’attention ne gomme ni les choix discutés ni l’ombre portée du penalty manqué à Séville. Il replace toutefois Didier Six dans une histoire plus large que celle d’une seule soirée de juillet 1982.

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Théo Larnaudie est un journaliste spécialisé dans le football. Après avoir travaillé au sein de plusieurs médias européens, il a rejoint Sport Live en tant que chef de la rubrique football.

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