Salaires : qui est le joueur le mieux payé de Premier League en 2026 ?

19/03/2026

Qui gagne combien en Premier League cette saison ? Salaires, contrats, anomalies : le classement complet des 25 mieux payés.

En six ans, la masse salariale totale de la Premier League a bondi de 38%, franchissant le seuil des 4,8 milliards d’euros pour la seule saison 2023-24. Aucun autre championnat n’approche ces volumes : la Liga espagnole et la Bundesliga allemande restent distancées de plusieurs milliards, tandis que la Serie A italienne et la Ligue 1 française opèrent sur une autre planète financière. Cette domination repose sur deux piliers structurels : des droits télévisuels domestiques et internationaux sans équivalent, et une capacité commerciale — sponsoring, merchandising, tournées estivales — que les clubs anglais ont portée à un niveau industriel.

En 2025-2026, les 25 joueurs les mieux rémunérés du championnat sont tous concentrés dans cinq clubs : Manchester City, Liverpool, Arsenal, Manchester United et Chelsea. Cette concentration reflète la capacité de ces clubs à capter la majorité des revenus de diffusion bonifiés, à générer des recettes de jours de match hors normes et à attirer des partenaires commerciaux globaux. La saison en cours marque également un tournant réglementaire : les nouvelles Squad Cost Rules, votées en novembre 2025, dessinent pour la première fois un plafonnement progressif des dépenses sportives. Le cycle d’inflation débridée touche à sa fin programmée.

Top 10 des salaires : le tableau de référence

Salaires PL 2026
Max mensuel
Moyenne top 10
Joueurs affichés
25 joueurs


Qui dépense le plus ? Le classement des masses salariales

La hiérarchie salariale du championnat reproduit, avec une précision quasi mécanique, la hiérarchie sportive des dernières saisons.

Masse salariale par club
Premier League · Saison 2025-2026 · Taux : 1 £ = 1,1575 €
2025–26
Rg Club Masse sal. annuelle

Manchester City dépense chaque semaine 1,08 million d’euros de plus que son dauphin Arsenal. L’écart entre le premier et le vingtième est un rapport de 4,2. Brentford, dernier de ce classement salarial avec 64 millions d’euros annuels, maintient pourtant sa place dans l’élite grâce à un modèle de recrutement analytique rigoureux — preuve que la corrélation entre masse salariale et résultats n’est ni automatique ni linéaire. Manchester United en est l’illustration inverse : avec 187,9 millions d’euros de masse salariale, le club traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente.

Cinq des dix joueurs les mieux payés évoluent à Manchester City ou Liverpool. Le seuil d’entrée dans ce top 10 dépasse 306 000 euros par semaine. Ces chiffres excluent les bonus variables : pour certains joueurs, notamment Bukayo Saka, la réalité salariale globale s’en trouve significativement modifiée.

Haaland, Salah, Casemiro : trois salaires, trois vérités

Erling Haaland : 607 688 euros par semaine, un contrat jusqu’en 2034

Haaland est le joueur le mieux payé de Premier League avec une marge qui ne souffre aucune discussion : 144 688 euros hebdomadaires séparent le Norvégien de son dauphin Mohamed Salah. En janvier 2025, Manchester City a annoncé une prolongation de contrat de neuf ans et demi, liant le buteur au club jusqu’en juin 2034. La structure du contrat combine salaire de base, primes quasi-garanties, primes de fidélité et droits d’image pour un total estimé à 1,1 million d’euros par semaine. Sur la durée totale du bail, le montant global versé au joueur pourrait atteindre 500 millions d’euros. Le contrat ne prévoit pas de clause libératoire classique. En regard : 111 buts en 126 matchs depuis son arrivée en 2022. C’est l’un des rares cas où la valeur sportive produite justifie objectivement l’investissement consenti.

Mohamed Salah : la fidélité à Liverpool monnayée à 463 000 euros par semaine

L’Égyptien de 33 ans est le deuxième joueur le mieux payé du championnat avec 463 000 euros hebdomadaires, soit 24,1 millions d’euros par an. Sa prolongation de deux ans, officialisée en avril 2025 jusqu’en juin 2027, a été obtenue dans un contexte de négociation tendu : son contrat précédent expirait en juin 2025, et les clubs saoudiens avaient manifesté un intérêt concret avec des propositions financièrement supérieures. Liverpool a choisi de hausser son salaire de 12,5%, en faisant le joueur le mieux rémunéré de l’histoire du club. La rétention d’un joueur en fin de contrat face aux pétrodollars du Golfe, au prix d’une augmentation significative, est devenue l’un des schémas structurants du mercato anglais.

Casemiro : 405 125 euros par semaine pour un départ annoncé

Le Brésilien figure encore en troisième position ex-æquo avec Virgil van Dijk, mais son avenir est arrêté : en janvier 2026, Manchester United et le joueur ont confirmé conjointement que le contrat ne serait pas prolongé au-delà de juin 2026. Recruté pour 70 millions d’euros en 2022 depuis le Real Madrid, Casemiro aura disputé 146 matchs avec les Red Devils pour 21 buts et 13 passes décisives. À 405 125 euros par semaine jusqu’à son départ, il incarne le profil du grand salaire dont le niveau de performance n’a pas correspondu aux attentes sportives du recrutement — une tension récurrente dans la gestion des effectifs à Manchester United.

Sterling payé sans jouer, Saka mal compris

Raheem Sterling : 376 188 euros par semaine, zéro minute en 2025-2026

Sterling est le cas le plus extrême du championnat. L’attaquant anglais de 30 ans perçoit 376 188 euros hebdomadaires auprès de Chelsea tout en étant écarté du groupe professionnel depuis le début de la saison sous la direction d’Enzo Maresca. Entraîné séparément, absent de toutes les feuilles de match, il représente un coût salarial annuel de l’ordre de 19,5 millions d’euros pour un apport sportif nul. Ce cas concentre les critiques adressées à la politique de recrutement de Chelsea sous l’ère Todd Boehly : accumulation de profils coûteux sans vision d’ensemble cohérente, aboutissant à des impasses contractuelles dont le club assume seul le coût.

Bukayo Saka : pourquoi le chiffre annoncé masque le salaire réel

En février 2026, Arsenal a officialisé la prolongation de cinq ans de Bukayo Saka jusqu’en juin 2031. La BBC a relayé un salaire « supérieur à 347 250 euros par semaine ». Ce chiffre est réel, mais il inclut des bonus de signature exceptionnellement élevés. Selon Capology, le salaire de base de l’international anglais s’établit à 225 712 euros par semaine — soit 121 538 euros de moins que le total communiqué. En revanche, ses bonus annuels dépassent 6,02 millions d’euros, plus que n’importe quel autre joueur de l’effectif. Footmercato chiffre le contrat global à 17,58 millions d’euros par an, soit une hausse de 49% par rapport au précédent. Le dossier Saka illustre comment une rémunération variable bien construite permet à un club de rester compétitif salarialmente tout en conservant une base fixe maîtrisée.

Isak, Wirtz, Gyökeres : les transferts qui ont changé la grille

La saison a été marquée par une simultanéité rare : transferts à prix records et prolongations majeures se sont télescopés sur quelques mois, redessinant les équilibres salariaux de plusieurs effectifs.

Alexander Isak a rejoint Liverpool le dernier jour du mercato d’été 2025 pour environ 144,7 millions d’euros — nouveau record britannique à l’époque. Son contrat de six ans à 324 100 euros par semaine représente plus du double de ce qu’il percevait à Newcastle et l’a immédiatement propulsé dans le top 10 du championnat. Florian Wirtz, arrivé pour 137 millions d’euros depuis Leverkusen, touche environ 231 500 euros hebdomadaires : Liverpool a intégré la troisième recrue la plus chère de l’histoire du football mondial sans déséquilibrer sa structure salariale, signe d’une gestion financière cohérente. Viktor Gyökeres, auteur de 97 buts en 102 matchs au Sporting CP avant son transfert à Arsenal pour 76 millions d’euros, perçoit environ 230 769 euros par semaine — une rémunération relativement contenue au regard de son statut, conforme à la politique salariale disciplinée des Gunners.

Les Squad Cost Rules vont-elles freiner l’inflation ?

En novembre 2025, les vingt clubs ont voté en faveur des Squad Cost Rules (SCR), qui remplacent les anciennes règles PSR (Profit and Sustainability Rules). Le dispositif fixe un plafonnement progressif des dépenses sportives globales — salaires, transferts et commissions d’agents combinés :

Saison 2025-2026 : plafond à 93% des revenus du club Saison 2026-2027 : plafond à 89% des revenus À partir de 2027-2028 : plafond définitif à 85% des revenus

Les clubs dépassant le seuil vert s’exposent à des amendes financières. Un dépassement du seuil rouge, fixé à 115%, pourrait entraîner des sanctions sportives incluant des déductions de points. À titre de comparaison, l’UEFA impose déjà un plafond à 70% des revenus pour les clubs participant aux compétitions européennes — un écart significatif qui mesure le chemin qu’il reste à parcourir.

Une proposition plus contraignante, le plan d’ancrage Top to Bottom Anchoring — qui aurait plafonné les dépenses à cinq fois les revenus du dernier club du championnat — a été rejetée par 12 voix contre 7. Son adoption aurait mécaniquement comprimé les grilles salariales des cinq grands clubs. Le rejet révèle que la majorité des clubs préfère un encadrement progressif à une transformation structurelle immédiate.

Un modèle dominant, mais des failles qui s’élargissent

Les droits télévisuels et les revenus commerciaux ont été, pendant quinze ans, le carburant d’une inflation salariale que rien ne semblait pouvoir freiner. Les SCR constituent le premier mécanisme de régulation interne sérieux que la ligue se soit imposé. Mais leur mise en œuvre progressive — avec un plafond à 85% des revenus seulement à partir de 2027-2028 — laisse une fenêtre de deux saisons pendant laquelle la course aux signatures va s’accélérer plutôt que ralentir : les clubs qui anticipent un durcissement réglementaire ont tout intérêt à prolonger leurs stars dès maintenant, comme la vague contractuelle de 2025 l’a déjà montré.

La dissociation entre masse salariale et performance sportive s’est accentuée. Manchester United, quatrième masse salariale du championnat à 187,9 millions d’euros, traverse une crise profonde. Brentford, avec 64 millions d’euros, se maintient dans l’élite. Casemiro part après quatre ans et un bilan en deçà des attentes. Sterling perçoit son salaire sans jouer. Ces cas ne sont pas des accidents : ils traduisent une structure de marché où les engagements contractuels précèdent et contraignent les décisions sportives, parfois sur des horizons de cinq à neuf ans.

La Premier League reste le marché de référence mondial pour les salaires des footballeurs professionnels. Aucune ligue — y compris les compétitions saoudiennes, dont l’attrait s’est partiellement essoufflé après les transferts spectaculaires de 2023 — n’offre la combinaison de niveau sportif et de rémunération qu’elle propose. C’est cette position dominante que les Squad Cost Rules vont, à terme, contraindre à se redéfinir.

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Fan de basket depuis son plus jeune âge, Romain Dujardin a vécu dix ans aux États-Unis, où il a couvert la NBA en tant que pigiste pour des médias américains.

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