Combien gagne Tadej Pogacar ?

07/05/2026

Salaire de 8 M€, primes indexées sur le Tour, contrats luxe et crypto : à 27 ans, Tadej Pogacar a fait basculer l’économie du peloton professionnel.

Devenu en 2025 le sportif le mieux payé de l’histoire du cyclisme selon plusieurs estimations concordantes, Tadej Pogačar aurait dépassé les 12 millions d’euros de revenus annuels. À 27 ans, le Slovène lié à UAE Team Emirates jusqu’en 2030 cumulerait un contrat record, une série de primes hors norme et un portefeuille de sponsors qui le placent à un niveau inédit dans son sport.

Un revenu annuel estimé à plus de 12 millions d’euros

En 2025, les revenus annuels de Tadej Pogačar sont évalués à plus de 12 millions d’euros, hors avantages en nature. Ce total regrouperait un salaire fixe de 8 millions d’euros, environ 1,25 million d’euros de primes de performance et un peu plus de 3 millions d’euros provenant des sponsors personnels et du merchandising.

Le salaire de base versé par UAE Team Emirates, associé à XRG, représenterait près des deux tiers de ses revenus annuels. Les primes contractuelles, indexées sur les résultats dans les grands tours et les championnats, ajouteraient un complément à six ou sept chiffres selon les saisons. Les contrats publicitaires personnels, évalués collectivement à plusieurs millions d’euros par an, compléteraient l’ensemble.

Sur la période 2019-2025, en cumulant salaires, primes et revenus commerciaux, plusieurs estimations situent déjà ses gains à plusieurs dizaines de millions d’euros. En projetant son contrat actuel jusqu’en 2030, le total des salaires garantis approcherait 50 millions d’euros, hors bonus.

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Un contrat prolongé jusqu’en 2030

En octobre 2024, UAE Team Emirates a officialisé la prolongation du contrat de Tadej Pogačar jusqu’en 2030. Les chiffres publiés à ce moment-là font état d’un salaire porté à 8 millions d’euros par saison, ce qui en ferait le plus gros contrat du peloton.

Ce nouvel engagement couvre six années supplémentaires à partir de 2025. Il prolonge une première extension signée en mars 2021, qui liait déjà le coureur slovène à l’équipe jusqu’en 2026. À cette époque, sa rémunération annuelle était estimée autour de 6 millions d’euros, avant d’être réévaluée à environ 7 millions, puis 8 millions d’euros.

Une clause libératoire de l’ordre de 200 millions d’euros a également été évoquée au moment de cette prolongation. Ce montant n’a pas été confirmé publiquement, mais il circule de manière récurrente dans la presse spécialisée et placerait toute tentative de transfert hors de portée des autres équipes du WorldTour.

Les comparatifs publiés début 2026 situent Tadej Pogačar nettement devant ses principaux rivaux. Remco Evenepoel y apparaît autour de 6,6 millions d’euros annuels, Jonas Vingegaard autour de 5 millions, Mathieu van der Poel et Wout van Aert autour de 4 millions. L’écart entre Pogačar et ses poursuivants se situe donc entre 1,4 et 4 millions d’euros par saison.

Des primes indexées sur les grands tours

Les montants associés à Tadej Pogačar ne reposent pas uniquement sur le salaire fixe. Son contrat comprendrait une grille de primes liée aux victoires dans les grandes épreuves, avec environ 1 million d’euros pour le Tour de France, 500 000 euros pour le Giro d’Italia ou la Vuelta, et 250 000 euros pour un titre mondial sur route.

En appliquant cette grille à ses résultats récents, ses primes de performance auraient atteint au moins 1,75 million d’euros en 2024, année de son Giro, de son Tour et de son titre mondial. En 2025, elles seraient montées à 1,25 million d’euros avec un quatrième succès sur le Tour de France et un deuxième maillot arc-en-ciel.

Ces montants s’ajoutent aux primes officielles versées par les organisateurs, de l’ordre de 500 000 à 600 000 euros pour le vainqueur du Tour, ainsi qu’aux redistributions internes au sein de l’équipe. Pour ses succès sur le Tour en 2020 et 2021, ses gains de course officiels ont été chiffrés à plus de 600 000 euros par édition, hors bonus internes.

Au total, le cumul des primes directement liées à ses résultats sur la période 2020-2025 se chiffre en millions d’euros. Le détail exact par saison n’a toutefois jamais été publié de façon exhaustive.

Sponsors personnels et contrats premium

À côté de la rémunération versée par UAE Team Emirates, Tadej Pogačar perçoit chaque année des revenus importants de sponsors personnels. Son portefeuille commercial est géré par l’agence A&J All Sports, dirigée par l’agent italien Alex Carera, qui privilégie un nombre limité de partenaires à forte valeur.

Colnago, fabricant italien de vélos, figure parmi les partenaires les plus visibles, avec plusieurs modèles signatures à son nom. En 2024, une série limitée d’environ 300 vélos Pogačar, vendus autour de 17 000 euros pièce, s’est écoulée très rapidement.

Sur l’équipement, il est également associé à DMT pour les chaussures, à MET pour les casques, à Pissei pour les vêtements et à Enervit pour la nutrition. Les montants de ces contrats n’ont pas été rendus publics, mais ils combinent rémunération fixe et royalties sur certains produits.

En mai 2025, Continental a officialisé la signature de Tadej Pogačar comme ambassadeur global dans un partenariat à long terme centré sur la sécurité routière et le partage de la route. Ce contrat s’ajoute à celui qui le lie à Carthago depuis 2021, souvent associé à des opérations caritatives.

Luxe, crypto et services numériques

Depuis le milieu des années 2020, Tadej Pogačar apparaît aussi dans l’univers du luxe et des technologies. L’horloger suisse Richard Mille, partenaire d’UAE Team Emirates, l’associe au modèle RM 67-02, une montre très légère affichée à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Son nom est également lié à MyWhoosh, plateforme de cyclisme virtuel soutenue par les Émirats arabes unis, ainsi qu’à Plume, société spécialisée dans les services de connexion domestique.

En février 2026, KuCoin a annoncé un partenariat de long terme avec le coureur slovène, présenté comme ambassadeur mondial de la marque. Aucun chiffre n’a été communiqué sur cet accord.

Les revenus issus de l’ensemble de ses sponsors personnels sont évalués autour de 2 millions d’euros par an. Certains scénarios avancent une progression vers 4 millions d’euros si de nouveaux contrats se concrétisent. Ces montants restent des estimations.

La marque « Pogi » et les produits dérivés

En parallèle de ses partenariats, Tadej Pogačar développe depuis plusieurs saisons une identité commerciale personnelle autour du surnom « Pogi ». Ce label apparaît sur des casquettes, t-shirts, maillots, sweats et accessoires vendus en ligne et lors de certaines opérations commerciales.

Plusieurs publications évoquent une forte progression du merchandising lié au coureur, en particulier via Colnago et Pissei. Des estimations situent les revenus associés autour d’un million d’euros par an, sans qu’un chiffre consolidé n’ait été publié.

Les séries limitées servent de vitrine à cette stratégie commerciale. Une partie des recettes de certains produits est reversée à sa fondation ou à des initiatives caritatives conduites avec ses partenaires, mais les montants précis ne sont pas publics.

De Komenda à Monaco

Né le 21 septembre 1998 à Komenda, en Slovénie, Tadej Pogačar a grandi dans une petite commune située au nord de Ljubljana. Les portraits qui lui ont été consacrés rappellent qu’il a commencé le vélo à 8 ans après avoir pratiqué le football, puis qu’il s’est rapidement distingué dans les catégories de jeunes.

Sa victoire au Tour de l’Avenir en 2018 a ouvert la voie à son premier contrat professionnel avec UAE Team Emirates pour la saison 2019. Ce premier engagement est généralement estimé entre 60 000 et 80 000 euros par an.

Depuis ses premiers grands succès, il réside à Monaco avec sa compagne Urška Žigart, elle aussi coureuse professionnelle. Plusieurs reportages décrivent une maison située sur les hauteurs de la principauté, pensée pour la récupération et l’entraînement.

Les estimations de sa fortune nette varient fortement selon les publications. Certaines l’évaluent autour de 15 millions de dollars, d’autres entre 20 et 60 millions d’euros en tenant compte des contrats futurs et des revenus commerciaux. Aucun chiffre précis ne peut être considéré comme établi.

Un palmarès au niveau des montants évoqués

Depuis 2019, Tadej Pogačar a constitué l’un des palmarès les plus fournis du cyclisme contemporain. Il compte quatre Tours de France remportés en 2020, 2021, 2024 et 2025, un Giro d’Italia en 2024, deux titres mondiaux sur route en 2024 et 2025, ainsi qu’un titre européen en 2025.

Dès sa première saison professionnelle, il avait terminé troisième de la Vuelta 2019 avec trois victoires d’étapes. Depuis, il a ajouté à son palmarès douze Monuments au début de l’année 2026, avec notamment plusieurs Liège-Bastogne-Liège, Tours de Lombardie et Tours des Flandres, ainsi qu’un premier Milan-San Remo remporté en mars 2026.

La saison 2024 a réuni un Giro, un Tour, un titre mondial et une moisson de classiques. En 2025, il a enchaîné une nouvelle victoire sur le Tour de France, un nouveau titre mondial et plusieurs succès de prestige. Le début de saison 2026, avec Milan-San Remo puis un troisième Tour des Flandres, a prolongé cette série.

Une fondation financée par une partie de ces revenus

En 2024, Tadej Pogačar a créé une fondation portant son nom. Cette structure agit dans trois directions principales : la lutte contre le cancer, l’aide aux enfants malades et le soutien aux victimes de catastrophes naturelles, notamment en Slovénie.

Le coureur a expliqué à cette occasion vouloir consacrer une partie de ses revenus à des actions d’intérêt général. Certaines marques partenaires, comme Pissei ou Carthago, mentionnent des dons issus d’une partie de leurs ventes à cette fondation.

Les montants précis engagés, la ventilation des dépenses et le détail des projets soutenus n’ont pas encore été publiés de manière complète. Il est donc possible d’attester l’existence et l’activité de la fondation, mais pas d’en mesurer précisément le poids financier.

Un cas qui pèse sur les débats économiques du peloton

Entre 2019 et 2025, les estimations disponibles font passer le revenu annuel de Tadej Pogačar d’environ 60 000 à 80 000 euros pour son premier contrat à plus de 12 millions d’euros en 2025. Dans le même temps, la majorité du peloton WorldTour reste très loin de ces niveaux de rémunération.

Les classements publiés début 2026 mettent en évidence un peloton de plus en plus polarisé, avec quelques leaders au-delà de 4 millions d’euros annuels et une grande majorité de coureurs très en dessous du million. Les équipes soutenues par de grands groupes ou par des budgets liés à des États disposent d’une puissance financière que peu d’autres formations peuvent suivre.

Le cas Pogačar sert désormais de point de référence dans les discussions sur les contrats, les rapports de force entre équipes et la dépendance du cyclisme à ses sponsors. Les données disponibles ne permettent pas d’en faire une norme, mais elles montrent qu’il constitue aujourd’hui un plafond salarial et commercial inédit pour ce sport.

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