Marseille : Christophe Galtier a rencontré Benatia

12/05/2026

Medhi Benatia, directeur sportif en partance de l’Olympique de Marseille, aurait rencontré Christophe Galtier ces derniers jours. Une nouvelle réunion entre l’ancien coach du PSG et Grégory Lorenzi, le prochain directeur sportif de l’OM est d’ores et déjà programmée au lendemain de la dernière journée de Ligue 1.

Benatia, qui quittera le club dans les prochaines semaines, a pris l’initiative du contact à la demande de la direction du cliub phocéen.. La rencontre est calée au lendemain de la 34e journée de Ligue 1. C’est la première démarche concrète et identifiée de la direction marseillaise en direction de Galtier.

Son contrat avec le NEOM SC, club saoudien qu’il dirige depuis juillet 2025, expire en juin prochain. Il serait libre sans indemnité de transfert. En avril, interrogé par Le Figaro, Galtier avait déjà indiqué : « Évidemment, je suis né à Marseille, j’ai joué à l’OM. »

Cinq défaites en dix matchs

Beye avait été recruté pour une mission précise : qualifier le club pour la prochaine Ligue des champions. À l’issue de la 32e journée, l’OM pointe à la 7e place avec 53 points, à sept longueurs de Monaco, sixième. La qualification est mathématiquement compromise. En 2026, le club a concédé 29 buts en championnat, deuxième pire défense de la saison civile, derrière le seul Metz, déjà relégué. Lors d’une séance à La Commanderie, Beye a interrompu l’entraînement, exaspéré par le manque d’implication de certains joueurs. Son départ en fin de saison est désormais présenté par l’ensemble de la presse spécialisée comme une certitude.

Le palmarès que les autres candidats n’ont pas

Le 2 mai, l’OM s’est incliné 3-0 à Nantes. L’adversaire était alors premier relégable de Ligue 1. Ce résultat a figé le bilan d’Habib Beye à cinq défaites en dix rencontres depuis sa nomination, le 18 février 2026, le pire ratio d’un entraîneur marseillais sur une même fenêtre depuis 1984.

Galtier est né à Marseille le 28 août 1966. Il a disputé 139 matchs sous le maillot de l’OM en tant que défenseur, entre 1985 et 1987, puis entre 1995 et 1997. Il n’a jamais entraîné le club.

La trajectoire qui suit est difficile à contester. À Saint-Étienne, où il a officié de 2009 à 2017, il a remporté la Coupe de la Ligue 2013 et conduit les Verts à sept reprises dans le top 10 de Ligue 1. À Lille, entre 2017 et 2021, il a décroché le titre de champion de France, le premier du club en dix ans, au détriment du PSG. Passé ensuite par Nice et Paris, où il a remporté le Trophée des Champions 2022, il a dirigé Al-Duhail au Qatar de 2023 à 2025 avant de prendre en main le NEOM SC, promu en Saudi Pro League. Au total, plus de 630 matchs comme entraîneur principal.

En 2023, il avait décliné une première approche de l’OM. Il invoquait alors le « timing » : son procès pour discrimination envers des joueurs musulmans, instruit à Nice, était en cours. En décembre 2023, le tribunal correctionnel l’a définitivement relaxé. Le Parquet a renoncé à faire appel.

Bernard Casoni, qui a travaillé avec lui à Marseille au tournant des années 2000, a déclaré publiquement : « S’il a l’occasion d’entraîner l’Olympique de Marseille, il faut qu’il y aille. » Pierre Ménès, sur le10sport.com, a jugé que Galtier « a l’amour du club » et l’autorité pour stabiliser un vestiaire en déroute.

Le PSG, trois ans après

Une part des supporters marseillais n’a pas digéré le passage de Galtier sur le banc du PSG en 2022-2023. Bernard Casoni, qui plaide pour sa nomination, parle lui-même d’un « terrain miné ». Éric Di Meco a pris le contre-pied, appelant les supporters à « mettre de côté leur hostilité de principe ».

Liam Rosenior, Sérgio Conceição et Bruno Genesio, en instance de départ du LOSC, ont également été cités pour le poste. Aucun des trois ne cumule la disponibilité contractuelle immédiate, un palmarès en Ligue 1 et la convergence médiatique dont bénéficie Galtier depuis une semaine.

157 millions de pertes et un poste à pourvoir sans frais

L’OM a accumulé 157 millions d’euros de pertes sur trois ans, selon L’Équipe. L’absence de qualification européenne pour 2026-2027, désormais quasi actée, amputera encore les recettes issues des droits télévisés et des primes UEFA. Recruter un entraîneur dont le contrat expire naturellement représente, dans ce contexte, une économie immédiate.

La saison écoulée aura été chaotique à tous les niveaux : élimination en phase de poules de la Ligue des champions après une défaite 0-3 à Bruges, deux entraîneurs limogés, départ du président, crise ouverte dans le vestiaire. Stéphane Richard prend les rênes d’un club à reconstruire de haut en bas, avant même d’avoir officiellement pris ses fonctions.

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Théo Larnaudie est un journaliste spécialisé dans le football. Après avoir travaillé au sein de plusieurs médias européens, il a rejoint Sport Live en tant que chef de la rubrique football.

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