Combien gagne Islam Makhachev ?

22/06/2026

De quelques dizaines de milliers à plus de 3 millions de dollars la soirée, les gains d’Islam Makhachev racontent la montée en puissance économique du MMA.

Il a grandi dans un village de montagne où l’on partageait le temps entre l’école, les travaux quotidiens et l’entraînement. Aujourd’hui, chaque combat peut lui rapporter plusieurs millions de dollars selon les estimations les plus courantes. Entre richesse récente, ambitions sportives et mise en garde de son entourage sur la fin de carrière, Islam Makhachev avance sur une ligne de crête. Son parcours raconte aussi l’économie moderne du MMA, entre argent visible, chiffres incertains et corps mis à l’épreuve.

Au sommet

La montre accroche d’abord la lumière, puis les regards. Sur une photo diffusée à l’automne 2025, Islam Makhachev marche dans un couloir d’arène avec au poignet une Audemars Piguet Royal Oak Concept Tourbillon « Companion » x KAWS, lancée autour de 200 000 francs suisses, soit environ 226 000 dollars. Quelques jours plus tôt, ce combattant originaire de Burshi, un village du Daghestan, a quitté l’UFC 322 avec une rémunération totale estimée à 3 332 000 dollars. En 2015, lors de son arrivée à l’UFC, il évoluait encore dans la grille classique des nouveaux venus, soit quelques dizaines de milliers de dollars par combat. En juin 2026, ce champion russe de 34 ans est aussi au centre d’un débat public, alimenté par Khabib Nurmagomedov, sur le bon moment pour s’arrêter et sur le risque de continuer à combattre uniquement pour l’argent.

Islam Makhachev devient champion des poids légers de l’UFC en octobre 2022 en battant Charles Oliveira à Abu Dhabi. À partir de ce titre, il entre dans le système de rémunération réservé aux champions, avec une part sur les ventes de pay-per-view, c’est-à-dire les retransmissions payantes des plus grandes soirées. Entre 2023 et 2025, il défend à plusieurs reprises cette ceinture et voit ses revenus progresser fortement, avec par exemple un combat contre Dustin Poirier évalué à 2,64 millions de dollars.

En novembre 2025, son combat contre Jack Della Maddalena à l’UFC 322 est présenté comme l’étape décisive de sa montée chez les welters, la catégorie supérieure. Les chiffres qui circulent après l’événement font état d’un total estimé à 3 332 000 dollars, mais il faut rappeler qu’il s’agit d’une estimation et non d’un montant officiellement détaillé dans son intégralité. À la fin de l’année 2025, sa fortune globale est évaluée entre 5 et 7 millions de dollars, en additionnant ses salaires connus, des estimations de primes et ses contrats commerciaux.

La fiche officielle de l’UFC, elle, le présente encore comme champion des poids légers, avec pour dernier combat officiellement référencé sa victoire contre Renato Moicano à l’UFC 311 le 18 janvier 2025. Pour rester rigoureux, il faut donc préciser que son statut chez les welters est surtout porté par la couverture de la presse spécialisée de la fin de l’année 2025. En parallèle, plusieurs entretiens publiés à la même période indiquent qu’il souhaite défendre ensuite sa ceinture chez les welters après le ramadan.

Du Daghestan à l’UFC

Islam Makhachev naît le 27 septembre 1991 à Makhatchkala, avant de grandir dans le village de Burshi, dans une région montagneuse du Daghestan décrite comme rude et isolée. Son père travaille comme chauffeur et cultivateur de tomates, tandis que sa mère tient un petit café. Dans plusieurs récits sur son enfance, les tâches agricoles, le transport du bois et l’entraînement quotidien occupent le même espace que l’école.

Adolescent, il pratique le taekwondo, la lutte puis le sambo, discipline dans laquelle il devient champion du monde junior. Il rejoint ensuite la salle d’Abdulmanap Nurmagomedov, le père de Khabib, dans un système d’entraînement qui produit plusieurs futurs combattants UFC venus du Daghestan. Quand l’UFC le signe en 2015, il présente un bilan de 11 victoires en 11 combats professionnels.

À ce moment-là, ses revenus restent ceux d’un combattant débutant dans la principale organisation mondiale de MMA. Un entrant à l’UFC se situe généralement autour de 12 000 dollars garantis, plus 12 000 dollars supplémentaires en cas de victoire, avec des variations selon le contrat. Les estimations consacrées à Makhachev convergent vers cette logique de départ : quelques dizaines de milliers de dollars par combat, loin encore des sommes à sept chiffres qui viendront plus tard.

La hausse des bourses

En octobre 2021, lors de l’UFC 267 contre Dan Hooker, Islam Makhachev touche environ 200 000 dollars. En février 2022, après sa victoire contre Bobby Green à l’UFC Vegas 49, il perçoit à nouveau plus de 200 000 dollars et apparaît comme le combattant le mieux payé de la soirée. Pour un lecteur non spécialiste, ces montants correspondent alors au niveau d’un prétendant sérieux au titre, encore loin toutefois des revenus réservés aux champions installés.

À mesure qu’il se rapproche du titre, plusieurs estimations situent ses bourses fixes dans une fourchette de 200 000 à 500 000 dollars, hors primes. En 2025, pour un combat de championnat, son salaire de base se situe entre 500 000 dollars et 1 million de dollars, avec des gains totaux qui peuvent monter jusqu’à 2 millions de dollars lorsque l’on ajoute prime de victoire, bonus de performance et part sur les ventes de pay-per-view.

Le cas de l’UFC 311, le 18 janvier 2025, montre bien cette mécanique. Un salaire fixe de 200 000 dollars apparaît pour Makhachev, contre 250 000 dollars pour Renato Moicano. Mais sa rémunération réelle de la soirée est estimée autour d’1 million de dollars garantis, complétée par 42 000 dollars de sponsoring, avec un potentiel pouvant atteindre 3,5 millions de dollars si les ventes dépassent 750 000 achats. Son combat précédent contre Dustin Poirier lui aurait déjà rapporté 2,64 millions de dollars.

L’année 2026 marque ainsi un changement d’échelle. Les montants évoqués pour l’UFC 322 situent désormais Makhachev dans la zone des soirées à plus de 3 millions de dollars, au moins en estimation haute. La progression est nette : de quelques dizaines de milliers de dollars à ses débuts, il passe à environ 200 000 dollars lors de son entrée dans le top, puis à des revenus totaux de plusieurs millions avec les combats de championnat.

Ce que rapportent vraiment les combats

Les revenus d’Islam Makhachev ne se résument pas au salaire affiché par les commissions. Il faut distinguer la bourse fixe, la prime de victoire, le bonus de performance et la part sur les ventes de pay-per-view pour les champions ou les têtes d’affiche. Cette architecture explique pourquoi un montant officiel partiel, comme les 200 000 dollars affichés à l’UFC 311, peut en réalité correspondre à une soirée bien plus lucrative.

En 2025, Makhachev peut gagner jusqu’à 2 millions de dollars par combat avec l’ensemble de ces variables, et certaines affiches sont évaluées encore plus haut lorsque les ventes de pay-per-view sont fortes. Aucun organisme public ne publie le revenu complet et certifié d’un combattant UFC. Il faut donc distinguer clairement les montants déclarés, les estimations de presse et les hypothèses commerciales.

Sur sa fortune totale, la prudence s’impose aussi. Plusieurs estimations évaluent son patrimoine global entre 5 et 7 millions de dollars, mais ces chiffres restent fondés sur les salaires connus, les revenus projetés de pay-per-view et les partenariats de marque. Il est donc plus juste d’écrire que sa fortune est évaluée dans cette fourchette que de la présenter comme un fait établi avec certitude.

Sponsors et zones grises

Islam Makhachev compte parmi ses partenaires Venum, Monster Energy, Gorilla Energy Drink, YoungLA et Wahed Invest. Les montants exacts de ces contrats ne sont pas publics, mais ces partenariats comptent dans son enrichissement car ils apportent à la fois des revenus complémentaires et une prise en charge partielle de certains coûts de préparation. Plusieurs sites évoquent aussi des gains potentiels liés aux réseaux sociaux et à des contenus sponsorisés, sans fournir de données pleinement vérifiées.

Un autre exemple appelle la prudence. L’idée d’un contrat de 10,5 millions de dollars avec Netflix pour une série documentaire sur sa carrière a circulé, mais elle n’a pas été confirmée par des canaux officiels ni par de grands médias internationaux. Dans un article de presse rigoureux, elle doit donc rester hors du bilan financier principal.

La montre Audemars Piguet, elle, relève d’un fait plus simple à documenter. Le modèle porté par Makhachev a été lancé autour de 200 000 francs suisses, soit environ 226 000 dollars, même si certaines places de marché spécialisées affichent depuis des prix supérieurs liés à la rareté et à la spéculation. Autrement dit, l’objet peut être cité, mais en rattachant le chiffre à son prix de lancement, non à une valeur de revente garantie.

Le corps et le calendrier

En octobre 2025, Islam Makhachev explique qu’il ne combattait qu’à « 60 % » de ses capacités lorsqu’il évoluait encore chez les poids légers, en raison des coupes de poids extrêmes. Il indique aussi qu’il est « impossible de récupérer totalement en seulement 30 heures » après avoir perdu plus de 10 kg avant la pesée. Pour un lecteur éloigné du MMA, ces phrases disent une chose simple : à haut niveau, le revenu dépend aussi de l’état du corps, pas seulement du palmarès.

La montée chez les welters apparaît donc comme un choix à la fois sportif et économique. Elle permet de préserver sa santé, de prolonger sa période de performance maximale et de rester attractif pour les grandes affiches de l’UFC. Là encore, les décisions sur la catégorie ne relèvent pas seulement du poids sur la balance : elles conditionnent aussi la durée pendant laquelle un champion peut encore vendre des combats.

Islam Makhachev explique par ailleurs qu’il ne combat pas pendant le ramadan et qu’il veut organiser ses retours après cette période. Ce choix réduit mécaniquement certaines fenêtres de négociation dans l’année, mais il reste constant dans sa communication récente. Pour un champion à ce niveau de revenus, le calendrier religieux devient donc aussi un élément de gestion de carrière.

Ce qu’il dit de l’argent

Islam Makhachev parle peu publiquement de sa fortune. Les traces les plus nettes apparaissent dans des propos rapportés par les médias MMA ou dans des discussions sur les conditions d’un futur combat. En août 2025, il plaisante ainsi sur le million de dollars remporté par son coéquipier Movlid Khaybulaev au PFL, en disant que cet argent aurait déjà été dépensé et qu’il fallait retourner gagner le tournoi pour toucher 500 000 dollars de plus.

En novembre 2025, il pose aussi des conditions financières importantes pour accepter un éventuel combat contre Ilia Topuria, en plus d’un cadre sportif précis. Le message est clair : à ce stade de sa carrière, l’intérêt sportif seul ne suffit plus à décider d’une affiche. Là encore, il faut rester précis : ce type de négociation appartient davantage au registre des discussions rapportées par la presse spécialisée qu’à celui des documents officiels.

Le discours le plus tranché vient souvent de Khabib Nurmagomedov. En août 2025, l’ancien champion estime qu’il reste « un an et demi, deux ans » au sommet à Makhachev et qu’après 35 ans, « les dernières années, tu combats juste pour l’argent ». Dans la même intervention, Khabib déclare qu’il vaut « mieux conduire un Uber que dormir inconscient dans la cage ». Cette phrase donne au débat une portée plus large : chez les champions déjà riches, la question n’est plus seulement de gagner, mais de savoir quand le gain cesse de justifier le risque.

La fin en ligne de mire

Au début de juin 2026, Islam Makhachev fixe son « objectif ultime » : être considéré comme le numéro un pound-for-pound avant de quitter l’UFC. Il indique qu’il lui reste « quelques années » pour y parvenir. Rien, à ce stade, ne permet de dater précisément sa retraite, mais le sujet est désormais posé publiquement.

En parallèle, les estimations de salaires publiées sur ses derniers grands combats montrent qu’il se situe déjà parmi les combattants les mieux rémunérés du circuit. Chaque défense de titre potentielle en 2026 ou en 2027 peut donc lui rapporter plusieurs millions de dollars selon les scénarios avancés dans la presse spécialisée. La question posée à Makhachev n’est plus celle de l’accès à la richesse. Elle porte désormais sur le point à partir duquel prolonger sa carrière ne rapporte plus un titre, mais seulement un chèque.

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