Le championnat reprend le 5 septembre, et cette fois la question n’est pas de savoir qui va gagner. C’est de savoir si quelqu’un peut empêcher Toulouse de décrocher un cinquième titre d’affilée. Ajoutez un promu, un survivant increvable et un capitaine enfin remis d’aplomb, et la saison a déjà une forme avant le moindre coup d’envoi.
La série toulousaine que personne n’arrête
Toulouse a battu Montpellier 28-20 en juin pour décrocher un quatrième Bouclier de Brennus consécutif, et le club n’a plus perdu une finale de Top 14 depuis 2006. Huit finales, huit victoires, sur deux décennies. Ce n’est pas une bonne série. C’est un autre sport joué sur la même pelouse que tout le monde. Les supporters à l’étranger l’ont remarqué eux aussi, et le public s’éloigne un peu plus de Toulouse chaque saison. Beaucoup regardent désormais le dimanche soir avec deux écrans: le match sur l’un, les coefficients de la journée sur casino en ligne RDC, qui héberge une rubrique paris sportifs juste à côté des tables de jeu. Le rugby se regarde à deux mains, maintenant.
L’équipe d’Ugo Mola a bouclé la régulière avec 86 points, la meilleure attaque du championnat, et un effectif assez profond pour encaisser des blessures qui couleraient d’autres clubs. Antoine Dupont a porté le brassard en finale, quelques saisons après une grave blessure au genou qui l’avait tenu éloigné des terrains pendant des mois. Affûté, oui. Reste à savoir s’il tient ce rythme sur 26 journées. C’est ça, la vraie histoire, pas le nombre de trophées.
Les portes de l’ascenseur : qui monte, qui descend
Chaque été, une porte s’ouvre et une autre se ferme. Montauban a fini dernier et est reparti directement en Pro D2, sans barrage, sans seconde chance. Perpignan a évité le même sort de justesse, en s’imposant 47-24 face à Provence Rugby dans un match resté serré jusqu’en seconde période. Troisième fois en quatre saisons que les Catalans doivent batailler pour rester en vie. Personne là-bas ne s’y habitue.
- Vannes retrouve le Top 14 après avoir remporté la finale de Pro D2 face à Provence Rugby, tout juste un an après sa relégation.
- Perpignan se maintient via les barrages pour la troisième fois depuis 2022.
- Montauban redescend en Pro D2 après une seule saison passée dans l’élite.
Le retour immédiat de Vannes est le sous-scénario le plus intéressant. Une équipe reléguée avec 76 essais marqués et une défense qui a pris l’eau n’est pas la candidate évidente pour tenir à ce niveau. À voir à quelle vitesse elle s’adapte.
Stades pleins, audiences en hausse
Voici le chiffre qui a surpris jusqu’aux gens de l’intérieur du championnat. L’affluence moyenne a atteint 16 256 spectateurs par match la saison dernière, un record pour la quatrième année consécutive. Soit une hausse d’environ dix pour cent sur trois saisons, un peu plus selon la source consultée. Le total dépasse les 2,9 millions de spectateurs sur l’ensemble de la campagne, davantage que ce qu’a rassemblé la Ligue 2 de football.
| Indicateur | 2022-23 | 2025-26 |
| Affluence moyenne | 14 841 | 16 256 |
| Total spectateurs | 2 701 031 | 2 958 592 |
| Audience TV dominicale | Plus basse | En hausse d’environ 15% sur un an |
Les audiences du dimanche soir sur CANAL+ ont grimpé elles aussi. Logique: plus de monde dans les stades, plus de monde devant l’écran. La ligue a construit son calendrier autour de ce créneau plutôt que de le contourner.
Ce qui va vraiment décider du titre
Toulouse démarre favori, sans surprise. Mais Montpellier a atteint sa première finale depuis 2011 et a conservé l’essentiel de son groupe. La Rochelle et Bordeaux-Bègles ont tous les deux le potentiel offensif pour poser des problèmes à n’importe qui sur une journée donnée, même si aucun des deux n’a montré assez de régularité sur 26 journées la saison passée.
Quelques points à surveiller une fois la saison lancée :
- La capacité de Toulouse à faire tourner Dupont assez pour le garder frais jusqu’à un cinquième sacre d’affilée.
- La capacité du noyau montpelliérain à assumer le rôle de vrai prétendant plutôt que de simple outsider surprise.
- L’adaptation de Vannes à la dureté physique du Top 14 après une seule saison passée loin de l’élite.
- Le moment où l’instinct de survie de Perpignan finira par s’épuiser.
Rien de tout cela ne garantit du spectacle. Bien des saisons de Top 14 tournent en rond dès janvier. Mais entre une dynastie qui vise un chiffre que personne n’a atteint, un promu avec quelque chose à prouver et des tribunes plus pleines chaque année, celle-ci a plus de fils à tirer que la plupart.
Coup d’envoi le 5 septembre.