Tonali, le leader que l’Italie attendait

27/03/2026

Revenu d’une suspension pour paris illicites, le milieu de Newcastle s’est imposé comme le patron incontesté d’une Nazionale en quête de leaders.

Sandro Tonali n’est pas un buteur de métier. En 31 sélections avec la Nazionale, son coup de pied de la 56e minute contre l’Irlande du Nord n’est que son quatrième but. En 29 matches de Premier League cette saison, il n’en a inscrit aucun. Pourtant, c’est lui qui a déverrouillé la demi-finale de barrages jeudi soir à Bergame, offrant à l’Italie un succès 2-0 et une place en finale face à la Bosnie.

A LIRE AUSSI
Martinique : les 10 meilleurs joueurs de football de tous les temps

Le verrou qu’il fallait faire sauter

Face à un bloc nord-irlandais regroupé et difficile à écarter, la Nazionale cherchait en vain la faille. Mateo Retegui, attendu en pointe, n’était pas en mesure de prendre ce rôle. C’est Tonali qui a tranché : une reprise à ras de terre, fouettée à l’entrée de la surface sur un ballon mal dégagé, sans hésitation. Vingt-quatre minutes plus tard, Moise Kean doublait la mise dans un stade libéré. Le geste du milieu de Newcastle avait changé la physionomie de la soirée.

Un joueur de l’âge de raison

À 25 ans, Tonali traverse la période la plus aboutie de sa carrière. Ses deux saisons et demi en Premier League ont accéléré sa maturité. Le haut niveau de la compétition anglaise, la pression d’un club comme Newcastle, les exigences physiques et tactiques du championnat le plus disputé du monde : autant d’éléments qui ont façonné un joueur plus solide, plus décisif dans les moments qui comptent.

L’épreuve des paris, le chemin de la reconstruction

Cette construction a aussi un volet personnel. En octobre 2023, trois mois à peine après son transfert à Newcastle pour 70 M€, la Fédération italienne le suspend dix mois pour avoir misé illicitement sur des matches. L’affaire provoque en Italie davantage de compassion que d’indignation. Le joueur lui-même avait raconté à La Repubblica ce qui était « devenu une habitude à 17-18 ans » et le travail entrepris avec un psychologue et un psychiatre pour comprendre comment il y était tombé. « Aujourd’hui, je suis un homme différent », concluait-il.

Indispensable pour Sarajevo

La Nazionale en manque de cadres a trouvé en lui ce qu’elle cherchait. Mardi soir en Bosnie (20h45), pour décrocher l’un des quatre derniers billets européens pour la Coupe du monde, elle aura encore besoin de cet homme-là.

Image placeholder

Fan de basket depuis son plus jeune âge, Romain Dujardin a vécu dix ans aux États-Unis, où il a couvert la NBA en tant que pigiste pour des médias américains.