Combien gagne Axel Laurance ?

09/07/2026

À 24 ans, Axel Laurance a tourné la page des salaires impayés : contrat revalorisé, victoires en 2026 et statut de leader en devenir au sein d’INEOS Grenadiers.

En janvier 2023, Axel Laurance expliquait que sa mère lui avait financé un stage en Espagne après la disparition de B&B Hotels-KTM, qui ne lui avait pas versé ses deux derniers mois de salaire. Trois ans plus tard, le Breton court chez INEOS Grenadiers, avec un contrat de deux saisons signé pour 2025 et 2026 et une rémunération désormais située, selon des estimations de marché, bien au-dessus des minima du WorldTour.

Du salaire impayé au contrat INEOS

En décembre 2022, B&B Hotels-KTM disparaît et laisse plusieurs coureurs sans visibilité immédiate sur leur avenir, dont Axel Laurance, alors âgé de 21 ans. En janvier 2023, il déclare n’avoir pas touché ses deux derniers mois de salaire et précise que sa mère a payé une semaine de stage en Espagne. « C’est ma mère qui m’a payé une semaine de stage en Espagne en décembre. Mentalement, ça fait mal. » À ce moment-là, sa rémunération se situait vraisemblablement dans la zone basse du peloton professionnel, proche des minima applicables aux équipes de deuxième division, soit un ordre de grandeur autour de 30 000 à 40 000 euros bruts annuels.

Le basculement intervient à l’été 2024, quand son nom circule avec insistance sur le marché des transferts, avant l’officialisation de sa signature chez INEOS Grenadiers pour deux saisons, en septembre 2024. Aucun montant n’a été publié ni par l’équipe ni par l’entourage du coureur. Le salaire minimum WorldTour est fixé à 44 150 euros pour un salarié et 72 404 euros pour un indépendant, un niveau resté gelé pour 2026. Dans ce cadre, un coureur de 24-25 ans déjà champion du monde espoirs, vainqueur d’étape en WorldTour et lauréat d’une course par étapes ProSeries se situe, selon les comparaisons de marché disponibles, bien au-dessus du minimum.

En 2026, une victoire tous les mois

Le 14 février 2026, Axel Laurance remporte la dernière étape du Tour de la Provence à Arles au terme d’une échappée lancée dès le départ, avant de décrocher son dernier compagnon à moins de deux kilomètres de la ligne. C’est sa première victoire sous le maillot d’INEOS Grenadiers. Le 25 mars, il gagne la première étape de la Semaine Coppi e Bartali. Le 27 mars, il enlève aussi la quatrième étape. Le 28 mars, il termine deuxième du classement général final, battu pour 2 secondes par Mauro Schmid.

Le 8 avril 2026, il ajoute la troisième étape du Tour du Pays basque à Basauri à son palmarès. La victoire se joue dans une rampe finale de 500 à 600 mètres à plus de 9%, avec des passages signalés entre 11% et 12%. Le Français, alors âgé de 24 ans, devance Igor Arrieta et signe son huitième succès chez les professionnels. Cette séquence de février à avril 2026 constitue, à ce stade, sa période la plus productive au plus haut niveau.

Le titre de Glasgow comme détonateur

Le 12 août 2023, Axel Laurance devient champion du monde espoirs à Glasgow après une attaque victorieuse de 27 kilomètres. Il est alors le cinquième Français sacré dans cette catégorie. La prime attribuée au vainqueur espoirs reste limitée à l’échelle du très haut niveau, mais le titre modifie immédiatement sa place sur le marché. Dans les heures qui suivent, il indique que « le téléphone ne fait que vibrer », signe d’un intérêt soudain des équipes majeures.

En 2024, Alpecin-Deceuninck l’intègre dans son équipe WorldTour après son passage par la structure de développement. Le 22 mars 2024, il remporte la cinquième étape du Tour de Catalogne, sa première victoire en WorldTour. Deux mois plus tard, il gagne le classement général du Tour of Norway après avoir déjà remporté la deuxième étape. Ces résultats arrivent dans la même saison et changent sa cote sportive comme sa valeur contractuelle. INEOS Grenadiers conclut finalement le dossier quelques mois plus tard.

Primes, sponsors, patrimoine

Les revenus d’un coureur comme Axel Laurance ne se limitent pas au salaire fixe inscrit dans son contrat. Les primes de course constituent un complément, même si leur ventilation entre le coureur et le collectif n’est jamais rendue publique par les équipes. Les grilles relayées dans la presse spécialisée indiquent qu’une victoire d’étape sur une grande course peut rapporter plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d’euros bruts selon l’épreuve. Le titre mondial espoirs 2023, lui, ouvre droit à une prime UCI de 4 000 euros.

Sur le terrain publicitaire, aucun contrat personnel de Laurance n’a été identifié publiquement à ce jour. Les partenariats visibles sont donc d’abord ceux de son équipe, INEOS Grenadiers, qui travaille notamment avec Pinarello, Gobik, Kask, Garmin, Shimano, Adidas et TotalEnergies. Cela n’autorise pas à conclure à l’absence de tout accord individuel, mais aucun élément vérifié n’est disponible publiquement à ce stade.

L’estimation de son patrimoine doit donc rester prudente. Axel Laurance n’apparaît pas dans les classements publiés des cyclistes français les plus fortunés, dominés par Julian Alaphilippe ou Thibaut Pinot. En agrégeant ses premières années à faible revenu, la montée en gamme de 2024, puis son passage chez INEOS à partir de 2025, sa situation patrimoniale paraît encore relever d’une phase d’accumulation, et non d’un enrichissement comparable à celui des têtes d’affiche du cyclisme mondial.

Combien gagne Axel Laurance, période par période ?

De la faillite de B&B Hotels à son contrat chez INEOS Grenadiers, les revenus d’Axel Laurance ont suivi une courbe ascendante nette, même si les montants exacts ne sont pas rendus publics. En 2022, au sein de B&B Hotels-KTM, sa rémunération se situait vraisemblablement autour de 30 000 à 40 000 euros bruts annuels, proche des minima en vigueur pour un jeune coureur de deuxième division. Cette estimation est cohérente avec son statut de néo-pro et avec le fait qu’il n’ait pas pu constituer de réserve suffisante avant la disparition de l’équipe.

En 2023, intégré à la structure de développement d’Alpecin-Deceuninck, il n’augmente pas significativement son niveau de vie : les équipes Continentales restent sur des grilles modestes, souvent comparables ou légèrement supérieures au minimum UCI, avec des salaires fréquemment compris entre 30 000 et 60 000 euros bruts pour des coureurs en début de carrière. La bascule sportive se fait cette année-là avec le titre mondial espoirs, mais la bascule salariale intervient surtout à partir de 2024.

En 2024, lorsqu’il rejoint l’effectif WorldTour d’Alpecin-Deceuninck, Axel Laurance passe sur les standards de la première division. Le minimum WorldTour est alors fixé à un peu plus de 40 000 euros, mais les coureurs prometteurs qui remportent des étapes en WorldTour et une course par étapes ProSeries se situent en pratique nettement au-dessus de ce plancher. Pour cette saison 2024 marquée par sa victoire en Catalogne et son succès au Tour of Norway, une fourchette prudente situerait sa rémunération globale autour de 150 000 à 300 000 euros bruts annuels.

Depuis 2025, sous le maillot d’INEOS Grenadiers, Axel Laurance est passé dans une autre catégorie. L’équipe britannique évolue avec un budget parmi les plus élevés du plateau, et ses leaders émargent à plusieurs millions par an. Pour un coureur de 24-25 ans, champion du monde espoirs, vainqueur d’étape en WorldTour, lauréat d’une course par étapes ProSeries et désormais vainqueur sur des courses d’une semaine en 2026, les estimations de marché situent son salaire dans une fourchette de 500 000 à 1 500 000 euros bruts annuels. À cette rémunération salariale s’ajoutent les primes de course et des avantages en nature (matériel, équipement, déplacements), sans qu’il soit possible, à ce stade, d’identifier des contrats publicitaires personnels majeurs.

Une famille de cyclistes, un apprentissage dans la précarité

Axel Laurance est né le 13 avril 2001 à Calan, dans le Morbihan. Son père, Franck Laurance, a été coureur professionnel au milieu des années 1990. Sa mère, Manuella Le Cavil, a été championne de Bretagne à trois reprises, et sa sœur Typhaine Laurance a également couru avant de devenir consultante pour Eurosport.

Avant ses résultats chez les professionnels, Laurance a suivi un parcours de formation classique dans l’Ouest, entre BMX, route, piste et cyclo-cross, avant de passer par le VC Pays de Loudéac. En 2022, pour sa première saison complète chez les professionnels, il prend la deuxième place de la Bretagne Classic derrière Wout van Aert et gagne une étape du Tour de Croatie. Puis la disparition de B&B Hotels-KTM le renvoie à une zone d’incertitude immédiate. En 2023, il repart au sein de l’équipe de développement d’Alpecin-Deceuninck, un échelon inférieur sur le papier, avant que le titre mondial de Glasgow ne relance complètement sa trajectoire.

Cette chronologie reste le fait le plus solide de son parcours récent : en moins de trois ans, Axel Laurance est passé d’un coureur privé de deux mois de salaire à un nom recherché par les grandes équipes du WorldTour. Son prochain contrat, attendu après l’échéance 2026, dira à quel niveau exact le marché place désormais sa valeur.

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Journaliste sportif depuis 2015, Thomas Moreau est spécialisé dans le cyclisme et le hand.

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