De recalé de l’Atlético à Ballon d’Or blessé, Rodri discute une prolongation à plus de 300 000 £ hebdo avec City après dix-huit mois d’absences répétées.
Un soir de 2013, un adolescent de 17 ans fait ses valises dans une chambre de Castellón et dit à son père que c’est fini. Treize ans plus tard, ce même joueur, Ballon d’Or 2024, discute avec Manchester City d’une prolongation qui pourrait porter son salaire au-delà de 300 000 livres sterling par semaine. Entre ces deux moments, Rodrigo Hernández Cascante a traversé un rejet à l’Atlético de Madrid, un passage fondateur à Villarreal, un transfert à 70 millions d’euros et une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit en septembre 2024. Son histoire financière raconte une carrière, mais aussi une donnée plus rare : en 2026, sa valeur tient autant à ce qu’il fait sur le terrain qu’à ce que son absence coûte à son club.
Une nuit à Castellón
Le 28 octobre 2024, au Théâtre du Châtelet à Paris, Rodri monte sur scène pour recevoir le Ballon d’Or. Devant la salle, il raconte une scène vieille de onze ans : « Quand j’avais 17 ans, j’ai fait mes valises pour aller à Villarreal accomplir un rêve. Un jour, j’ai dit à mon père que c’était fini. (…) Mon père m’a dit : “On est venu jusqu’ici, continuons à avancer.” » Le fait est daté, public et central, parce qu’il relie directement l’adolescent recalé de 2013 au joueur célébré en 2024.
En 2013, Rodri vient de quitter le centre de formation de l’Atlético de Madrid, où il était entré en 2007 à l’âge de 11 ans. Les recruteurs le jugent alors trop faible physiquement pour le très haut niveau. Il part à Villarreal, à environ 400 kilomètres de Madrid. Il n’a ni contrat de star, ni statut, ni salaire significatif à ce stade.
Le 21 mai 2026, le décor est très différent. Rodri est toujours un joueur de Manchester City, son contrat court jusqu’en juin 2027, et plusieurs médias rapportent qu’une prolongation est en discussion avec une forte revalorisation salariale. En parallèle, il est absent après une douleur à l’aine survenue en avril 2026, sans date publique de retour fermement établie à ce jour.
De Majadahonda à Villarreal
Rodri est né le 22 juin 1996 à Madrid et a grandi du côté de Majadahonda, à l’ouest de la capitale. Après son départ de l’Atlético, il rejoint Villarreal et suit un parcours progressif : équipe B, puis débuts professionnels en Coupe du Roi en décembre 2015, enfin premières minutes en Liga en avril 2016. La saison 2016-2017 lui offre 23 matches de championnat, celle de 2017-2018 en compte 37.
Sur le plan salarial, cette étape reste modeste à l’échelle du football d’élite. Des estimations publiées par la presse spécialisée situent sa rémunération à Villarreal autour de 35 000 euros par semaine en 2017, soit environ 1,8 million d’euros par an. Le chiffre n’est pas officiel, mais donne un ordre de grandeur cohérent avec le statut d’un titulaire confirmé dans un club de Liga alors hors du premier cercle européen.
Au même moment, Rodri suit des études de gestion à l’université Jaume I de Castellón. L’établissement a rappelé publiquement, après son Ballon d’Or, qu’il y avait obtenu un diplôme en administration et gestion des entreprises et qu’il avait soutenu un mémoire consacré à un plan marketing pour Manchester City. Pour le grand public, ce détail compte : à 20 ans, alors qu’il joue encore à Villarreal, il prépare déjà l’après-carrière.
Le retour à l’Atlético
En décembre 2017, plusieurs médias annoncent un accord entre l’Atlético de Madrid et Villarreal pour le retour de Rodri, sur une base de 20 millions d’euros, avec 5 millions d’euros de bonus potentiels. L’opération est officialisée pour l’été 2018. Cinq ans après l’avoir jugé trop frêle, l’Atlético rachète donc son ancien joueur pour une somme à huit chiffres.
Sous Diego Simeone, Rodri dispute 34 matches de Liga et inscrit 3 buts pendant la saison 2018-2019. Des estimations situent alors son salaire autour de 115 000 euros par semaine, soit près de 6 millions d’euros par an. Là encore, le chiffre n’est pas officiel, mais il marque un saut net par rapport à Villarreal.
Une clause libératoire de 70 millions d’euros est intégrée à son contrat. Pour un lecteur non spécialiste, le mécanisme est simple : si un club paie cette somme, l’Atlético ne peut plus bloquer le départ. Cette clause va ouvrir la porte au transfert le plus important de sa carrière.
Soixante-dix millions pour Manchester
Le 4 juillet 2019, les représentants de Rodri déposent 70 millions d’euros au siège de la Liga pour lever sa clause libératoire. Manchester City officialise son arrivée le lendemain. Le joueur signe pour cinq ans, jusqu’en 2024.
Les estimations salariales disponibles convergent vers un premier contrat autour de 120 000 livres sterling par semaine, soit environ 6,2 millions de livres par an. Le montant reste proche, en valeur brute, de ce qu’il touche à l’Atlético, mais il s’inscrit dans un autre univers sportif : celui du club de Pep Guardiola, champion d’Angleterre et engagé chaque saison dans la course à la Ligue des champions.
La première année sert d’apprentissage. Fernandinho occupe encore une partie du poste, et Rodri découvre les exigences du jeu de position de Guardiola. À partir de 2020-2021, il devient un titulaire durable. Manchester City remporte la Premier League en 2021, 2022, 2023 et 2024. En juin 2023, Rodri marque l’unique but de la finale de Ligue des champions contre l’Inter Milan. En juin 2023 encore, il est élu meilleur joueur de la Ligue des nations avec l’Espagne, puis meilleur joueur de l’Euro 2024 l’année suivante.
En juillet 2022, Manchester City prolonge son contrat jusqu’en 2027. Selon plusieurs estimations de presse, son salaire passe alors à environ 220 000 livres par semaine, soit un peu plus de 11 millions de livres par an, ou autour de 13 millions d’euros bruts annuels selon les conversions et les bases utilisées. Le chiffre doit être présenté comme une estimation, car le club ne publie pas les détails contractuels individuels.
Septembre 2024, la phrase et la blessure
La saison 2023-2024 est la plus dense de sa carrière. Rodri dispute 50 matches toutes compétitions confondues, inscrit 9 buts et délivre 14 passes décisives. Manchester City remporte un quatrième titre d’affilée en Premier League, et l’Espagne gagne l’Euro 2024.
Le 16 septembre 2024, avant un match de Ligue des champions contre l’Inter Milan, Rodri alerte publiquement sur le calendrier. « Entre 40 et 50 matches, un joueur peut évoluer au plus haut niveau. Ensuite, vous diminuez. (…) Nous sommes proches d’une grève », a-t-il déclaré. La phrase est reprise dans la presse sportive et généraliste dès le lendemain.
Le 22 septembre 2024, lors de Manchester City-Arsenal, il quitte le terrain blessé au genou. Le score final est de 2-2. Les examens confirment une rupture du ligament croisé antérieur, une blessure grave du genou qui nécessite généralement une opération et une longue rééducation. Plusieurs sources indiquent ensuite qu’il a été opéré dans une clinique spécialisée à Madrid. Le 28 octobre 2024, il reçoit le Ballon d’Or en béquilles à Paris.
Un retour haché
Le retour de Rodri ne suit pas une ligne simple. Au printemps 2025, Pep Guardiola demande de la prudence sur sa reprise, expliquant qu’il faut éviter une rechute. Rodri rejoue en mai 2025, puis revient dans le circuit de Manchester City.
La suite est moins stable. Les bases spécialisées recensent ensuite plusieurs pépins physiques, notamment à l’aine, au genou et aux ischio-jambiers, entre l’été 2025 et le printemps 2026. Le 30 juin 2025, lors de la Coupe du monde des clubs organisée par la FIFA, Manchester City est éliminé 4-3 par Al-Hilal, et Rodri sort touché. Le 19 avril 2026, une victoire 2-1 de Manchester City contre Arsenal maintient le club dans la course au titre, et les jours suivants les médias signalent une nouvelle alerte à l’aine pour le milieu espagnol.
Le 23 avril 2026, Guardiola indique qu’il ne connaît pas encore la durée exacte de son indisponibilité après cette nouvelle douleur. Pour rester exact, il est plus prudent d’écrire que Rodri a enchaîné les pépins physiques depuis sa rupture du ligament croisé, plutôt que de figer un nombre définitif de blessures sans base officielle consolidée.
Les chiffres de 2026
Au printemps 2026, plusieurs médias expliquent que Manchester City veut verrouiller l’avenir de Rodri malgré ses absences récentes. Un média britannique rapporte le 2 avril 2026 qu’un nouveau contrat est sur la table. D’autres titres évoquent un salaire qui dépasserait 300 000 livres sterling par semaine. Aucun montant n’a été officialisé par le club au 21 mai 2026.
La formulation la plus solide consiste donc à rester au conditionnel. Selon ces informations concordantes, Rodri pourrait passer d’environ 220 000 livres hebdomadaires à un niveau supérieur à 300 000 livres, soit plus de 15 millions de livres par an. Une telle hausse le rapprocherait du sommet de la hiérarchie salariale de Manchester City.
Pourquoi City bougerait-il autant pour un joueur souvent absent depuis septembre 2024 ? Un élément de réponse se trouve dans les déclarations répétées de Guardiola. Le 19 mai 2026, l’entraîneur déclare encore : « Petit à petit, Rodri va retrouver son meilleur niveau. » Le club ne parle pas seulement d’un bon milieu défensif. Il parle d’un joueur qui a marqué une finale de Ligue des champions, gagné quatre Premier League de suite et remporté le Ballon d’Or 2024.
Madrid s’éloigne, City avance
Le Real Madrid a longtemps été cité comme une destination possible. En mars 2026, Rodri déclare sur la radio Onda Cero : « On ne peut pas refuser les meilleurs clubs du monde. J’aimerais revenir en Liga. » En février 2026, son père, Antonio Hernández, confirme l’existence de discussions, tout en rappelant que l’histoire reste ouverte.
La situation évolue en mai 2026. Un média spécialisé sur la Premier League, citant un journaliste bien informé sur le marché des transferts, explique que le Real Madrid a mis fin aux discussions et que Manchester City se rapproche désormais d’un accord avec le joueur. Cette information relève du marché des transferts et non d’une annonce officielle du club.
Le texte doit donc tenir ensemble deux niveaux. D’un côté, des faits établis : Rodri a 29 ans, il est Ballon d’Or 2024, il est sous contrat jusqu’en 2027, il a subi une rupture du ligament croisé en septembre 2024 et il revient d’une nouvelle blessure au printemps 2026. De l’autre, des données de marché à manier avec prudence : une prolongation possible, un salaire qui pourrait dépasser 300 000 livres par semaine, et un intérêt madrilène qui semble s’être refroidi à la date du 21 mai 2026.
Un soir de 2013, Rodri a dit à son père qu’il voulait tout arrêter. Treize ans plus tard, à 29 ans, il ne sait peut-être pas encore où il jouera après 2027, mais il négocie, selon les médias spécialisés, le contrat le plus élevé de sa carrière. Le fait central de son histoire n’a pas changé : ce joueur longtemps jugé trop léger est devenu, à force de titres et de régularité, l’un des milieux les plus chers du football européen.