Combien gagne Gianluigi Donnarumma ?

03/09/2026

Champion d’Europe à 22 ans, éliminé du Mondial à 27. Donnarumma gagne 12 millions d’euros nets à Manchester City. Retour sur une décennie où l’argent ne fait pas tout.

Fin mars 2026, Gianluigi Donnarumma a fondu en larmes devant les caméras, brisant le silence après l’élimination italienne lors des barrages du Mondial. À 27 ans, le gardien champion d’Europe avec l’Italie en 2021 et avec le PSG en 2025 touche 12 millions d’euros nets par an à Manchester City. Une fortune construite en une décennie fulgurante, depuis ses 10 000 euros annuels à 16 ans jusqu’au sommet de la hiérarchie mondiale des portiers.

Les larmes du champion à 12 millions d’euros

31 mars 2026. Gianluigi Donnarumma sort enfin du silence. Depuis l’élimination de l’Italie lors des barrages contre la Bosnie-Herzégovine, le gardien n’a rien dit publiquement. Face caméra, il craque. Les larmes coulent, incontrôlables, comme lorsqu’à 13 ans il pleurait loin de sa Campanie natale dans une pension milanaise.

Le contraste saisit. À 27 ans, Donnarumma évolue depuis septembre 2025 à Manchester City où il perçoit 12 millions d’euros nets par saison. Il a disputé 9 matchs de Ligue des champions lors de la phase de poules 2025-2026, réalisé 23 arrêts et signé 3 clean sheets. Il s’est dit « fier d’avoir rejoint la meilleure équipe du monde » et a indiqué vouloir « gagner le plus possible » avec les Citizens.

Mais l’Italie ne sera pas au Mondial. Pour la troisième fois consécutive après 2018 et 2022, la Squadra Azzurra est tombée en barrages. Champion d’Europe en 2021 avec la Nazionale, vainqueur de la Ligue des champions en 2025 avec le PSG, Donnarumma atteint son sommet financier au moment où sa sélection vit son plus grand échec.

La presse française avait noté sa métamorphose au PSG : devenu « un peu plus méchant », capable de durcir son jeu sans perdre sa technique. Mais sous le vernis, la sensibilité demeure. Les larmes de mars 2026 le rappellent brutalement.

De 10 000 euros à 6 millions d’euros avant ses 22 ans

Saison 2015-2016. Gianluigi Donnarumma signe son premier contrat professionnel à l’AC Milan. Il gagne 10 000 euros par an. À 16 ans, il devient le plus jeune gardien titulaire de l’histoire de la Serie A, le championnat italien. Son salaire est dérisoire. Son talent, lui, explose immédiatement.

Dès la saison suivante, après avoir remporté la Supercoupe d’Italie en août 2016, ses émoluments bondissent à 268 000 euros annuels. Milan traverse une période difficile, oscille entre la sixième et la dixième place du championnat, mais Donnarumma devient l’un des rares repères du club. Entre 2017 et 2021, ses revenus atteignent 6 millions d’euros nets par an. Une progression fulgurante pour un gardien qui n’a encore remporté aucun titre majeur en club.

Cette ascension salariale contraste avec l’absence de trophées européens. Milan ne dispute pas la Ligue des champions pendant plusieurs saisons. Donnarumma accumule les arrêts décisifs, les clean sheets et les performances de haut niveau sans jamais soulever une coupe continentale. Sa réputation, elle, dépasse vite l’Italie.

Mais le prix est lourd. À 13 ans, en 2012, Donnarumma quitte Castellammare di Stabia, ville portuaire proche de Naples, pour rejoindre le centre de formation milanais. « Ma mère pleurait. Trois amis sont venus avec moi parce qu’ils avaient aussi signé à Milan. J’étais excité », a-t-il déclaré. Puis il a ajouté : « Nous étions dans une pension de famille ; je partageais une chambre avec mon ami de Castellammare. C’était dur de se réveiller et de ne pas être à la maison. La maison me manquait vraiment. J’ai versé quelques larmes. »

Sa mère Marinella a joué un rôle central dans cette trajectoire précoce. À 11 ans, Gianluigi mesurait déjà 1,90 mètre. Elle devait se déplacer avec son acte de naissance pour prouver son âge lors des tournois. Le corps de l’enfant était déjà celui d’un adulte. Sa vie, elle, basculait déjà dans celle d’un professionnel.

Son frère aîné Antonio a lui aussi évolué comme gardien à l’AC Milan entre 2017 et 2021, sans encaisser de but sous le maillot rossonero malgré un temps de jeu réduit. Dans cette famille de Campanie, le poste de gardien semble presque une affaire de transmission.

L’été 2021 : sacre européen et premier grand contrat

11 juillet 2021. Finale de l’Euro à Wembley. Italie-Angleterre, 1-1 après prolongation. Séance de tirs au but. Donnarumma arrête les tentatives de Jadon Sancho et Bukayo Saka. L’Italie est championne d’Europe. À 22 ans, le gardien est désigné meilleur joueur du tournoi.

Les chiffres de sa compétition impressionnent. 719 minutes disputées, plus que tout autre joueur, 9 arrêts, 3 clean sheets, seulement 4 buts encaissés. Cette consécration européenne arrive au moment précis où son contrat milanais expire. Le timing change tout.

Milan perd son gardien gratuitement. Donnarumma refuse de prolonger. Lors de sa dernière saison rossonera, il gagnait environ 11,76 millions d’euros bruts annuels. Les négociations avec la direction milanaise se tendent. Le club l’a vu grandir depuis l’adolescence et le laisse partir sans indemnité de transfert.

Le Paris Saint-Germain frappe. Donnarumma signe libre jusqu’en 2026. Son nouveau salaire parisien se situe entre 7 millions d’euros et 10 millions d’euros nets par an selon les estimations, soit environ 13 millions d’euros bruts. L’écart avec Milan reste mesuré sur le fixe. Mais une prime à la signature, non rendue publique, accompagne très probablement l’opération.

Donnarumma quitte l’Italie champion d’Europe. Il arrive à Paris avec un statut immense. Mais il emporte aussi une réputation tenace : celle du joueur qui a quitté son club formateur au moment le plus sensible.

  • Quatre ans à Paris, une C1 et l’invitation à partir

Le passage parisien est dense. Donnarumma dispute 154 matchs toutes compétitions confondues, dont 104 en Ligue 1. Il remporte 4 championnats de France, 2 Coupes de France et 3 Trophées des champions. Paris gagne beaucoup. Mais le vrai juge reste l’Europe.

Mai 2025. Le PSG remporte enfin sa première Ligue des champions. Donnarumma signe une phase finale de très haut niveau. Lors des 8 matchs à élimination directe, il n’encaisse que 6 buts. Son taux d’arrêts atteint 77% et ses performances pèsent directement dans la conquête du titre.

La presse française note alors une évolution nette. Le gardien paraît plus dur, plus autoritaire, plus tranchant dans ses interventions. Le contraste est fort avec le jeune prodige longtemps perçu comme vulnérable.

Pourtant, le PSG ne prolonge jamais son contrat. À l’été 2025, champion d’Europe en titre avec le club, Donnarumma est poussé vers la sortie alors que son bail expire en juin 2026. Les relations se tendent. Son agent, Enzo Raiola, critique publiquement la position du club et juge le traitement du dossier incohérent.

Le paradoxe demeure. Donnarumma vient de porter le club vers son premier sacre continental. Quelques mois plus tard, il quitte Paris. Aucune prolongation n’a été signée. Le divorce est net, malgré le plus grand titre de l’histoire du PSG.

En août 2025, le gardien publie un message d’adieux sur les réseaux sociaux. Le ton reste sobre. Il ne règle pas ses comptes. Son entourage, lui, parle davantage.

Manchester City : 12 millions d’euros et « tout gagner »

Fin août 2025, Manchester City boucle le transfert pour 35 millions d’euros bonus compris. Ederson vient de partir. Pep Guardiola cherche un nouveau numéro un. Donnarumma arrive avec un palmarès récent et un profil de gardien déjà installé au plus haut niveau européen.

Le contrat court jusqu’en 2030, avec une option pour une sixième saison activable par le club. Son salaire atteint 12 millions d’euros nets annuels. Le cap est franchi : après Milan puis Paris, le voilà dans une autre dimension financière.

L’augmentation reste nette. Donnarumma passe d’une fourchette estimée entre 7 millions d’euros et 10 millions d’euros nets au PSG à 12 millions d’euros nets à City. À 26 ans, il figure parmi les gardiens les mieux payés du football mondial. Son transfert, alors qu’il n’avait plus qu’un an de contrat, confirme aussi sa valeur sur le marché.

À son arrivée, il a déclaré : « Mon objectif est de gagner le plus possible, ce n’est pas facile, il y a du travail à faire. » La formule est simple. Elle dit l’essentiel.

Sur le terrain, sa première saison anglaise compte déjà 9 matchs de Ligue des champions, 810 minutes jouées, 23 arrêts et 3 clean sheets. Au total, il a disputé 42 matchs toutes compétitions confondues depuis son arrivée. Les chiffres sont solides. Ils ne ferment pas encore le débat sur son adaptation complète au football anglais.

Mai 2026. Donnarumma a changé de club, de championnat et de salaire. Mais l’élimination italienne du printemps laisse une trace plus forte que beaucoup de victoires de club.

Ce que Donnarumma ne dit jamais sur l’argent

Donnarumma parle peu d’argent. Aucune grande interview n’est venue détailler ses revenus, son patrimoine ou ses choix financiers. Ses contrats publicitaires, eux aussi, restent largement hors de la lumière.

Ce silence tranche avec l’exposition de nombreuses stars du football mondial. Là où certains affichent leurs partenariats et leur train de vie, le gardien italien garde une ligne discrète. Son image publique reste d’abord sportive.

Son patrimoine personnel n’est pas connu avec précision. En cumulant ses salaires élevés depuis 2017, ses éventuelles primes et ses contrats successifs à Milan, Paris puis Manchester, il est raisonnable d’estimer qu’il a déjà accumulé plusieurs dizaines de millions d’euros. Toute évaluation plus fine resterait spéculative.

Ses rares prises de parole publiques portent presque toujours sur la compétition. Gagner, progresser, tenir son rang : son vocabulaire reste celui du terrain. L’argent apparaît dans les chiffres. Presque jamais dans ses mots.

Cette retenue rappelle celle de Gianluigi Buffon, son modèle déclaré. Même poste, même pays, même rapport prudent à la vie publique. Donnarumma n’a pas construit sa notoriété sur des campagnes ou des polémiques commerciales, mais sur ses matchs, ses erreurs, ses arrêts et ses titres.

Sa vie privée, enfin, reste fermée. Peu d’éléments publics sur ses investissements, ses engagements ou ses projets hors football. Au bout du compte, c’est peut-être là que se tient son paradoxe le plus net : une fortune immense, et presque aucune mise en scène de cette fortune.

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Théo Larnaudie est un journaliste spécialisé dans le football. Après avoir travaillé au sein de plusieurs médias européens, il a rejoint Sport Live en tant que chef de la rubrique football.

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