En deux saisons, Isack Hadjar est passé de vice‑champion de F2 sans salaire connu à un contrat estimé à 6,6 M€ chez Red Bull. Enquête sur cette ascension financière.
À 21 ans, Isack Hadjar est passé, entre 2024 et 2026, d’un statut de vice-champion de Formule 2 sans salaire public connu à celui de pilote Red Bull Racing rémunéré autour de 6,6 millions d’euros par an selon les estimations disponibles. En deux saisons, le pilote né le 28 septembre 2004 à Paris a franchi les trois seuils qui comptent en Formule 1 : un baquet titulaire en 2025, une promotion dans l’équipe principale en 2026 et l’entrée dans la catégorie des jeunes pilotes millionnaires.
Un revenu multiplié en deux ans
En 2024, Isack Hadjar termine deuxième du championnat de Formule 2 avec Campos Racing, avec quatre victoires et huit podiums sur la saison. Cette saison 2024 ne s’accompagne d’aucun salaire fixe public, comme c’est le cas pour la grande majorité des pilotes engagés en F2.
En 2025, Racing Bulls lui confie un volant de titulaire en Formule 1 pour une première saison complète. Pour cette année 2025, les estimations les plus reprises situent son salaire fixe autour de 800 000 euros, avec un total pouvant approcher 1,2 à 1,65 million d’euros selon le niveau des bonus activés.
En 2026, sa promotion chez Red Bull Racing change d’ordre de grandeur. Le revenu total prévu pour 2026 est estimé autour de 6,6 millions d’euros, bonus compris, avec une progression d’environ six à huit fois par rapport à son revenu fixe de 2025.
Des formules de promotion au premier contrat F1
En 2020, Isack Hadjar prend la troisième place du championnat de France F4. En 2021, il remporte une course à Monaco en Formule Régionale Europe, sur le circuit le plus exposé du calendrier junior.
En 2022, il rejoint la FIA Formule 3 avec Hitech GP et termine quatrième du championnat avec trois victoires. En 2023, il passe en FIA Formule 2 et boucle sa première saison à la 14e place, avec une victoire.
En 2024, il change d’équipe, rejoint Campos Racing et décroche le titre de vice-champion de Formule 2 derrière Gabriel Bortoleto. Cette progression sportive sur cinq saisons, de la F4 en 2020 à la F1 en 2025, constitue la base concrète de sa hausse de valeur sur le marché des pilotes.
Des chiffres encore flous
La saison 2025 marque son entrée officielle parmi les vingt titulaires de la grille de Formule 1. Son contrat 2025 est présenté comme un engagement d’un an, avec un salaire fixe de l’ordre de 800 000 euros et des variables portant le total potentiel à environ 1,655 million de dollars.
Le contrat 2025 comprend aussi une clause de performance indexée sur les points marqués face à son coéquipier. Le seuil évoqué pour une prolongation automatique est de 70% des points du coéquipier à l’échéance de septembre 2025.
Les montants avancés pour 2025 ont longtemps varié selon les publications, avec des écarts allant de moins de 1 million d’euros à plusieurs millions. La fourchette la plus cohérente pour sa première saison complète en F1 reste toutefois celle d’un rookie rémunéré autour de 800 000 euros fixes, avec un total supérieur à 1 million d’euros en cas de bonus déclenchés.
Un contrat Red Bull qui change d’échelle
Le passage chez Red Bull Racing est annoncé pour la saison 2026. Ce changement place Isack Hadjar dans l’équipe principale du groupe Red Bull après une seule saison complète chez Racing Bulls.
Le contrat 2026 est décrit comme un accord d’un an avec une option pour 2027. La base annuelle retenue pour 2026 atteint 6 millions de dollars, soit environ 6,6 millions d’euros avec bonus selon plusieurs estimations convergentes.
Certaines clauses prévoient une rémunération revue à la baisse en cas de résultats insuffisants. Un scénario de baisse à 4,2 millions d’euros a été évoqué dans l’hypothèse d’une contre-performance sportive dès 2026.
Primes, clauses et zones d’ombre
Le détail des primes n’est pas public. Les montants diffusés pour 2025 et 2026 reposent sur des packages comprenant un fixe et des bonus liés aux résultats en piste.
Pour 2025, le total potentiel annoncé dépasse le salaire fixe de près de 70%, ce qui montre le poids du variable dans sa rémunération de rookie. Pour 2026, l’écart entre la base de 6 millions de dollars et le revenu total estimé autour de 7,7 à 8,9 millions de dollars traduit le même mécanisme.
La donnée la plus solide reste donc l’ordre de grandeur du fixe annuel, pas le montant exact encaissé à la fin d’une saison. Entre le fixe, les bonus et les clauses de performance, la rémunération réelle d’un pilote de F1 peut varier fortement d’une année à l’autre pour un même contrat nominal.
Sponsors et monétisation progressive de l’image
La hausse de ses revenus ne dépend pas uniquement de son contrat sportif. À partir de 2025, son statut de titulaire en Formule 1 augmente la valeur marchande de son image auprès des marques et des partenaires commerciaux.
Les estimations les plus récentes attribuent à ses revenus de sponsoring un montant annuel compris entre 0,5 et 1,2 million de dollars en 2026. En ajoutant ces revenus commerciaux à la partie sportive, son potentiel annuel total peut approcher 8,9 millions de dollars dans le scénario haut.
Cette monétisation reste encore limitée par rapport aux stars installées de la F1. À 21 ans, Hadjar se situe encore dans une phase d’accumulation de contrats, pas dans celle d’une exploitation maximale de son image sur plusieurs continents.
Une fortune en construction, loin des magnats de la F1
La fortune personnelle d’Isack Hadjar n’est documentée par aucun inventaire public. Les estimations disponibles pour 2026 évoquent un patrimoine d’environ 1 million de dollars, soit un niveau encore faible à l’échelle des pilotes confirmés de Formule 1.
Ce décalage entre revenu annuel et patrimoine net s’explique par la jeunesse du pilote et par la chronologie de sa carrière. Un salaire élevé sur une ou deux saisons ne produit pas automatiquement une fortune élevée, surtout avant impôts, commissions et dépenses liées à l’activité sportive.
Le terme le plus exact, en avril 2026, est donc celui d’un patrimoine en cours de constitution. Hadjar entre dans la catégorie des pilotes très bien rémunérés pour son âge, sans appartenir encore au groupe des grandes fortunes de la discipline.
Résultats sportifs et valorisation du pilote
Sa progression sportive est continue entre 2020 et 2026. Troisième de la F4 France en 2020, vainqueur à Monaco en FRECA en 2021, quatrième de la FIA F3 en 2022, vainqueur en F2 en 2023 puis vice-champion de F2 en 2024, il atteint la F1 à 20 ans pour la saison 2025.
Son année 2024 reste la séquence décisive de cette trajectoire. Avec quatre victoires à Melbourne, Imola, Silverstone et Spa-Francorchamps, il gagne le droit de passer de la filière junior au baquet titulaire.
La hausse de sa rémunération suit cette chronologie sportive presque point par point. Entre 2024 et 2026, chaque marche franchie en piste correspond à une marche de plus dans la hiérarchie économique du paddock.
Des salaires encore difficiles à cerner
Les salaires de Formule 1 ne font l’objet d’aucune publication officielle centralisée. Les chiffres disponibles au printemps 2026 sont donc des estimations construites à partir de contrats partiellement divulgués, d’éléments de paddock et de projections sur bonus.
Pour Isack Hadjar, deux repères dominent aujourd’hui : environ 800 000 euros fixes pour 2025 et environ 6,6 millions d’euros bonus compris pour 2026. Ces deux montants suffisent à mesurer l’ampleur de sa progression entre sa première saison de titulaire et son arrivée chez Red Bull Racing.
L’information la plus solide ne porte donc pas sur le dernier euro perçu, mais sur la dynamique de hausse. En l’espace de deux saisons, Isack Hadjar est passé du monde des formules de promotion financées à celui des contrats de plusieurs millions d’euros de la Formule 1.