Rafa Jódar, 19 ans et cinq mois pro, affronte Zverev en quarts à Roland-Garros. Un parcours fulgurant porté par un duo père-fils hors normes.
En cinq mois de carrière professionnelle, Rafael Jódar s’est hissé dans le dernier carré de Roland-Garros. Pour sa première participation au tournoi, le joueur espagnol dispute ce mardi un quart de finale contre Alexander Zverev sur le Philippe-Chatrier. Une trajectoire qui rappelle, par bien des aspects, les premières heures du règne de Rafael Nadal sur la terre battue parisienne.
Père et fils, une équipe dans la tradition Nadal
Quand Nadal remportait sa première Coupe des Mousquetaires, son encadrement technique se résumait à une seule personne : son oncle Toni. Cette configuration minimaliste, presque familiale dans son essence, se retrouve aujourd’hui dans le clan Jódar. Le père accompagne le fils depuis les premiers tours et tous deux ont traversé ensemble les huitièmes, les quarts, et maintenant ce défi face au numéro un mondial. Sur le banc, un seul visage s’ajoute à celui du père : Nacho Buendía, le médecin de la Fédération espagnole de tennis déplacé à Paris.
Cette sobriété de l’équipe n’est pas une contrainte mais un choix assumé. Les résultats parlent d’eux-mêmes.
Du garage au court de légende
Rafa Jódar n’a pas grandi berceau tendu vers les grandes salles du circuit ATP. C’est dans le garage familial qu’il a découvert la balle et la raquette. Quelques années plus tard, il s’essayait sur un terrain de padel avant de franchir les portes du Club de Tenis Chamartín à six ans. « À six ans je me suis inscrit au Chamartín, et j’y suis resté jusqu’à aujourd’hui », rappelle-t-il. « J’ai toujours aimé la compétition, j’aime gagner, j’ai ce gène-là. »
C’est dans l’ombre de ces courts madrilènes, loin des projecteurs, que s’est construite la mécanique d’un futur professionnel. Le premier signal fort est arrivé lors du championnat d’Espagne juniors. « Ce résultat m’a motivé à continuer à travailler », dit-il simplement.
Cinq mois, un titre, et une série de quarts de finale
La suite est allée vite, très vite. En à peine cinq mois sur le circuit, Jódar a décroché son premier titre ATP sur la terre de Marrakech, atteint les demi-finales du Godó, puis les quarts de finale à Madrid, à Rome et maintenant à Roland-Garros. Le tout sans fracas, sans effet d’annonce, avec la régularité d’un joueur qui sait exactement pourquoi il est là.
Roland-Garros occupait une place particulière dans ses ambitions depuis l’enfance. « C’est tellement spécial », résume-t-il, sans chercher de formule plus élaborée.
Paris, les rituels et l’empreinte de Nadal
Pour son premier Roland-Garros, Jódar a choisi de vivre le tournoi en dehors du bruit. Il s’est entraîné sur des courts annexes, principalement au Jean-Bouin, et la veille de ce quart de finale, c’est sur le court 21, le plus reculé du complexe, qu’il a préparé sa rencontre. « Je me considère superstitieux », confesse le joueur, qui a veillé à protéger ses routines depuis son arrivée dans la capitale française.
Sur le Philippe-Chatrier, là où il affronte Zverev, Jódar verra pour la première fois en direct l’empreinte de Nadal, son idole d’enfance, immortalisée dans la terre. Le symbole n’échappe à personne. Paris semble avoir adopté le nouveau Rafa.