Le mur des stands d’Alpine a mis quelques secondes à réagir. Sur les écrans venait de s’afficher un temps qui ne ressemblait à rien de ce que la voiture bleue avait montré jusque-là. Les tribunes italiennes, elles, se sont levées tout de suite. Personne n’avait vu venir ce samedi après-midi.
Deux aspirations et un chrono impossible
1’21.786. Pierre Gasly a signé ce temps en Q3, la dernière des trois phases de la qualification, et partira en tête du Grand Prix d’Italie dimanche à 15h00. Le Français a construit son tour sur deux aspirations, ce couloir d’air brassé par la voiture de devant qui fait gagner plusieurs kilomètres-heure en ligne droite. Celle de son coéquipier Colapinto, prévue. Puis celle de Lewis Hamilton, qui ne l’était pas.
La séance s’est disputée quelques heures après la perte de son podium de Monaco. Flavio Briatore, dirigeant d’Alpine, avait publiquement laissé éclater sa colère, et le pilote avait dit avoir été volé. « J’attendais ce résultat depuis dix ans », a déclaré Gasly après la qualification.
Le moteur Mercedes a fait le reste
Alpine tournait déjà bien lors des essais libres du vendredi. L’écurie a travaillé sa monoplace pour l’alléger et sortir du trou dans lequel elle était installée, et le moteur Mercedes qu’elle utilise cette saison rend service sur un circuit composé pour l’essentiel de longues lignes droites. Gasly connaît le tracé mieux que la plupart de ses concurrents : c’est ici qu’il a remporté la première course de sa carrière, avec l’AlphaTauri. « Ils étaient très rapides », a indiqué George Russell.
Wolff accuse Verstappen d’avoir gêné Russell
Le pilote Mercedes partira deuxième, sans avoir amélioré son chrono lors de sa dernière tentative en Q3. « Max Verstappen a été malin et a gêné son dernier tour », a déclaré Toto Wolff, directeur de l’écurie allemande.
Kimi Antonelli, l’autre pilote Mercedes, s’élancera 20e. L’Italien a réglé sa voiture pour la course et purge une pénalité sur la grille. Il dispose d’un nouveau moteur et n’écarte pas le podium. Antonelli devance Russell au championnat, et le Britannique tient là une occasion de revenir sur lui.
McLaren joue son samedi chez les commissaires
Oscar Piastri a signé le troisième temps. L’Australien sera convoqué par les commissaires pour avoir gêné Liam Lawson en Q2. En Q3, il n’a pas fourni d’aspiration à Lando Norris, dont le tour était déjà compromis par un écart de son coéquipier plus tôt dans la séance.
Ferrari a perdu le fil dès la matinée. Hamilton a sauvé sa Q2 pour un millième de seconde face à Gabriel Bortoleto, et les choix stratégiques de la Scuderia ne l’ont pas sortie de la troisième ligne : Charles Leclerc quatrième, Hamilton cinquième. Une pénalité infligée à Piastri leur ferait gagner une place. Verstappen partira sixième, juste derrière les deux rouges.
Sainz 13e, et Williams n’y croyait pas
La FW48 accumule les problèmes depuis sa conception. Alex Albon a pourtant donné l’aspiration à Carlos Sainz dès sa première tentative en Q1, où l’Espagnol a signé 23.6, le meilleur chrono du week-end à ce stade. La voiture reste nerveuse dans tous les virages.
En Q2, Sainz n’a eu qu’un adversaire direct, Esteban Ocon, qu’il a devancé. Il partira 13e, à trois places des points, attribués aux dix premiers de la course.
Alonso perd 20 km/h dans chaque ligne droite
314 km/h en pointe. L’Aston Martin de Fernando Alonso concède une vingtaine de kilomètres-heure à ses rivales dans chaque ligne droite de Monza, et le double champion du monde partira 18e. La voiture se comporte bien en courbe malgré les fortes températures, la série d’Ascari en donne la mesure. Le reste du tour est une punition.
La liste des problèmes relevés après les essais libres était longue. Alonso visera les Cadillac et un départ où Antonelli, Lawson et Albon, tous pénalisés, s’élanceront derrière lui. La Haas d’Ocon est à une seconde de lui, la pole à plus de 2,5 secondes.
Transformer une pole en victoire reste l’exercice le plus difficile, et Gasly devra contenir Russell dès l’extinction des feux. Cette saison 2026 fonctionne par à-coups, une écurie devant un week-end, une autre le suivant. Depuis vendredi, les projecteurs pointaient Ferrari. Une heure de qualification les a déplacés.