En 2024, il a multiplié ses revenus par sept et fracassé un record vieux de Wimbledon. En 2026, il cherche un nouvel entraîneur et regarde son classement reculer.
Le 27 octobre 2024, à Bâle, Giovanni Mpetshi Perricard bat Ben Shelton 6-4, 7-6 et remporte le Swiss Indoors, un ATP 500. Il est alors 50e mondial, le champion le moins bien classé à avoir soulevé ce trophée depuis son élévation au rang d’ATP 500 en 1975. Six mois plus tôt, en mai, il avait déjà remporté l’Open de Lyon avec une wildcard, dans sa ville natale, en battant Tomás Martín Etcheverry en finale (6-4, 1-6, 7-6).
Ces deux titres forment l’ossature d’une saison 2024 hors norme. En juillet, à Wimbledon, entré dans le tableau en tant que lucky loser, il bat la tête de série n°20 Sebastian Korda au premier tour en cinq sets (7-6, 6-7, 7-6, 6-7, 6-3) en claquant 51 aces. Il atteint le quatrième tour, où Lorenzo Musetti le bat 4-6, 6-3, 6-3, 6-2 le jour même de ses 21 ans. Mpetshi Perricard reste le premier lucky loser à avoir atteint ce stade à Wimbledon depuis Dick Norman en 1995. En décembre, l’ATP le désigne Most Improved Player of the Year 2024, devant Jack Draper, Tomas Machac et Alejandro Tabilo.
Le résultat financier est direct : ses gains de tournois passent à 1 397 441 dollars sur l’année, contre moins de 190 000 dollars en 2023. À la fin de la saison, il pointe au 31e rang mondial.
246 km/h, mais pas un euro de plus
Le 30 juin 2025, sur le gazon du All England Club, Giovanni Mpetshi Perricard sert à 153 mph, soit 246,23 km/h. C’est le service le plus rapide jamais enregistré dans l’histoire de Wimbledon. Dans le même match, il établit le record mondial du service le plus rapide en deuxième balle : 147 mph, soit 237 km/h. Il perd néanmoins face à Taylor Fritz en cinq sets, après avoir mené deux sets à zéro.
Ces deux records lui confèrent une visibilité internationale que ses contrats commerciaux ne reflètent pas. À ce jour, son portefeuille de sponsors se limite à Nike pour les tenues et chaussures, et à Babolat pour la raquette et le cordage. Aucun partenariat avec une marque de luxe, une manufacture horlogère ou une marque automobile, des catégories qui constituent l’essentiel des revenus extracourt des joueurs du Top 20. Son agence, BD Global Management, gère ses droits marketing, mais aucun nouveau contrat significatif n’a été annoncé depuis ses records. Son patrimoine est estimé, selon les sources spécialisées, entre 500 000 et 1,5 million de dollars.
Babolat à 11 ans, Nike ensuite
En 2013, un entraîneur de club téléphone à Babolat pour signaler un gamin de 10 ans à Lyon. Yoann Chartron, responsable développement de la marque lyonnaise, prend le dossier en main. Un an plus tard, Giovanni Mpetshi Perricard signe son premier contrat d’équipement, tenue, chaussures, sacs. Il a 11 ans. À 16 ans, il passe à un contrat international incluant raquette et cordage. « Après deux ans, on l’a upgradé vers un sponsoring complet », a indiqué Chartron. Sur les courts, il joue avec une Pure Drive, vendue 249 dollars en boutique.
La coïncidence géographique n’est pas anodine : Babolat est une entreprise lyonnaise, et Giovanni est né et a grandi à Lyon. Nike a rejoint le dispositif ultérieurement pour la partie vestimentaire. Ces deux contrats constituent, à ce jour, l’intégralité de son portefeuille sponsor connu.
Un Lyonnais formé dans les circuits de l’ombre
Giovanni Mpetshi Perricard est né le 8 juillet 2003. Son père, Ghislain Mpetshi-Kalongo, est un ancien footballeur semi-professionnel originaire du Congo. Sa mère, Sylvie Perricard, a joué au volleyball en compétition. Il commence le tennis à quatre ans, abandonne brièvement pour le basketball et la natation, puis revient définitivement à huit ans, avec Nadal comme modèle déclaré.
Sa formation passe par le CREPS de Poitiers, puis par le Centre National d’Entraînement de la FFT à Paris. En 2021, à 17 ans, il remporte le titre en double juniors à Roland-Garros avec Arthur Fils (7-5, 6-2 en finale contre Martin Katz et German Samofalov) et atteint le 4e rang mondial ITF junior en juillet. En 2023, il décroche son premier titre Challenger au León Open au Mexique. La même année à Anvers, qualifié, il bat David Goffin avant de s’incliner en quarts contre Alexander Bublik. Sa sœur cadette Daphnée, de cinq ans sa benjamine, évolue elle aussi sur le circuit ITF.
19 victoires, 26 défaites : le palier
Le 24 février 2025, Giovanni Mpetshi Perricard atteint son meilleur classement en carrière : 29e mondial. En mai, à Roland-Garros, il bat Zizou Bergs 4-6, 6-3, 7-6, 6-4, sa première victoire en tableau principal de Grand Chelem. À Wimbledon, malgré ses deux records de vitesse, il perd en cinq sets contre Fritz. En octobre, à Shanghai, il bat pour la première fois un joueur du Top 10 : Taylor Fritz, 4e mondial, 6-4, 7-5, avant de s’incliner en huitièmes de finale contre Holger Rune.
Le bilan annuel 2025 est néanmoins de 19 victoires pour 26 défaites. Ses gains retombent à 1 271 143 dollars, en léger retrait par rapport à 2024. La progression n’est plus linéaire.
Planque parti, Roig arrive
Le 9 février 2026, Giovanni Mpetshi Perricard annonce sur ses réseaux sociaux la fin de sa collaboration avec Emmanuel Planque, son entraîneur depuis quatre ans. « Manu, merci pour le travail accompli et l’engagement total qui m’ont permis de grandir, non seulement en tant que joueur de tennis, mais aussi en tant que personne », a-t-il déclaré.
Le calendrier de cette rupture coïncide avec une série de cinq défaites consécutives au premier tour : Open d’Australie, Qatar, Rotterdam, Montpellier, Indian Wells. Son classement est retombé au 53e rang mondial, 24 places de moins que son pic de février 2025. Les gains de la saison 2026 s’élèvent, à mi-parcours, à 292 978 dollars.
Depuis début mars 2026 à Indian Wells, il travaille avec Francisco Roig, ancien coach de Rafael Nadal de 2005 à 2022, qui a également encadré Matteo Berrettini et Emma Raducanu. « Il est très rigoureux sur la technique, les appuis, le mouvement, les déplacements. Il a beaucoup d’expérience et c’est ce que je recherchais », a déclaré Mpetshi Perricard.