À 56 ans, Richard Virenque vit de l’immobilier et de conférences, tout en regrettant la fin de sa vie de consultant phare du cyclisme à la télévision.
En 2009, Richard Virenque expliquait gagner mieux sa vie qu’au temps de sa carrière cycliste, en détaillant alors des revenus issus de la télévision, de contrats d’image et de produits commercialisés sous son nom. Cette orientation vers les affaires s’est prolongée au fil des années 2010 et 2020, avec des activités dans l’immobilier et plusieurs projets commerciaux régulièrement évoqués dans ses entretiens.
Dans un entretien publié en 2024, l’ancien coureur indiquait vivre de ses affaires dans l’immobilier, de son activité de consultant pour Europe 1 et de conférences en entreprise. Cette formule, qu’il emploie lui-même, décrit sa situation avec plus de précision que toute estimation extérieure de ses revenus.
La presse a aussi documenté un projet d’hôtel 5 étoiles à Carqueiranne, dans le Var, sur le site d’un ancien hôpital pour enfants. Ce dossier a connu plusieurs revers. Le permis de construire obtenu en 2020 a été suspendu par la justice administrative, puis le projet a été donné pour définitivement compromis à la fin de 2023. Il est donc plus exact, en 2026, de parler d’un projet hôtelier avorté que d’un chantier en attente immédiate de démarrage.
Au fil de sa reconversion, Richard Virenque a également prêté son nom à des montres, des bijoux, une boisson énergisante baptisée V7 et à une gamme de vélos électriques. En l’absence d’éléments récents détaillant l’état commercial précis de chacune de ces activités, il vaut mieux les présenter comme des axes de diversification de son après-carrière que comme des entreprises toujours actives au même niveau.
La fin d’une carrière de consultant à plein temps
À partir de 2005, Richard Virenque est devenu consultant pour Eurosport, où il a commenté les grandes courses cyclistes pendant plus d’une décennie. Cette présence régulière à l’antenne a prolongé sa visibilité après sa retraite sportive, prise en 2004.
En 2022, l’ancien grimpeur expliquait que le rachat d’Eurosport par Discovery avait mis fin à cette collaboration à plein temps. « Quand Discovery a racheté Eurosport, j’ai sauté », a-t-il déclaré. Depuis cette rupture, il n’a pas retrouvé de poste comparable dans une grande chaîne nationale.
Dans plusieurs déclarations récentes, Virenque a dit avoir eu « l’impression de disparaître » lorsque ses interventions télévisées se sont raréfiées. Il a aussi expliqué que les places étaient rares pour les anciens coureurs souhaitant commenter le Tour de France. Ce décalage entre son poids dans la mémoire du cyclisme français et sa place réelle à l’antenne éclaire une partie de sa situation actuelle.
Une voix encore sollicitée
Après la fin de sa présence régulière sur Eurosport, Richard Virenque est resté associé à Europe 1 comme consultant, notamment pendant le Tour de France. Les informations disponibles confirment ce rôle au moins jusqu’en 2024, sans permettre d’établir avec précision la fréquence de ses interventions en 2026.
Sa parole continue, en revanche, d’être sollicitée sur des sujets liés aux grimpeurs et au Tour. Début mai 2026, il a été interrogé sur le cas de Paul Seixas, annoncé sur la Grande Boucle à 19 ans. Virenque a défendu l’idée qu’un jeune coureur pouvait apprendre beaucoup en découvrant tôt l’épreuve.
Dans cette prise de parole, il a conseillé à Seixas de viser d’abord des victoires d’étape et le maillot à pois plutôt que le classement général. Ce type d’intervention confirme la place qu’il conserve dans le débat cycliste : moins celle d’un consultant permanent que celle d’un ancien champion que l’on consulte dès qu’il est question de montagne.
Marques, produits et projet hôtelier
Dès la seconde moitié des années 2000, Richard Virenque a utilisé sa notoriété dans des activités de licence de marque, en lançant des bijoux puis des montres vendus en grande distribution. Il cherchait alors à transformer son image sportive en activité économique durable.
Dans les années suivantes, son nom a aussi été associé à la boisson énergisante V7 et à des vélos électriques, dans une logique de diversification qu’il a lui-même mise en avant. Les informations les plus récentes permettent surtout de retracer cette trajectoire de reconversion, mais pas de dresser un état précis et actualisé de chacune de ces activités.
Le dossier de Carqueiranne reste le plus documenté. Au départ présenté comme un projet d’hôtel de luxe de 55 chambres avec centre de remise en forme et centre de sensibilisation à l’environnement, il a buté sur des obstacles juridiques et environnementaux. En 2023, plusieurs publications ont indiqué que l’annulation du permis avait définitivement fermé cette perspective. Il n’est donc plus pertinent de présenter cet hôtel comme l’un des chantiers encore en cours de Richard Virenque.
Maintenir le lien avec le grand public
Richard Virenque a aussi entretenu sa visibilité en dehors du commentaire sportif. En 2006, il a remporté l’émission « Je suis une célébrité, sortez-moi de là ! » sur TF1, puis il a participé en 2013 à « Ice Show » sur M6.
Il a également longtemps été associé à la caravane publicitaire du Tour de France pour Festina. En 2020, il faisait part de son amertume après avoir été écarté de ce dispositif auquel il avait participé jusqu’en 2018.
Cette mise à distance n’a pas mis fin à sa présence publique. Il reste actif dans des conférences, des événements liés au cyclisme et des prises de parole ponctuelles. Son exposition est moins continue qu’à l’époque d’Eurosport, mais elle n’a pas disparu.
Un palmarès de premier plan
Richard Virenque est né le 19 novembre 1969 à Casablanca et a couru chez les professionnels de 1991 à 2004. Sur le Tour de France, il a remporté sept fois le classement de la montagne, en 1994, 1995, 1996, 1997, 1999, 2003 et 2004.
Il a également gagné sept étapes sur la Grande Boucle et signé six classements dans les dix premiers du général, avec une troisième place en 1996 et une deuxième en 1997. En dehors du Tour, son palmarès comprend notamment Paris-Tours en 2001 et une victoire d’étape sur le Giro.
Ce socle sportif explique la nature des sollicitations médiatiques dont il fait encore l’objet en 2025 et 2026. Lorsqu’il est question des étapes de montagne, des jeunes grimpeurs français ou du maillot à pois, c’est d’abord ce passé de coureur qui le remet au premier plan.
L’empreinte durable de Festina
L’affaire Festina demeure un point central de toute biographie de Richard Virenque. En 1998, alors qu’il court pour l’équipe Festina, le Tour de France est secoué par un scandale de dopage organisé qui place son équipe et plusieurs de ses membres au premier plan.
Pendant plusieurs années, Richard Virenque a nié s’être dopé avant d’admettre les faits par la suite, dans un cadre judiciaire et médiatique très exposé. Les portraits récents consacrés à son parcours reviennent encore sur cette séquence, tant elle a pesé sur son image publique et sur la lecture de son après-carrière.
Dans des entretiens plus personnels, l’ancien coureur a aussi évoqué la période de dépression qui a suivi la chute sportive et médiatique. Cet épisode aide à comprendre pourquoi sa reconversion, même matériellement réussie selon ses propres mots, reste traversée par la question de la place qu’il occupe encore dans le cyclisme français.
Une place à part dans le cyclisme français
En 2026, Richard Virenque n’occupe pas de poste connu de manager ou d’entraîneur dans une équipe professionnelle. Son activité publique se situe davantage du côté du commentaire, des conférences et des projets privés que de l’encadrement sportif quotidien.
Les prises de parole récentes qui lui sont attribuées montrent qu’il reste une référence lorsqu’il s’agit de parler du maillot à pois, des grimpeurs français ou de l’apprentissage du Tour. Mais cette présence s’exerce de manière intermittente, au gré de l’actualité, et non dans un rôle institutionnel fort.
C’est cette position, entre reconversion économique aboutie et recul de l’exposition permanente, qui définit le mieux le Richard Virenque de 2026 : un ancien champion toujours identifié au Tour de France, toujours consulté, mais désormais installé à distance du centre du jeu.