À 19 ans, le prodige lyonnais enchaîne les exploits. Sa présence sur la Grande Boucle cet été se précise, même si la décision officielle n’est pas encore tombée.
À peine entré dans le monde professionnel, Paul Seixas s’est déjà imposé comme le coureur le plus excitant du peloton mondial. En ce début de saison 2026, le Lyonnais de 19 ans a signé deux victoires en une semaine — dont l’Ardèche Classic en solitaire après un raid de plus de 40 kilomètres — avant de terminer deuxième des Strade Bianche, seul capable de résister brièvement à Tadej Pogačar, le meilleur coureur de la planète. Des performances qui ont littéralement enflammé le cyclisme français et relancé avec force le débat sur sa participation au Tour de France cet été.
La réponse officielle n’est pas encore connue. La direction de Decathlon CMA CGM, son équipe, a décidé d’attendre les résultats du printemps ardennais — Tour du Pays basque, Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège — avant de trancher. La décision sera communiquée dans la seconde quinzaine de mai. Mais tout, dans le discours de l’encadrement comme dans le calendrier du coureur, pointe vers une présence sur la Grande Boucle.
Seixas ne cache plus ses ambitions
Le scénario est en réalité presque écrit d’avance. Seixas ne disputera pas le Giro d’Italia : la direction a écarté cette option. La Vuelta espagnole, prévue fin août, se chevauche avec les Championnats du Monde au Canada et les Grands Prix du Québec, qui figurent parmi ses objectifs prioritaires d’automne. Il ne reste donc, comme grand tour estival, qu’une seule porte ouverte : celle du Tour de France.
Le coureur lui-même ne cache pas ses ambitions. Dans un grand entretien accordé au Monde en décembre 2025, il avait été limpide : il n’envisage pas de participer au Tour « pour faire de la figuration ». Son objectif minimum ? Remporter des étapes. Sa motivation ultime ? Gagner un jour la Grande Boucle. Une ambition qui, au regard de ses récentes performances, n’a rien d’une chimère.
Ce qui frappe chez Paul Seixas, c’est la précocité absolue de sa trajectoire. Passé professionnel à 17 ans sans même passer par une structure espoir, il avait déjà bouclé une première saison 2025 proprement stupéfiante : vainqueur du Tour de l’Avenir — la course des moins de 23 ans, surnommée « le Tour de France des espoirs » — à 18 ans et 11 mois, devenant le plus jeune lauréat de son histoire, il avait également terminé 8e du Critérium du Dauphiné, devenant le plus jeune coureur à intégrer le top 10 d’une course World Tour par étapes. Médaillé de bronze aux Championnats d’Europe, il était déjà, en 2025, l’objet de toutes les convoitises.
Tout le monde le veut
Aujourd’hui, les plus grandes équipes du monde — dont UAE Team Emirates, l’écurie de Pogačar, et Ineos Grenadiers — auraient déjà pris contact avec son entourage en vue d’un recrutement à partir de 2028. Decathlon CMA CGM affiche sa sérénité et dit avoir les moyens de retenir son joyau, avec une « vision » projetée jusqu’en 2033-2035. Les dirigeants ont une conviction : apporter à Seixas « ce qui lui permettra de gagner ».
Certaines voix appellent néanmoins à la prudence. Cyrille Guimard, la légende des directeurs sportifs français qui a notamment guidé Bernard Hinault vers cinq Tours de France, estime que Seixas ne possède pas encore la maturité physiologique et mentale requise pour un grand tour de trois semaines. Il préconise d’attendre encore un an, ou au pis d’opter pour la Vuelta. Jonas Vingegaard, double vainqueur du Tour, partage cet avertissement.
Mais l’Histoire semble pressée. Lorsque Bernard Hinault en personne a remis le maillot jaune de leader à Seixas lors du Tour de l’Avenir 2025, le symbole était fort. La comparaison entre les deux hommes revient en boucle dans les médias spécialisés : Seixas serait le premier Français depuis Hinault — vainqueur en 1985 — à disposer d’un profil réellement complet, capable de gagner en montagne comme en contre-la-montre. Lui-même prend ces comparaisons avec distance et sérieux à la fois, conscient que le chemin vers la victoire finale est encore long.
La décision finale appartient à son équipe et se fera après Liège-Bastogne-Liège fin avril. Mais le faisceau d’indices est tel que l’absence de Paul Seixas au départ du Tour de France 2026, prévu le 4 juillet à Barcelone, serait aujourd’hui la véritable surprise.