Combien gagne Achraf Hakimi ?

07/07/2026

Né à Madrid, international marocain, Achraf Hakimi est devenu l’un des défenseurs les mieux payés au monde, entre salaire XXL au PSG et revenus d’image.

Dans le couloir menant au vestiaire du Parc des Princes, les murs vibrent encore des chants qui ont accompagné la dernière campagne européenne du Paris Saint-Germain. Sur un banc, un maillot numéro 2 sèche sous la lumière blanche, pendant qu’Achraf Hakimi traverse la zone mixte, téléphone à la main, entre messages privés et alertes de mercato. Depuis plusieurs semaines, son nom circule à nouveau entre Paris et Madrid, alors même que son statut salarial au PSG le place déjà dans la catégorie rare des défenseurs payés comme des vedettes offensives.

Un latéral dans le haut du marché

Achraf Hakimi a signé au PSG en juillet 2021 pour un contrat de cinq ans, soit jusqu’en juin 2026. Depuis, sa situation contractuelle a évolué, avec une prolongation désormais annoncée jusqu’en 2029. La progression est nette aussi sur le plan financier : les estimations les plus récentes situent son salaire annuel dans une zone comprise entre 13 millions d’euros et 14,5 millions d’euros, ce qui le place parmi les plus gros revenus de Ligue 1 et parmi les défenseurs les mieux rémunérés en Europe.

Il faut distinguer cette situation actuelle de son premier contrat parisien. À son arrivée, sa rémunération était estimée autour de 8 millions d’euros nets par an, avec environ 2 millions d’euros de bonus. Le changement d’échelle est donc manifeste. En quelques saisons, Hakimi est passé du rang de recrue haut de gamme à celui de joueur majeur, installé dans la partie supérieure de la grille salariale du club.

Les revenus ne s’arrêtent pas au salaire fixe. Primes, droits à l’image, partenariats commerciaux et exploitation de sa présence sur les réseaux sociaux portent ses revenus annuels documentés à plus de 20 millions d’euros. Certaines estimations vont même jusqu’à 25 millions d’euros ou 30 millions d’euros par saison lorsque l’on y ajoute les accords dont les montants ne sont pas publics. Il faut manier ces chiffres avec prudence, mais l’ordre de grandeur dit une chose simple : Hakimi ne fait plus partie des joueurs bien payés, il fait partie des joueurs qui comptent économiquement.

Madrid, les débuts et les premiers écarts

Achraf Hakimi est né le 4 novembre 1998 à Madrid, dans une famille marocaine installée en Espagne. Il rejoint très jeune le centre de formation du Real Madrid, La Fábrica, où il grandit dans un environnement de compétition permanente. Ses débuts en équipe première interviennent en 2017, dans l’effectif dirigé alors par Zinedine Zidane.

À ce moment-là, rien ne ressemble encore à la puissance financière du joueur actuel. Ses premiers contrats correspondent au statut d’un jeune professionnel en phase d’apprentissage. Le saut social existe déjà, mais il reste sans rapport avec les niveaux atteints plus tard à l’Inter puis au PSG.

Sur le plan international, son choix du Maroc intervient tôt. Formé en Espagne, né à Madrid, il décide pourtant de porter le maillot marocain. Ce choix donne très vite une autre dimension à son exposition : Hakimi n’est plus seulement un produit du Real Madrid, il devient aussi l’un des visages d’une sélection nationale suivie avec passion au Maroc et dans toute la diaspora.

Dortmund, le moment de bascule

Le véritable changement de dimension arrive avec le prêt au Borussia Dortmund, entre 2018 et 2020. En Allemagne, Hakimi enchaîne les matches, multiplie les courses, marque, passe, déborde, et s’installe comme l’un des latéraux les plus spectaculaires de sa génération. Le Borussia lui offre ce que le Real ne peut pas encore lui garantir : du temps de jeu, de la continuité et une exposition européenne très forte.

C’est là que sa valeur marchande s’envole. En deux saisons, il cesse d’être un espoir prometteur pour devenir un titulaire désiré par les grands clubs. Son niveau de salaire progresse en parallèle. Le prêt agit comme un accélérateur de carrière, et donc comme un accélérateur de revenus.

Le plus important, dans cette phase, n’est pas seulement le nombre de matches ou les statistiques. C’est le changement de regard. Hakimi n’est plus observé comme un jeune à développer, mais comme un joueur déjà prêt pour le très haut niveau. Cette différence change tout dans une négociation de transfert.

L’étape milanaise

En 2020, l’Inter Milan le recrute définitivement. Antonio Conte en fait l’un des éléments centraux de son système à pistons. La fonction lui convient parfaitement : courir, attaquer l’espace, peser sur les deux surfaces. Durant la saison 2020-2021, Hakimi participe activement au titre de champion d’Italie remporté par l’Inter.

Sur le plan salarial, il entre alors dans une nouvelle catégorie, avec des revenus estimés autour de 4 millions d’euros à 5 millions d’euros nets par an. Ce niveau le place déjà parmi les joueurs importants d’un grand club européen. La marche est encore loin des standards parisiens, mais elle marque une rupture claire avec la phase de formation et le passage à Dortmund.

Cette étape italienne compte énormément dans son récit financier. Elle lui offre un titre majeur dans un championnat de premier rang et lui donne l’épaisseur sportive qui permet ensuite au PSG de justifier un investissement très élevé. Milan agit comme une validation : Hakimi n’est plus un pari, c’est une certitude.

Paris, le contrat qui change de catégorie

Le transfert au PSG est officialisé à l’été 2021, pour un montant estimé autour de 60 millions d’euros, hors bonus. Pour un latéral droit, le chiffre est déjà un signal. Paris ne recrute pas seulement un joueur de couloir ; le club achète un titulaire de niveau international, en pleine ascension, capable d’ajouter de la vitesse et de la percussion à son animation offensive.

Son premier contrat parisien le propulse immédiatement parmi les joueurs les mieux payés du championnat. Le PSG lui offre un statut, un cadre de visibilité mondiale et une place dans un effectif construit pour jouer très haut en Ligue des champions. Dans ce dispositif, Hakimi n’est pas un simple complément : il devient l’un des leviers du jeu.

La Coupe du monde 2022 change encore sa dimension. Avec le Maroc, il atteint les demi-finales au Qatar, une première historique pour une sélection africaine. À partir de là, sa notoriété dépasse le seul cadre des amateurs de Ligue 1 ou des suiveurs du PSG. Son nom devient familier à un public beaucoup plus large, au Maroc, en Europe, au Moyen-Orient et au-delà.

Des chiffres récents plus précis

Sur la saison 2025-2026, ses statistiques confirment qu’il reste un joueur décisif. Il compte 30 matches, 3 buts et 9 passes décisives toutes compétitions confondues. En Ligue des champions, il totalise 12 matches et 1 but. Pour un défenseur, ces chiffres restent élevés.

Ils permettent surtout de comprendre pourquoi sa valeur reste stable à un niveau très haut. Hakimi n’est pas payé sur la seule base de sa réputation passée. Il continue d’apporter du volume, des courses, des différences et des actions décisives. Le marché ne rémunère pas seulement son nom ; il rémunère une production régulière.

La revalorisation

Depuis 2024, sa situation contractuelle a changé de dimension. Sa prolongation jusqu’en 2029 s’est accompagnée d’une revalorisation très importante. Les estimations les plus souvent reprises situent désormais son salaire annuel dans une fourchette comprise entre 13 millions d’euros et 14,5 millions d’euros, selon que l’on raisonne en brut, en net, avec ou sans certains bonus.

Pour un article destiné au grand public, l’essentiel est moins dans le détail comptable que dans la hiérarchie. Hakimi se situe désormais dans la zone des joueurs majeurs du PSG. Il a quitté depuis longtemps la catégorie des très bons salaires pour entrer dans celle des contrats qui pèsent dans la stratégie globale d’un club.

C’est aussi ce qui nourrit les spéculations autour d’un retour possible au Real Madrid. Un tel mouvement ne dépendrait pas seulement d’une volonté sportive ou affective. Il poserait immédiatement une question de capacité financière : quel club peut aujourd’hui aligner le niveau de rémunération qu’il touche à Paris, en plus d’une indemnité de transfert élevée ?

L’argent hors salaire

Une part importante de ses revenus se construit hors du terrain. Hakimi a développé une véritable économie parallèle autour de son image. Contrats publicitaires, campagnes avec des marques internationales, activité sur les réseaux sociaux et partenariats d’équipementier élargissent fortement ses revenus.

Son audience numérique joue ici un rôle central. Avec plusieurs dizaines de millions d’abonnés, il dispose d’une surface d’exposition que peu de défenseurs dans le monde peuvent revendiquer. Cette puissance médiatique a une traduction directe : elle augmente sa valeur pour les annonceurs.

Dans le football contemporain, cette dimension compte presque autant que la performance pure. Un joueur comme Hakimi est à la fois un titulaire de haut niveau, un visage public et un produit d’image global. C’est ce mélange qui explique qu’il puisse cumuler un salaire de star et des revenus commerciaux dignes des têtes d’affiche du jeu.

Une figure entre deux espaces

Le joueur né à Madrid et international marocain occupe une place singulière dans le football européen. Sa trajectoire relie plusieurs mondes : la formation espagnole, l’éclosion allemande, la validation italienne et la puissance financière parisienne. Peu de carrières racontent aussi clairement la mondialisation du football haut de gamme.

Son parcours social reste au cœur de son image publique. Fils d’immigrés marocains, grandi en Espagne, formé dans l’un des clubs les plus prestigieux du monde, Hakimi appartient à cette génération de joueurs dont les parcours traversent les frontières tout en gardant un fort ancrage identitaire. Le public ne retient pas seulement ses courses ou ses passes : il retient aussi cette histoire de mobilité, de réussite et de double appartenance.

C’est l’une des raisons pour lesquelles chaque nouveau contrat, chaque rumeur de transfert, chaque revalorisation salariale suscite autant d’attention. Les chiffres racontent ici plus qu’un compte en banque. Ils racontent la place prise par un joueur dans le football mondial.

Ce qu’il dit, et ce que disent surtout les autres

Hakimi parle plus facilement de football que d’argent. Dans ses déclarations publiques, il insiste surtout sur le collectif, l’effort et l’équilibre de l’équipe. Il décrit un jeu où tout le monde défend et tout le monde attaque. Son discours reste très centré sur le terrain.

Les chiffres, eux, viennent surtout des observateurs, des bases de données, des estimations économiques et des récits médiatiques qui accompagnent les carrières de très haut niveau. C’est ce décalage qui rend son cas intéressant. D’un côté, un joueur qui parle peu de ses revenus. De l’autre, une économie entière qui se met à parler à sa place.

Les rumeurs de retour au Real Madrid s’inscrivent dans cette logique. Elles disent autant le poids sentimental de son histoire madrilène que la valeur atteinte aujourd’hui par son profil. Revenir là où tout a commencé constituerait une boucle narrative évidente. Mais dans le football contemporain, les boucles ont un prix. Et celui d’Achraf Hakimi est désormais l’un des plus élevés au monde pour un joueur de son poste.

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Théo Larnaudie est un journaliste spécialisé dans le football. Après avoir travaillé au sein de plusieurs médias européens, il a rejoint Sport Live en tant que chef de la rubrique football.

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