Greenwood, le Vélodrome, McCourt : l’OM dans l’urgence

18/06/2026

Masse salariale hors de contrôle, transferts imposés, revenus en baisse : l’OM aborde une saison décisive pour sa survie dans les compétitions européennes.

La sanction prononcée le 17 juin par l’UEFA est clémente au regard de ce que le club risquait. Un sursis, une amende de dix millions d’euros et une restriction sur les inscriptions en Liste A pour 2026-2027 : l’Olympique de Marseille s’en tire sans exclusion immédiate des compétitions européennes. Mais le répit est court. Le club a une saison pour redresser des comptes structurellement déficitaires. Faute de quoi, un bannissement automatique des coupes d’Europe s’appliquera dès 2027-2028.

Depuis le rachat par Frank McCourt, les pertes s’accumulent. La marge de manoeuvre est étroite. Quatre leviers peuvent, en théorie, permettre au club de retrouver l’équilibre financier.

Ramener la masse salariale sous le seuil critique

C’est le noeud du problème. D’après les données financières de la DNCG portant sur la saison 2025, la masse salariale de l’OM représente plus de 80 % des revenus opérationnels du club. Sur l’exercice 2024-2025, les salaires et cotisations atteignaient 153,7 millions d’euros. C’est précisément ce déséquilibre qu’a sanctionné l’UEFA, avec une amende de 4 millions d’euros pour un ratio de masse salariale dépassant le plafond de 70 %.

Agir sur ce poste n’est pas une option mais une nécessité. Le gendarme financier du football français, devant lequel la direction marseillaise passera le 23 juin, devrait à son tour ordonner un encadrement strict des dépenses salariales.

Vendre des joueurs pour dégager des marges

La réduction de la masse salariale passe inévitablement par des transferts sortants. Selon Transfermarkt, l’effectif de l’OM est valorisé à 363,10 millions d’euros, ce qui en fait le quatrième effectif le plus cher de Ligue 1. Le profil le plus vendable est celui de Mason Greenwood. L’ailier anglais est estimé à 55 millions d’euros par Transfermarkt, entre 52 et 60 millions par l’Observatoire du football, et jusqu’à 72,8 millions par Football Benchmark.

Ce dossier comporte toutefois une contrainte significative : une clause oblige l’OM à reverser à Manchester United entre 30 et 50 % du montant d’un transfert, selon les estimations. Ce qui réduit sensiblement la part du produit de vente effectivement conservée par le club.

Le stade, seul vrai levier de croissance des recettes

Augmenter les revenus est structurellement plus difficile que de comprimer les dépenses, et les perspectives à court terme sont défavorables. Les retombées exactes des droits TV domestiques sur la première saison de la plateforme Ligue 1+ restent inconnues. Surtout, le club quittera la Ligue des champions pour la Ligue Europa, une transition qui représente un manque à gagner de plusieurs dizaines de millions d’euros selon la profondeur du parcours.

Dans ce contexte, le Vélodrome constitue le levier le plus crédible pour élargir la base de revenus : naming du stade (sous réserve que l’OM en capte les bénéfices selon les termes de l’accord avec la Métropole, propriétaire de l’enceinte), exploitation plus intensive du site via l’hospitalité et les événements non sportifs, nouveaux partenariats internationaux, ou encore ajustement de la politique tarifaire. C’est le levier le plus structurant sur la durée. Mais ses effets mettent du temps à se matérialiser, contrairement aux mesures d’économies immédiates.

L’entrée d’un actionnaire minoritaire, une piste limitée par les règles UEFA

Frank McCourt le reconnaît et s’y emploie activement : il cherche un ou plusieurs partenaires prêts à entrer au capital du club en tant qu’actionnaires minoritaires. Une telle opération, si elle se concrétisait avant la fin de la période de référence UEFA et à condition d’être enregistrée comme une vraie augmentation de capital en fonds propres et non comme un prêt déguisé, pourrait améliorer le bilan du club au regard des règles de durabilité financière.

Mais sur la question du ratio de masse salariale, ce levier ne joue pas. L’UEFA a délibérément exclu les apports d’actionnaires des « recettes déterminantes » servant de base au calcul de ce ratio. L’institution entend ainsi éviter qu’un club contourne les règles en finançant ses salaires via un mécène plutôt que par ses revenus propres issus du football : droits TV, sponsoring, billetterie, ventes de joueurs. Qu’il s’agisse de McCourt ou d’un nouvel investisseur, ces apports ne changent rien au ratio. Sur ce point précis, le plafond de 70 % devra être respecté par la seule voie de l’activité sportive et commerciale.

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Théo Larnaudie est un journaliste spécialisé dans le football. Après avoir travaillé au sein de plusieurs médias européens, il a rejoint Sport Live en tant que chef de la rubrique football.

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