Roberto Mancini serait sur le point de signer son retour à la tête de la sélection italienne. Trois Coupes du monde ratées, un président de fédération démissionnaire : la Nazionale veut son homme de l’Euro 2021.
Le football italien touche peut-être ce lundi le fond de sa chute, ou le début de sa remontée. Trois Coupes du monde manquées d’affilée, un président de fédération démissionnaire, une institution à reconstruire de zéro. Et pour recoller les morceaux, la FIGC se tourne vers l’homme qui avait claqué la porte trois ans plus tôt.
« Ultimi dettagli »
Le journaliste Matteo Moretto a publié ce lundi 8 juin un message sans ambiguïté sur le réseau social X : Roberto Mancini est « vicinissimo » — très proche — d’un retour sur le banc de la Nazionale, les derniers détails du contrat restant à boucler. Moretto est l’une des sources les plus fiables du mercato européen. Quand il parle de détails finaux, la signature est une question de jours.
Le dossier avance plus vite que tous les autres candidats. Selon Tuttosport, la Fédération italienne travaille en parallèle sur deux fronts : les convocations de l’intérimaire Silvio Baldini, entraîneur de l’équipe U21, pour deux matchs amicaux de transition, et la désignation du futur sélectionneur permanent. Sur ce second front, un seul nom progresse à ce rythme.
Le soir du 31 mars
Tout part de là. Le 31 mars 2026, à Zenica, l’Italie s’est inclinée aux tirs au but face à la Bosnie en finale des barrages européens de la Coupe du monde : 1-1 après prolongations, 4-3 aux penalties. Troisième Mondial consécutif manqué, après les éliminations face à la Suède en 2017 et contre la Macédoine du Nord en 2021. Le lendemain, Gabriele Gravina, président de la FIGC depuis octobre 2018, démissionnait lors d’une réunion au siège fédéral de Rome. Une assemblée extraordinaire a été convoquée pour élire son successeur le 22 juin.
Gennaro Gattuso, nommé sélectionneur seulement en juin 2025, n’a pas attendu d’être poussé. La Gazzetta dello Sport annonçait son départ dès le jeudi suivant l’élimination. Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, a ajouté une pression supplémentaire en avertissant que l’Italie risquait de perdre son rôle de co-organisateur de l’Euro 2032 faute de modernisation de ses stades, la FIGC ayant jusqu’en octobre pour soumettre cinq enceintes à l’instance européenne.
Le poids d’un contrat qatari
Mancini avait quitté la Nazionale le 13 août 2023, sa démission transmise à la FIGC la veille au soir. Deux semaines plus tard, il signait avec la fédération saoudienne pour 25 millions d’euros nets par an, soit six fois son salaire en Italie. En octobre 2024, il quittait ce poste après un mauvais départ dans les qualifications mondiales. En novembre 2025, le club qatari Al-Sadd l’engageait pour 5 millions d’euros par saison, sur un contrat courant jusqu’en juin 2026, avec une option de prolongation.
Cette date de juin 2026 est la clé mécanique du dossier. Mancini dispose d’une clause lui permettant de quitter Al-Sadd à cette échéance. Il est techniquement libre au moment précis où la FIGC cherche un sélectionneur.
Mancini contre Conte : une question d’euros
Deux noms dominent les discussions à la fédération. Roberto Mancini et Antonio Conte, selon les informations concordantes du Corriere della Sera et de la Gazzetta dello Sport. Deux anciens sélectionneurs de la Nazionale, deux profils reconnus, mais une différence financière qui pèse lourd sur la décision finale.
Conte perçoit environ 8 millions d’euros par saison au Napoli. Le journaliste Nicolo Schira a indiqué qu’il n’accepterait pas un salaire nettement inférieur. La FIGC, en pleine refondation institutionnelle, ne dispose pas de cette marge. Mancini, lui, a signalé à son entourage qu’il était prêt à revenir pour environ 2 millions d’euros par saison, soit le niveau de son premier contrat avec la fédération en 2018. Massimiliano Allegri, dont le départ du Milan AC était récent, s’est retiré de lui-même, jugeant le contexte de la sélection trop instable. Daniele De Rossi est cité comme option de long terme, orientée vers la formation des jeunes.
Le 22 juin, avant tout
La FIGC n’a pas de président en exercice depuis le 2 avril. Or, en Italie, c’est le président de la fédération qui nomme le sélectionneur national. Le sélectionneur permanent ne sera donc désigné qu’après l’élection du 22 juin à Rome.
Deux candidats s’affrontent pour la présidence : Giovanni Malagò, ancien président du Comité olympique italien, et Giancarlo Abete, qui rappelle régulièrement qu’il est le dernier responsable de la fédération à avoir conduit l’Italie en phase finale de Mondial, en 2014. Malagò est favori. C’est lui qui pilote le dossier du sélectionneur en coulisses, selon Tuttosport, et il aurait déclaré qu’un mauvais choix à ce poste représenterait son « Watergate personnel ». Si Abete l’emportait contre toute attente, des profils comme Simone Inzaghi ou Stefano Pioli pourraient refaire surface, indique Calciomio.fr.
« Parfois, on prend de mauvaises décisions »
La principale réserve autour du retour de Mancini portait sur son départ fracassant de 2023 et le conflit ouvert qui s’était ensuivi avec Gravina. Dans un entretien accordé à la Gazzetta dello Sport, Mancini a déclaré : « Je regrette mon choix. Si Gravina et moi avions davantage discuté dans les semaines précédentes, pour clarifier certaines situations, rien ne serait arrivé. » La question est désormais sans objet : Gravina a quitté ses fonctions le 2 avril.
Entre 2018 et 2023, Mancini avait construit avec la Nazionale une série de 37 matchs sans défaite avant de remporter l’Euro 2021 à Wembley face à l’Angleterre, le seul titre majeur de l’Italie depuis trente ans. Il connaît les joueurs actuels pour les avoir, pour la plupart, intégrés à la sélection lors de ce premier mandat. La Coupe du monde 2030 est l’horizon que la FIGC lui fixerait. Deux semaines et une élection séparent encore le « Mancio » de la Nazionale.