Combien gagne Théo Maledon ?

19/05/2026

Après quatre ans de galère NBA, Théo Maledon a multiplié son salaire par six. Son retour triomphal en Europe lui rapporte désormais 1,8 million d’euros par an.

À 24 ans, Théo Maledon gagne aujourd’hui 1,8 million d’euros brut par an au Real Madrid, six fois plus qu’à son retour à l’ASVEL il y a deux saisons, et trois fois son dernier salaire NBA. Cette explosion financière couronne une résurrection sportive inédite : élu MVP du mois en EuroLeague en décembre 2024, le meneur français a transformé un échec américain en tremplin vers l’élite européenne.

De 560 000 dollars à 1,8 million d’euros en 18 mois

En mars 2024, les Phoenix Suns libèrent Théo Maledon après quatre matchs disputés en trois mois. Son contrat two-way, signé en décembre précédent avec Charlotte puis transféré à Phoenix, lui rapportait environ 560 000 dollars annualisés. Cinq mois plus tard, en août 2024, l’ASVEL Lyon-Villeurbanne le récupère pour 300 000 euros nets sur dix mois, soit 30 000 euros mensuels. Le 7 juillet 2025, le Real Madrid officialise sa signature pour deux saisons à 1,8 million d’euros brut par an.

Entre son dernier salaire NBA et son contrat madrilène actuel, la progression atteint 220%. Entre son passage à l’ASVEL et Madrid, elle dépasse les 500% en valeur brute. Le meneur rouennais de 1,95 m pour 87 kg devient ainsi l’un des Français les mieux payés d’EuroLeague, aux côtés d’Evan Fournier et devant des joueurs confirmés comme Nando De Colo.

À l’ASVEL, Maledon occupait la cinquième place dans la hiérarchie salariale du club, derrière De Colo, Joffrey Lauvergne, Lee et Harrison. La masse salariale totale de Lyon s’élevait à 5,58 millions d’euros pour la saison 2024-2025. Au Real Madrid, son salaire le positionne dans le top 5 de l’effectif, bien que les montants exacts restent confidentiels.

Son contrat madrilène court jusqu’en juin 2027, mais intègre une clause de sortie NBA activable dès l’été 2026. Cette disposition lui permet de repartir outre-Atlantique sans indemnité de transfert si une franchise américaine formule une offre.

Décembre 2024 : 21 points de moyenne et le titre de MVP

Le basculement s’opère en décembre 2024. En cinq matchs d’EuroLeague disputés ce mois-là, Théo Maledon compile 21,2 points, 4,3 rebonds et 5,3 passes décisives de moyenne, pour une évaluation de 26,8. Il enchaîne neuf rencontres consécutives avec une évaluation supérieure à 20, un record dans l’histoire de l’ASVEL en compétition européenne.

Le 29 décembre 2024, l’EuroLeague le désigne MVP du mois. Il devient le quatrième Français de l’histoire à recevoir cette distinction, après Nando De Colo, Thomas Heurtel et Guerschon Yabusele, et le premier joueur de Lyon-Villeurbanne à l’obtenir. « C’est une fierté personnelle, mais surtout la reconnaissance d’un travail collectif », a déclaré Maledon lors de la conférence de presse qui suit l’annonce.

Les négociations avec le Real Madrid s’accélèrent dès janvier 2025. Le club espagnol surveille le Français depuis novembre, mais ses performances de décembre convainquent la direction sportive d’accélérer le processus. En février, plusieurs médias espagnols évoquent un accord verbal, que Maledon dément publiquement. « Le Real Madrid ? Je n’ai donné mon accord à personne », indique-t-il le 28 février 2025.

En avril 2025, l’EuroLeague le sélectionne dans le deuxième meilleur cinq de la saison régulière, aux côtés d’Evan Fournier. Cette nomination officielle intervient trois semaines avant l’annonce de son transfert à Madrid.

4 millions de dollars garantis, puis la descente

En novembre 2020, le Oklahoma City Thunder signe Théo Maledon pour quatre saisons et 7,8 millions de dollars. Les deux premières années sont garanties à hauteur de 2 millions de dollars chacune. Les saisons 2022-2023 et 2023-2024 prévoient des options d’équipe non garanties, que le Thunder n’exercera jamais.

Sa première saison NBA affiche des statistiques encourageantes : 10,1 points, 3,2 rebonds et 3,5 passes décisives en 64 matchs, dont 49 comme titulaire. Le 3 mars 2021, la NBA le sélectionne pour le Rising Stars Challenge, le match des meilleurs espoirs lors du All-Star Weekend. Le 2 avril 2021, il inscrit 33 points face aux Phoenix Suns en tirant à 10/18 aux tirs, établissant son record en carrière. Il devient ainsi le seul rookie de l’histoire du Thunder, avec Russell Westbrook, à atteindre la barre des 30 points dans un match.

En 2021-2022, l’arrivée de Josh Giddey, sixième choix de la Draft, bouleverse la rotation. Le temps de jeu de Maledon chute à 17,8 minutes par match, ses statistiques à 7,1 points et 2,2 passes. Le Thunder le relègue régulièrement en G-League à l’OKC Blue, où il tourne à 23,3 points, 5 rebonds et 6 passes en 12 rencontres.

À l’été 2022, Oklahoma City ne lève pas son option pour 2022-2023. Le 22 septembre 2022, les Houston Rockets le récupèrent dans un échange impliquant Derrick Favors et Maurice Harkless. Trois semaines plus tard, le 11 octobre, Houston le coupe sans qu’il ait disputé le moindre match d’entraînement avec l’équipe.

Le 15 octobre 2022, les Charlotte Hornets lui proposent un contrat two-way à 508 891 dollars. Ce type d’accord limite le nombre de matchs NBA à 50 par saison et impose des allers-retours entre la franchise et son équipe affiliée de G-League. En 2022-2023, Maledon joue 44 matchs avec Charlotte, dont 7 comme titulaire, pour 6,7 points, 2,8 rebonds et 3,5 passes en 19,4 minutes. En parallèle, il compile 16,1 points, 5,7 rebonds et 5,3 passes en 23 matchs avec les Greensboro Swarm.

Le 29 septembre 2023, Charlotte le resigne sur un second two-way à 559 782 dollars. Mais ses performances déclinent : 4,2 points en 15 minutes sur 13 rencontres. Le 14 décembre 2023, les Hornets le libèrent. Trois jours plus tard, Phoenix le récupère, toujours sous contrat two-way. Il ne joue que quatre matchs en trois mois pour 13 minutes cumulées.

Au total, ses quatre années NBA lui rapportent entre 5 et 5,5 millions de dollars bruts. Après déduction de la fiscalité américaine, des frais d’agent et des charges diverses, ses revenus nets américains se situent autour de 3 millions de dollars.

Le pari du retour : 17,3 points et le statut de leader

En août 2024, Théo Maledon refuse plusieurs propositions de G-League pour signer à l’ASVEL. Tony Parker, président du club lyonnais et artisan de sa première signature professionnelle en 2018, le convainc de revenir. « Il avait besoin de retrouver de la confiance et du temps de jeu. On lui a offert les deux », a indiqué Parker en janvier 2025.

La saison 2024-2025 marque son explosion. En Betclic Élite, il tourne à 17,2 points, 4,8 rebonds et 4,1 passes de moyenne pour une évaluation de 14,8. En EuroLeague, ses chiffres grimpent à 17,3 points, 3,8 rebonds et 4,6 passes pour une évaluation de 21,4. Il devient le seul joueur de l’effectif ASVEL à disputer l’intégralité des rencontres de la saison, toutes compétitions confondues.

Le 27 mai 2025, lors du premier match des playoffs de Betclic Élite face à Chalon, Maledon inscrit un tir à trois points décisif à 40 secondes du buzzer. Lyon s’impose 100-96 et prend l’avantage dans la série. « C’est le genre d’action qu’on attend d’un leader », a commenté Pierric Poupet, entraîneur de l’ASVEL, en conférence de presse d’après-match.

Sa visibilité médiatique explose. Les interviews se multiplient sur RMC Sport, L’Équipe, Le Progrès. Son camp personnel, le TM6 Basketball Camp, enregistre un bond de 35% dans les inscriptions pour l’été 2025.

À 17 ans, déjà MVP d’une finale

Le 11 mai 2019, Théo Maledon inscrit 13 points en 22 minutes lors de la finale de la Coupe de France à l’AccorHotels Arena de Paris. L’ASVEL bat Le Mans 83-74 après avoir été mené à la mi-temps. À 17 ans et 11 mois, il est désigné MVP de la finale, devenant le plus jeune joueur de l’histoire à recevoir ce titre dans la compétition.

Trois semaines plus tard, Lyon remporte le championnat de France, réalisant le doublé Coupe-Championnat. C’est le premier trophée majeur du club depuis 2008. « Théo a montré qu’il avait la maturité des grands », avait déclaré Tony Parker lors de la cérémonie de remise du titre.

Son parcours en équipes de France jeunes confirme ce statut de prodige : médaille d’or au Championnat d’Europe U16, médaille d’argent au Championnat du monde U17 en 2018, sélection au Jordan Brand Classic en 2017. À 16 ans, il signe son premier contrat professionnel avec l’ASVEL pour trois saisons. En 2018-2019, il devient le plus jeune joueur de l’histoire du club à disputer un match d’EuroLeague, à 17 ans et 4 mois.

Sa performance de 33 points avec le Thunder le 2 avril 2021 le place dans une catégorie exclusive : seuls lui et Russell Westbrook, en tant que rookies d’Oklahoma City, ont franchi la barre des 30 points dans un match NBA. Ce record demeure à ce jour le plus haut total d’un joueur français de moins de 20 ans en NBA depuis Tony Parker.

Madrid, puis la NBA : une porte encore ouverte

Le contrat signé avec le Real Madrid prévoit une clause de sortie NBA activable dès l’été 2026. Concrètement, si une franchise américaine formule une offre, Maledon peut quitter Madrid sans que le club espagnol ne puisse réclamer d’indemnité de transfert. Cette disposition, inhabituelle en Europe mais courante pour les joueurs à fort potentiel NBA, repose sur un accord entre le joueur et le club.

« Des general managers continuent de se renseigner régulièrement sur lui », a indiqué Tony Parker le 21 janvier 2025. Plusieurs franchises NBA, dont San Antonio, Utah et Atlanta, auraient envoyé des scouts observer Maledon lors de matchs d’EuroLeague en mars et avril 2025.

Sa saison 2025-2026 au Real Madrid affiche des statistiques en retrait par rapport à son année ASVEL : 9,3 points, 2,2 rebonds et 4,1 passes de moyenne en EuroLeague sur 32 matchs. En Liga ACB, il tourne à environ 11 points par match. Ce recul s’explique par la profondeur de l’effectif madrilène, qui compte plusieurs joueurs capables d’occuper le poste de meneur. Son temps de jeu moyen tombe à 17 minutes contre 31 à Lyon.

L’EuroBasket 2025, disputé en septembre, ternit légèrement son image. En six matchs avec l’équipe de France, il compile 4,3 points à 29% aux tirs et seulement 6,3% de réussite à trois points. Les Bleus sont éliminés en huitièmes de finale par la Géorgie, 78-75. « J’ai manqué de rythme et de confiance dans mes tirs », a reconnu Maledon le 9 septembre 2025.

Malgré ce tournoi raté, son profil reste attractif pour la NBA : meneur de 1,95 m capable de défendre sur plusieurs postes, shooteur efficace en EuroLeague avec 37,2% à trois points sur la saison 2024-2025, expérience de quatre ans en NBA et seulement 24 ans. Les franchises en reconstruction, comme Detroit ou Charlotte, pourraient lui proposer un contrat garanti de milieu de rotation, estimé entre 3 et 5 millions de dollars annuels selon les standards actuels.

Un patrimoine estimé entre 3 et 5 millions d’euros

Les estimations publiques du patrimoine de Théo Maledon divergent fortement. Certaines l’évaluent à 7,83 millions de dollars, soit environ 7,2 millions d’euros au taux de change actuel. Ce chiffre correspond grossièrement à la somme brute de ses contrats NBA cumulés. D’autres l’estiment à seulement 1 million de dollars, une évaluation probablement antérieure à sa signature à Madrid.

En croisant ses revenus NBA bruts, environ 5 à 5,5 millions de dollars entre 2020 et 2024, sa saison à l’ASVEL, 300 000 euros nets, et ses deux saisons madrilènes en cours, soit 3,6 millions d’euros bruts au total, son patrimoine net réaliste se situe entre 3 et 5 millions d’euros en mai 2026.

Cette fourchette intègre les frais d’agent, les charges de gestion patrimoniale et le train de vie d’un sportif professionnel international. Elle n’inclut pas d’éventuels placements immobiliers ou financiers, dont aucune information publique n’a filtré.

Sur le plan des revenus annexes, Maledon dispose de son camp de basketball personnel, le TM6 Basketball Camp, qui génère des revenus non divulgués. Sa relation avec Jordan Brand et Nike, documentée par sa participation au Jordan Brand Classic en 2017 et par l’équipement qu’il porte en match, suggère un contrat d’équipement, mais aucun montant n’a été rendu public.

Contrairement à des joueurs NBA établis comme Rudy Gobert, dont le contrat équipementier Nike est estimé à 2 millions de dollars annuels, ou Evan Fournier, qui dispose de plusieurs partenariats, Maledon ne bénéficie d’aucun contrat publicitaire majeur documenté. Cette absence s’explique par son statut : les joueurs d’EuroLeague, même de premier plan, captent rarement des budgets marketing significatifs en dehors de leurs marchés domestiques.

Son arrivée au Real Madrid, club le plus médiatisé d’Europe avec le FC Barcelone, pourrait débloquer des opportunités commerciales dans les prochains mois. Le Real dispose d’un département marketing qui négocie régulièrement des accords collectifs pour ses joueurs avec des marques espagnoles et internationales.

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Journaliste sportif depuis 2015, Thomas Moreau est spécialisé dans le cyclisme et le hand.

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