Combien gagne Novak Djokovic ?

25/04/2026

Finaliste à Melbourne en 2026, ambassadeur Qatar Airways, fortune estimée à 370 millions d’euros : à 38 ans, Djokovic mène deux carrières sans en ralentir aucune.

Le chiffre est apparu en novembre 2025, à l’issue d’une saison sans Grand Chelem : 191,25 millions de dollars. C’est le total des gains en tournois accumulés par Novak Djokovic depuis ses débuts professionnels en 2003. Aucun joueur de tennis, homme ou femme, n’a jamais atteint cette somme. Rafael Nadal a terminé sa carrière à 134,9 millions de dollars. Roger Federer, retraité depuis 2022, s’est arrêté à 130,6 millions.

La comparaison s’arrête là, car le prize money ne représente qu’une fraction de ce que Djokovic gagne chaque année. En 2023, Forbes a estimé ses revenus totaux à 38,4 millions de dollars, dont environ 15,9 millions de primes de tournois, un record de saison, et le reste hors terrain. C’était la première fois qu’il occupait la première place du classement annuel Forbes des joueurs de tennis les mieux payés. En 2024, il a cédé cette place à Carlos Alcaraz (42,3 millions de dollars), avec 37,2 millions, dont 12,2 millions de prize money. En 2025, Forbes le classe quatrième avec 29,6 millions de dollars, derrière Alcaraz (48,3 millions), Sinner (47,3 millions) et Coco Gauff (37,2 millions).

Sa fortune globale est évaluée entre 220 et 370 millions d’euros selon les sources consultées, en intégrant la valorisation des actifs immobiliers et des participations d’entreprise.

Lacoste, Head, Qatar Airways

Les sponsors expliquent l’essentiel. Entre 25 et 35 millions de dollars par an, c’est ce que Djokovic tire de ses contrats d’endorsement, soit environ les deux tiers de ses revenus annuels en période de pic.

Le contrat le plus visible est celui avec Lacoste, signé en 2017 lorsque le joueur a quitté Uniqlo. La valeur du deal initial a été estimée à environ 30 millions d’euros sur cinq ans, soit entre 6 et 10 millions d’euros par an. La marque au crocodile lui a créé chaque saison une collection capsule portant son nom. En 2021, Lacoste a annoncé la prolongation du partenariat jusqu’en 2025. Aucun renouvellement n’a été officiellement confirmé à ce jour.

Head est le partenariat le plus ancien. Djokovic utilise les raquettes du fabricant autrichien depuis 2001, avant même de devenir professionnel. La valeur actuelle du contrat est estimée à 7,5 millions de dollars par an, sans confirmation officielle. En juin 2023, Head lui a offert une raquette en bronze recouvert d’or 24 carats pour célébrer son 23e titre du Grand Chelem.

En novembre 2024, Qatar Airways a signé un contrat multi-années faisant de Djokovic son ambassadeur mondial. Le communiqué officiel de la compagnie le désigne comme « conseiller bien-être », un positionnement inédit pour un transporteur aérien. Le montant n’a pas été rendu public. Complètent le portefeuille : Hublot (horlogerie, depuis 2021), Asics (chaussures, depuis 2018), Waterdrop (hydratation, depuis 2023), Aman Resorts (hôtellerie de luxe, depuis 2024) et Joe & The Juice (restauration santé, depuis 2025).

La facture australienne

Janvier 2022 a représenté la plus lourde interruption commerciale de sa carrière. Expulsé d’Australie pour défaut de vaccination contre la Covid-19, Djokovic n’a pas pu défendre son titre à l’Open d’Australie. Il a également manqué l’US Open 2022, l’accès au territoire américain lui étant refusé pour les mêmes raisons. Le manque à gagner en primes de tournois et en contrats commerciaux a été estimé à 10 à 20 millions de dollars.

Peugeot, partenaire depuis 2014, a mis fin à sa collaboration en mars 2022. UKG, spécialiste des logiciels de gestion des ressources humaines et sponsor depuis 2019, a suivi le même chemin. Les emplacements de manche, parmi les espaces publicitaires les plus visibles du tennis, pouvant rapporter jusqu’à 10 millions de francs suisses par an à un joueur de premier plan, se sont retrouvés vides pendant plusieurs mois. Lacoste, Head, Hublot, Asics et Raiffeisen Bank International ont maintenu leurs contrats.

Le pari des sponsors restants s’est avéré rentable. Dès 2023, Djokovic a signé la meilleure saison financière de sa carrière.

Vingt-quatre titres, 428 semaines

La valeur commerciale de Djokovic repose sur un socle sportif sans équivalent dans l’histoire du tennis masculin.

Ses 24 titres du Grand Chelem constituent un record absolu : dix victoires à l’Open d’Australie (2008, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2019, 2021, 2023), sept à Wimbledon (2011, 2014, 2015, 2018, 2019, 2021, 2022), quatre à l’US Open (2011, 2015, 2018, 2023) et trois à Roland-Garros (2016, 2021, 2023). Il a passé 428 semaines au rang de numéro un mondial, un record de l’ère Open devant Federer (310 semaines). Il a remporté 40 titres en Masters 1000, 7 titres aux ATP Finals et 101 titres ATP au total, troisième joueur de l’histoire derrière Jimmy Connors (109) et Roger Federer (103).

En août 2024, aux Jeux olympiques de Paris, il a battu Carlos Alcaraz en finale pour remporter la médaille d’or. Ce titre lui a permis de compléter le Career Golden Slam, victoire dans les quatre Grands Chelems et la médaille d’or olympique, un palmarès partagé uniquement avec Andre Agassi (1999) et Rafael Nadal (2008).

En 2025, il n’a remporté aucun Grand Chelem, mais a inscrit son 100e titre ATP à Genève, puis son 101e à Athènes. Il est le premier joueur à remporter au moins un titre dans vingt saisons consécutives. À la fin de l’année, il figurait au quatrième rang mondial, son seizième Top 4 en fin de saison, un record devant Federer et Nadal.

Kopaonik, 1999

Le 24 mars 1999, l’OTAN a commencé à bombarder Belgrade. Novak Djokovic avait onze ans. Sa famille, ses parents Srđan et Dijana, restaurateurs, et ses deux frères Marko et Djordje, s’est réfugiée à Kopaonik, une station de ski à trois heures au sud de la capitale. C’est là, sur les courts extérieurs de la station, qu’une entraîneuse locale, Jelena Genčić, a repéré le jeune garçon et décidé de le prendre en charge.

Né le 22 mai 1987 à Belgrade, Djokovic avait découvert le tennis à quatre ans. À douze ans, il a quitté sa famille pour rejoindre l’académie de l’ancien professionnel Nikola Pilić à Munich. Son modèle déclaré de l’époque était Pete Sampras, dont il regardait les matches à la télévision.

Il est devenu professionnel en 2003. En 2007, au tournoi du Canada, il a battu successivement Andy Roddick, Rafael Nadal et Roger Federer en finale. L’alerte avait été donnée. En 2008, à vingt ans, il a remporté l’Open d’Australie en battant Jo-Wilfried Tsonga en finale (4-6, 6-4, 6-3, 7-6).

La saison 2011 reste la référence absolue de sa carrière. Il a remporté ses 41 premiers matches de l’année, terminé avec un bilan de 70 victoires pour 6 défaites, décroché 10 titres dont 3 Grands Chelems et 5 Masters 1000, et pris la tête du classement mondial le 4 juillet. Il avait lui-même désigné cette série comme « le premier des quatre plus grands exploits de sa carrière », lors d’une déclaration en décembre 2024.

Marbella, Monaco, Belgrade

Fin 2020, Djokovic a acquis une villa à Marbella, dans le sud de l’Espagne, pour un prix estimé à environ dix millions d’euros. La propriété comprend neuf chambres, un court de tennis privé, une piscine extérieure, un spa, un hammam, un sauna, un jacuzzi et une salle de sport. C’est aujourd’hui sa résidence familiale principale.

Depuis 2012, il est officiellement domicilié à Monaco, dont le taux d’imposition sur les revenus est de 0%. La différence avec le taux marginal espagnol (47%) ou britannique (45%) représente, sur une carrière générant entre 30 et 50 millions de dollars annuels en période de pic, plusieurs dizaines de millions d’économies fiscales.

Il détient également des biens immobiliers à Miami, New York et Belgrade. Dans la capitale serbe, il possède plusieurs restaurants, dont un ouvert en 2017 avec un modèle de financement croisé : les clients aisés paient le prix normal, les personnes défavorisées sont servies gratuitement. En 2012, il avait acheté la totalité de la production annuelle de fromage « pule », fabriqué à partir de lait d’ânesse dans la réserve naturelle de Zasavica, pour l’intégrer à ses établissements.

Sa marque personnelle Djokolife commercialise une ligne de compléments alimentaires et de nutrition sportive, cohérente avec son régime sans gluten et sans produits laitiers. La Fondation Novak Djokovic, codirigée avec son épouse Jelena Ristić-Djokovic, finance des programmes d’éducation pour les enfants défavorisés en Serbie et contribue au financement d’établissements hospitaliers.

Sinner battu, Alcaraz vainqueur

Le 29 janvier 2026, Djokovic a battu Jannik Sinner en cinq sets en demi-finale de l’Open d’Australie (3-6, 6-3, 4-6, 6-4, 6-4), à 38 ans. C’était sa trente-huitième demi-finale en Grand Chelem, sa onzième à Melbourne. Deux jours plus tard, il a perdu la finale contre Carlos Alcaraz en quatre sets (2-6, 6-2, 6-3, 7-5).

Dans les semaines qui ont suivi, Qatar Airways a diffusé les premières campagnes visuelles avec son nouvel ambassadeur. Les contrats, eux, n’ont pas attendu l’issue de la finale.

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Fan de basket depuis son plus jeune âge, Romain Dujardin a vécu dix ans aux États-Unis, où il a couvert la NBA en tant que pigiste pour des médias américains.

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