OM : tomber, encore, et toujours se relever

18/09/2026

L’Olympique de Marseille traverse une nouvelle crise. Mais l’histoire du club, faite de chutes et de renaissances, rappelle qu’il finit toujours par se relever.

Il y a des saisons où le maillot blanc pèse plus lourd que d’habitude. Celle-ci en fait partie. Les défaites s’enchaînent, les certitudes de l’été se sont dissipées, et chaque sortie de l’équipe ressemble à un examen qu’elle aborde sans avoir révisé. Le jeu manque de souffle, le vestiaire cherche ses repères, et la direction regarde le tableau d’affichage avec une inquiétude qu’elle ne parvient plus à masquer.

À Marseille, on ne vit pas ces moments-là, on les subit. Sur le Vieux-Port, dans les tribunes virtuelles des réseaux sociaux comme chez nos confrères de l’excellent site d’infos sur le foot marseillais, Lefootmarseille.fr, qui suivent chaque soubresaut du club au plus près, une même question tourne en boucle : jusqu’où ira la chute ?

Une ville qui ne sait pas attendre

Le problème de l’OM n’a jamais été le manque d’amour. C’est plutôt son excès. Ici, une série de trois défaites prend des allures de drame national, un entraîneur est jugé en quelques semaines, un président en quelques mois. Les projets à long terme se heurtent à une impatience viscérale, héritée d’une histoire où l’on a toujours voulu tout, tout de suite.

Cette pression explique une bonne part des crises à répétition. Les changements d’hommes succèdent aux changements de cap, chaque nouvelle ère promet de rompre avec la précédente et finit trop souvent par lui ressembler. Les supporters le savent, le disent, le crient parfois. Leur exigence est à la mesure de ce qu’ils donnent : tout.

La crise, vieille compagne du Vélodrome

Ceux qui annoncent l’enterrement devraient pourtant rouvrir les livres d’histoire. L’OM est probablement le club français qui a le plus souvent frôlé le vide. Et le seul à en revenir chaque fois plus bruyant.

Au début des années 1980, le club tombe en deuxième division, exsangue. Ce sont des gamins du cru, les fameux « Minots », qui le remontent. Au milieu des années 1990, l’affaire VA-OM le prive d’un titre et le renvoie en D2, un an à peine après avoir conquis l’Europe. Il revient. Il traverse ensuite près de deux décennies sans titre de champion, puis met fin à la disette. Au milieu des années 2010, l’équipe végète dans le ventre mou, le stade sonne creux, le club est à vendre. Peu après, il dispute de nouveau une finale européenne.

Ce club ne connaît pas la ligne droite. Il fonctionne par effondrements et par résurrections. C’est épuisant, parfois absurde, souvent injuste. Mais c’est précisément ce qui le rend unique.

Pourquoi l’OM reste le plus grand club de France

Le débat est ancien, et l’armoire à trophées ne suffit plus à le trancher en faveur de Marseille. Mais la grandeur d’un club ne se mesure pas qu’aux titres.

Elle se mesure à l’empreinte. L’OM reste le premier club français à avoir soulevé la Coupe aux grandes oreilles, en 1993, à une époque où personne n’imaginait qu’un Français puisse y parvenir. Elle se mesure à la ferveur : un Vélodrome qui fait le plein même quand l’équipe ne le mérite pas, des supporters présents dans chaque recoin du pays, bien au-delà des Bouches-du-Rhône. Elle se mesure enfin au lien avec une ville entière, pour qui le club n’est pas un produit mais une part d’identité.

Aucun autre club en France ne provoque autant de passion, de colère et d’attente. C’est un poids écrasant. C’est aussi une force que les mauvais résultats n’ont jamais réussi à entamer. On peut changer l’effectif, l’entraîneur, le président ou l’actionnaire. On ne change pas ce que ce blason représente.

Ce qu’il faudra pour renaître

La sortie de crise ne tombera pas du ciel. Elle passera par une ligne sportive claire et tenue dans la durée, par un effectif construit avec cohérence plutôt qu’à coups d’annonces, et par un dialogue sincère avec des supporters qui ne demandent pas des miracles, seulement une équipe qui se batte. Le Vélodrome sait transformer une formation fébrile en bloc furieux. Encore faut-il lui donner une raison d’y croire.

Une certitude demeure. Les entraîneurs passent, les présidents aussi, les joueurs signent puis repartent. L’OM, lui, reste. Il a survécu aux faillites, aux scandales et aux relégations. Il survivra à cette période comme aux autres.

Marseille ne meurt pas. Marseille attend son heure.

Image placeholder

Théo Larnaudie est un journaliste spécialisé dans le football. Après avoir travaillé au sein de plusieurs médias européens, il a rejoint Sport Live en tant que chef de la rubrique football.

Laisser un commentaire