Sans match d’ici fin mars, Chevalier ne jouera pas la Coupe du monde

22/02/2026

Lucas Chevalier, gardien du PSG, n’a pas joué depuis un mois. Sixième fois consécutive sur le banc, sa place en équipe de France et au Mondial 2026 est menacée.

Sixième match consécutif sur le banc. Samedi soir face à Metz (3-0), Lucas Chevalier a une nouvelle fois regardé jouer le PSG depuis les tribunes, emmitouflé dans sa veste, sans qu’aucune opportunité ne lui soit accordée malgré la rotation opérée dans le onze parisien. En 2026, le gardien de 24 ans n’a débuté que six matches sur douze. Et depuis un mois, il n’a pas joué une seule minute.

Le match contre Metz, révélateur d’un déclassement

La comparaison avec la saison précédente éclaire la nature du changement. L’an dernier, entre les deux affiches de play-off de Ligue des champions face à Brest, Luis Enrique avait accordé du temps de jeu à Matvei Safonov, alors doublure. Samedi, dans une configuration identique — un match de Ligue 1 entre deux rendez-vous européens contre Monaco — le technicien espagnol n’a pas reproduit le geste en faveur de Chevalier. Le message est sans ambiguïté : le Français n’est plus considéré comme un gardien en attente de sa chance, mais comme un remplaçant dont le statut s’est installé dans la durée.

Un calendrier qui ne laisse plus de place

D’ici la trêve internationale de fin mars, le PSG disputera sept matches en cas de qualification pour les huitièmes de finale de Ligue des champions. Les créneaux susceptibles d’être confiés à Chevalier se limitent aux matches de Ligue 1 encadrant les affiches européennes — soit, au mieux, un ou deux matches. Le temps presse. Le rassemblement des Bleus, ponctué de deux rencontres aux États-Unis face au Brésil (26 mars) et à la Colombie (29 mars), approche à grands pas.

Entre conviction personnelle et déni : le gardien face à lui-même

Chevalier ne s’exprime pas publiquement sur sa situation. En privé, il se montre confiant, assurant à son entourage qu’il parviendra à inverser la hiérarchie. Son cercle proche, composé notamment de copains d’enfance et d’anciens coéquipiers comme Benjamin André, assure qu’il « reste focus » sur sa préparation. Mais cette assurance tranche avec l’inquiétude que formule l’un de ses amis : « Je ne suis pas certain qu’il prenne la mesure de ce qui se passe. »

Le staff des Bleus surveille, et s’inquiète

Franck Raviot, entraîneur des gardiens de l’équipe de France, maintient le contact avec Chevalier via des échanges réguliers. Ses déplacements récents à Milan et à Lens ne sont pas anodins : le staff tricolore observe de près l’évolution de la situation du Nordiste. Si Didier Deschamps a par le passé conservé des gardiens à temps de jeu réduit — Alphonse Areola en est l’exemple le plus récent — la limite a cette fois été franchie. Le non-appel pour le rassemblement de mars constitue désormais une hypothèse réelle.

La Coupe du monde, un horizon qui s’éloigne

La question dépasse le prochain rassemblement. Peut-on raisonnablement sélectionner pour un tournoi intercontinental un gardien qui n’aura disputé qu’une poignée de matches en 2026 et traversé une crise de confiance manifeste ? Le staff des Bleus connaît le talent de Chevalier. Mais le talent ne suffit pas à justifier une sélection dans un contexte où la performance et la régularité sont les critères déterminants.

Safonov solide, Luis Enrique convaincu

Sur le banc adverse, Matvei Safonov continue de ne pas décevoir. Depuis sa titularisation comme numéro 1, le Russe n’a pas concédé de but directement imputable à une erreur de sa part. Difficile, objectivement, de plaider pour un retour de Chevalier sur la seule base des performances du Russe. Mais ce qui pèse davantage encore dans la décision de Luis Enrique, c’est la perception d’une fragilité émotionnelle chez l’ex-Lillois dans la gestion des grandes échéances. Une faille identifiée par le staff parisien, et contre laquelle Chevalier va devoir se battre s’il veut encore espérer renverser la hiérarchie au Parc des Princes — et retrouver le chemin de l’équipe de France avant l’été.

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Fan de basket depuis son plus jeune âge, Romain Dujardin a vécu dix ans aux États-Unis, où il a couvert la NBA en tant que pigiste pour des médias américains.

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