Vinicius a converti deux penaltys au Bernabéu avec la technique de Jorginho : un saut dans l’élan, une lecture du gardien, deux buts.
inicius a converti deux penaltys samedi soir au Santiago Bernabéu face à la Real Sociedad (4-1) en utilisant une nouvelle technique d’exécution. Le Brésilien a réussi ses deux tentatives avec le même geste : un léger saut dans son élan, les deux pieds quittant brièvement le sol, les yeux fixés sur Remiro jusqu’au dernier instant.
Aramburu récidive face au Brésilien
Le latéral vénézuélien Jon Aramburu a concédé son troisième penalty contre Vinicius en Liga. Après une première faute à Anoeta la saison passée lors de la victoire madrilène 0-2, le défenseur de la Real Sociedad est retombé dans le piège tendu par l’attaquant brésilien à deux reprises dans la même soirée.
Un bilan mitigé depuis le départ de Benzema
Vinicius n’était pas considéré comme un spécialiste des penaltys. Depuis le départ de Karim Benzema, il a assumé ce rôle sans véritable conviction. La saison passée, il a manqué deux de ses six tentatives. Cette saison, son bilan affichait un but et un échec avant ce match. Mbappé s’est imposé comme le tireur attitré avec 12 réussites sur 15 tentatives, sur les 17 penaltis obtenus par l’équipe. En l’absence du Français, Vinicius a décidé de perfectionner son approche.
La méthode Jorginho appliquée avec succès
Le Brésilien a emprunté la technique de Jorge Luiz Frello Filho, dit Jorginho. Le milieu de terrain italo-brésilien déstabilise les gardiens depuis des années avec ce mécanisme : un petit saut durant la course d’élan, un instant où les deux pieds quittent le sol, le temps nécessaire pour observer la chute du gardien et ajuster le tir dans la direction opposée. Cette feinte reste parfaitement légale selon les règlements. Face à Remiro, l’application a fonctionné deux fois. Le portier basque n’a deviné le bon côté que lors du second penalty, mais Vinicius a placé son tir avec précision.
Une tradition brésilienne de Didí à Neymar
Cette technique n’a pas été inventée par Jorginho. Ses origines remontent au football brésilien. Didí, élégant milieu de terrain champion du monde en 1958 et 1962, a été le premier à jouer sur le timing des gardiens depuis le point de penalty. Pelé a reconnu lui avoir emprunté l’idée et l’a baptisée « paradinha », qu’il a popularisée lors de la Coupe du monde 1970. La FIFA a alterné entre interdiction et autorisation de cette pratique. Neymar l’a poussée à ses limites en 2010, jusqu’à ce que l’IFAB établisse une règle claire : s’arrêter complètement au moment de frapper reste illégal, mais modifier son rythme durant la course d’élan demeure autorisé. Jorginho, qui a grandi au Brésil avant de rejoindre l’Europe, a assimilé cet héritage pour en faire sa marque de fabrique. Vinicius s’en est emparé pour résoudre ses difficultés dans cet exercice.
Un hommage au maître et des statistiques éloquentes
Après la rencontre, Vinicius a publié sur Instagram une photo d’un de ses tirs au but en identifiant Jorginho, aujourd’hui joueur de Flamengo. Un clin d’œil de l’élève au professeur. Les chiffres confirment l’importance du Brésilien dans cet exercice : non seulement il transforme les penaltis, mais il en provoque également plus que la quasi-totalité de ses concurrents. Avec les deux obtenus samedi, il totalise 14 penaltis obtenus depuis ses débuts en Liga, deuxième meilleur total derrière Budimir (15), loin devant Borja Iglesias, Fekir et Kike García. Ces statistiques s’ajoutent à ses 200 contributions directes au but sous le maillot du Real Madrid.