Combien gagne Pau Cubarsí ?

17/06/2026

Salaire, primes, clause à 500 M€ : Pau Cubarsí est devenu en deux ans l’un des actifs les plus protégés du Barça. Voici comment ses revenus ont explosé.

À Bescanó, l’atelier familial continue de tourner pendant que les écrans du Camp Nou annoncent des montants à neuf chiffres. Entre ces deux mondes, un défenseur de 19 ans apprend à vivre avec un contrat qui le place déjà parmi les jeunes joueurs les plus protégés d’Europe. Chez Pau Cubarsí, les revenus ne racontent pas seulement une réussite sportive : ils mesurent la vitesse à laquelle le Barça a décidé de miser sur lui.

Le stylo tremble légèrement dans sa main droite. Autour de la table, sous les panneaux en bois verni du siège du FC Barcelone, les flashs des photographes claquent depuis plusieurs minutes. Sur l’écran géant au fond de la salle, un chiffre s’affiche en lettres blanches : « 500 000 000 € ». Lui baisse les yeux vers le contrat posé devant lui. À dix-neuf ans, Pau Cubarsí signe pour quatre saisons supplémentaires, jusqu’en 2029. Son père, menuisier à Bescanó, observe la scène à quelques mètres, les mains jointes, comme s’il venait d’assister à un examen réussi.

Un statut verrouillé en deux saisons

Le 8 mai 2024, le FC Barcelone annonce une première prolongation de Pau Cubarsí jusqu’en 2027, avec une clause libératoire de 500 millions d’euros, après seulement quelques mois en équipe première. Le 12 février 2025, le club catalan officialise un nouveau contrat, cette fois jusqu’au 30 juin 2029, en rappelant que le défenseur a déjà disputé une soixantaine de matches avec l’équipe professionnelle à 18 ans. Ces deux signatures successives, en moins d’un an, prolongent un premier contrat professionnel conclu en 2023 après son passage par les équipes de jeunes et le Barça Atlètic.

Entre janvier 2024 et la fin de la saison 2023-2024, Cubarsí dispute une vingtaine de rencontres avec l’équipe première, dont 17 titularisations, avec un taux de passes réussies supérieur à 90%. Le 18 janvier 2024, il débute en Coupe du Roi contre Unionistas de Salamanca, puis enchaîne en Liga et en Ligue des champions dans les semaines suivantes. Dans la même période, il découvre aussi la sélection espagnole A après des passages chez les jeunes.

La première prolongation jusqu’en 2027 intervient alors qu’il est encore mineur, quelques semaines avant ses 18 ans. En février 2025, la nouvelle extension jusqu’en 2029 est annoncée dans un club encore marqué par plusieurs saisons de tensions financières. La direction rappelle alors la vitesse avec laquelle il a atteint la barre des 60 apparitions, un volume rarement observé à cet âge dans un club de cette dimension.

D’un atelier de menuiserie à La Masia

Pau Cubarsí naît le 22 janvier 2007 à Bescanó, dans la province de Gérone, où son père, Robert Cubarsí, dirige un atelier de menuiserie lié à l’histoire familiale. Ses premières licences sont enregistrées à Girona FC, où il joue en défense centrale dans les catégories de jeunes jusqu’en 2018. À l’été 2018, le FC Barcelone le recrute pour intégrer La Masia.

Pendant ces années de formation, ses revenus proviennent de bourses et d’indemnités liées à son parcours de jeune joueur, sans salaire professionnel à proprement parler. Le revenu principal du foyer reste alors celui de l’atelier de Bescanó, dans un univers très éloigné de l’économie des grands clubs européens. Ses premières apparitions en Youth League attirent l’attention, mais ne modifient pas encore l’équilibre matériel de la famille.

Entre 2022 et 2023, Cubarsí franchit un palier en rejoignant le Barça Atlètic et en s’entraînant plus régulièrement avec le groupe professionnel. Ce changement améliore sa rémunération de jeune joueur, mais reste très inférieur aux salaires de l’équipe première. C’est à ce moment que son entourage commence à discuter d’un premier contrat professionnel avec la direction sportive.

Le premier gros salaire à 17 ans

En 2023, la signature de son premier contrat professionnel avec le FC Barcelone transforme ses revenus. Pour la saison 2025-2026, son salaire est estimé à 333 000 euros bruts par mois, soit 4 millions d’euros bruts annuels. Rapporté à la semaine, cela représente un peu plus de 76 000 euros bruts.

Ce montant place Cubarsí parmi les jeunes joueurs très bien rémunérés du vestiaire, sans atteindre les niveaux des grandes têtes d’affiche offensives du club. Cette enveloppe fixe ne comprend pas les primes de match ni les bonus liés aux qualifications européennes ou aux titres nationaux. Au moment de la prolongation jusqu’en 2029, le cadre financier correspond à un total d’environ 20 millions d’euros bruts sur cinq ans, soit une moyenne de 4 millions d’euros bruts par saison.

Cette progression salariale intervient alors qu’il prépare encore la Selectividad, l’examen d’accès à l’université en Espagne, et qu’il vit sa première année complète comme titulaire régulier. À ce stade, il compte déjà plusieurs passes décisives en équipe première. Le signal est clair : à 18 ans, son poids sportif et son revenu fixe avancent déjà au même rythme.

Une valeur de transfert déjà à neuf chiffres

Sur le marché des transferts, plusieurs estimations situent désormais la valeur de Pau Cubarsí au-delà des 100 millions d’euros, alors qu’il n’a pas encore 20 ans. Certaines évaluations le placent autour de 134 millions d’euros, d’autres dans une fourchette comprise entre 80 et 150 millions d’euros selon la durée restante de son contrat et l’état du marché.

Cette valeur théorique doit être distinguée de la clause libératoire de 500 millions d’euros inscrite dans sa prolongation de 2024. Avant cette signature, des hypothèses ont circulé autour d’une clause pouvant grimper jusqu’à 1 milliard d’euros, mais ce niveau n’a jamais été officialisé. Le chiffre confirmé reste 500 millions d’euros.

En pratique, un club intéressé doit donc négocier avec Barcelone, car très peu d’équipes peuvent assumer un tel niveau de protection contractuelle. Cubarsí réunit aujourd’hui les qualités les plus recherchées pour un défenseur central moderne : il est droitier, mesure 1,84 mètre, relance proprement sous pression et a déjà connu la Ligue des champions ainsi que la sélection nationale. À ce jour, aucune offre supérieure à 100 millions d’euros n’a été rendue publique.

Ce que rapporte vraiment une saison

En additionnant salaire fixe et variables, les revenus sportifs de Cubarsí dépassent probablement les 4 millions d’euros bruts annuels. Les contrats des joueurs du FC Barcelone comportent habituellement des primes pour le temps de jeu, des bonus liés à la qualification en Ligue des champions et des primes collectives en cas de titre national.

Sur la période récente, le club catalan a remporté plusieurs trophées nationaux, ce qui entraîne des versements complémentaires au groupe professionnel. Pour un titulaire régulier situé dans la tranche des 4 millions d’euros bruts annuels, ces primes peuvent représenter plusieurs centaines de milliers d’euros supplémentaires par saison. Sur les années les plus favorables, le total salaire plus primes peut donc se situer, de manière plausible, entre 4,5 et 6 millions d’euros bruts.

Certains sites avancent des montants beaucoup plus élevés, allant jusqu’à plus de 18 millions de dollars de revenus annuels. Ces chiffres ne reposent pas sur des bases solides et ne concordent pas avec les estimations les plus sérieuses. Pour comprendre ce que Cubarsí gagne réellement aujourd’hui, la base la plus prudente reste donc celle d’un salaire fixe d’environ 4 millions d’euros bruts par an, auquel s’ajoutent des primes variables.

Les marques à l’affût

Sur le terrain du marketing, Pau Cubarsí profite de la puissance mondiale du FC Barcelone et du renouvellement du grand partenariat du club avec Nike. Ce type de contrat global augmente mécaniquement la visibilité internationale des joueurs de l’effectif. Dans le même temps, plusieurs cadres du vestiaire, dont Cubarsí, sont présentés comme liés individuellement à Adidas pour leur équipement personnel.

Cette configuration place le jeune défenseur dans une zone d’intérêt commercial réelle, même si les montants exacts de ses contrats d’image ne sont pas publics. Des contenus biographiques et des agrégateurs évoquent des apparitions dans des campagnes liées aux chaussures de football, aux jeux vidéo sportifs et à des produits dérivés. Dans ces conditions, une fourchette indicative de 1 à 3 millions d’euros annuels de revenus publicitaires peut être avancée avec prudence, comme ordre de grandeur et non comme chiffre certifié.

Ces revenus restent inférieurs à ceux des attaquants les plus exposés du club, davantage sollicités pour des campagnes mondiales. Ils s’ajoutent toutefois à une base salariale déjà très élevée pour un joueur de son âge.

Une fortune encore en construction

Les estimations de patrimoine de Pau Cubarsí varient fortement selon les sources ouvertes. Certaines évaluations anciennes le situent entre 0,5 et 1 million de dollars, d’autres autour de 2 millions de dollars, tandis que les plus récentes montent jusqu’à une fourchette de 5 à 8 millions d’euros. Ces calculs additionnent salaires, primes et contrats publicitaires, sans accès à ses comptes ni à ses investissements réels.

En tenant compte des données salariales disponibles, mais aussi des impôts, commissions et charges diverses, une estimation prudente conduit plutôt à parler aujourd’hui d’un patrimoine net de quelques millions d’euros, probablement entre 2 et 5 millions d’euros. Ce niveau reste considérable à 19 ans, mais il demeure très éloigné des patrimoines accumulés par les cadres plus âgés du football européen.

Plusieurs portraits indiquent qu’il a déjà commencé à s’installer seul, à gérer ses revenus et à s’entourer de conseils financiers. Dans ces mêmes récits, son entourage rappelle que l’atelier de menuiserie familial continue de fonctionner à Bescanó, avec des contraintes économiques qui n’ont rien de commun avec celles du football de très haut niveau. Ce contraste éclaire le décalage entre son origine sociale et ses revenus actuels.

La famille en boussole

Interrogé début juin 2026, Pau Cubarsí explique se sentir « très observé » depuis son arrivée chez les professionnels, mais affirme ne s’être « jamais senti inhibé » par cette exposition. Dans le même entretien, il décrit la sélection espagnole comme « une grande famille », en insistant sur le poids du collectif dans la gestion de la pression. Ses déclarations restent sobres, alors que sa valeur marchande et ses salaires nourrissent déjà de nombreux commentaires.

Dans les contenus consacrés au joueur, il cite régulièrement Carles Puyol et Gerard Piqué comme références de jeu et de comportement. Le club met en avant sa relance, sa lecture du jeu et son calme sous pression. Ce discours public accompagne la montée de son statut salarial et contractuel, sans jamais faire de l’argent son sujet central de communication.

Dans plusieurs portraits biographiques récents, Cubarsí évoque aussi son permis de conduire, son installation dans son propre appartement et la poursuite de ses études comme des étapes importantes de sa vie quotidienne. Pour le grand public, c’est sans doute là que la trajectoire devient la plus lisible : un adolescent gère simultanément des examens, une carrière de titulaire au Barça et des revenus de plusieurs millions d’euros.

Le laboratoire économique du nouveau Barça

La trajectoire contractuelle de Pau Cubarsí s’inscrit dans une série de prolongations de jeunes joueurs formés au club, engagée par le FC Barcelone depuis plusieurs saisons. Pedri, Gavi ou Lamine Yamal ont eux aussi signé des accords de long terme, parfois associés à des clauses très élevées. La logique est simple : réduire le recours à des transferts coûteux et sécuriser tôt les talents issus de la formation.

Le cas de Cubarsí présente toutefois une singularité nette : il s’agit d’un défenseur central, poste longtemps moins rémunéré que ceux de meneur de jeu ou d’attaquant. En lui garantissant un contrat jusqu’en 2029 et un salaire annuel de 4 millions d’euros bruts, Barcelone acte la montée de la valeur des centraux capables de jouer haut, de relancer vite et d’assumer une exposition européenne précoce. Ce marché attire directement les clubs les plus riches du continent.

À moyen terme, cette revalorisation pèse sur la masse salariale d’un club qui reste surveillé sur le plan économique. Chaque hausse accordée à un joueur majeur de la nouvelle génération sert aussi de point d’appui aux négociations futures avec les autres talents du vestiaire. Certains médias spécialisés avancent qu’une future renégociation pourrait, à terme, rapprocher Cubarsí d’une fourchette de 8 à 12 millions d’euros nets par an, mais aucun document contractuel public ne l’atteste aujourd’hui.

Au moment de quitter le siège du club après sa signature jusqu’en 2029, Pau Cubarsí rejoint le parking souterrain, téléphone à la main, sous les objectifs des photographes. Dans plusieurs récits consacrés à son entourage, revient la même idée : à Bescanó, le père continue de parler de l’atelier, du travail et du lendemain. Au-dessus de la scène, sur les écrans du club, demeure pourtant ce chiffre qui suffit à raconter le saut d’échelle : 500 millions d’euros.

Image placeholder

Théo Larnaudie est un journaliste spécialisé dans le football. Après avoir travaillé au sein de plusieurs médias européens, il a rejoint Sport Live en tant que chef de la rubrique football.

Laisser un commentaire