À 38 ans, Nasri s’est installé sur les plateaux de Ligue des champions, sans renoncer à l’idée d’entraîner un jour, peut-être à Marseille.
Arrivé sur Canal+ en 2021, quelques jours après avoir officialisé la fin de sa carrière, Samir Nasri n’est plus un ancien joueur en transition mais un consultant installé dans la durée.
En restant sur la chaîne cryptée, il a privilégié les soirées de Ligue des champions, cœur du dispositif éditorial de Canal+, à un projet nouveau centré sur la Ligue 1. Ce choix donne aussi la mesure de sa place dans le paysage audiovisuel français, où son profil est désormais recherché.
Plateau
Depuis plusieurs saisons, Samir Nasri a installé un ton reconnaissable : phrases courtes, jugements nets, peu de précautions oratoires. En mars 2026, une de ses interventions sur Canal+ à propos d’un joueur en difficulté a été largement reprise après une formule sèche prononcée en direct.
Ses prises de parole sur l’Olympique de Marseille restent les plus scrutées. En décembre 2025 puis en février 2026, plusieurs de ses commentaires sur son club formateur ont provoqué de vives réactions chez certains supporteurs, tant son statut d’ancien enfant du Vélodrome continue de peser dans la réception de ses propos.
Cette visibilité tient aussi au cadre dans lequel il s’exprime. Placé sur les plus grandes affiches européennes, Nasri parle dans un espace où la moindre phrase circule ensuite bien au-delà du plateau.
Retraite
La carrière de joueur de Samir Nasri s’est achevée après sa dernière saison à Anderlecht, en 2019-2020, et il a officialisé sa retraite en 2021, à 34 ans. Cette chronologie mérite d’être précisée, car sa dernière apparition en club remonte à 2020 alors que l’annonce publique de son arrêt date de l’année suivante.
À ce moment-là, il explique ne plus avoir trouvé le projet capable de le relancer. Cette sortie du jeu s’est faite après une suspension pour violation des règles antidopage liée à un traitement intraveineux reçu à Los Angeles, épisode qui a lourdement pesé sur la fin de son parcours.
Ses derniers passages à Séville, Antalyaspor, West Ham puis Anderlecht n’ont jamais permis de retrouver la continuité de ses meilleures années. Cette fin abrupte éclaire encore aujourd’hui son discours sur la carrière, le corps, l’entourage et les occasions manquées.
Banc
L’idée d’une reconversion sur le terrain n’a jamais disparu. En 2023, Samir Nasri a expliqué qu’il s’interrogeait sur la possibilité de suivre une formation d’entraîneur, notamment du côté de la Fédération galloise, tout en précisant qu’il voulait d’abord aller observer des coachs avec lesquels il avait travaillé.
Depuis, il a répété à plusieurs reprises qu’il aimerait entraîner un jour, y compris à Marseille, sans donner d’échéance précise. En 2025, il expliquait encore que cette perspective l’attirait mais que sa vie actuelle ne le permettait pas.
À ce jour, aucun club professionnel ne l’a nommé entraîneur principal ou adjoint. En 2026, la définition la plus juste reste donc celle d’un consultant installé, qui garde ouverte l’hypothèse du banc sans l’avoir transformée en engagement concret.
Carrière
Né à Marseille en 1987, Samir Nasri a été formé à l’Olympique de Marseille, où il débute chez les professionnels au milieu des années 2000. Avec l’OM, il remporte la Coupe Intertoto en 2005, dispute deux finales de Coupe de France, en 2006 et 2007, et termine vice-champion de France en 2007.
En 2008, il rejoint Arsenal, où il devient l’un des milieux offensifs créatifs de Premier League sous Arsène Wenger. Puis, en 2011, il signe à Manchester City, avec lequel il remporte deux championnats d’Angleterre, en 2012 et 2014, une Coupe de la Ligue en 2014 et le Community Shield en 2012.
Les bases statistiques convergent sur l’essentiel : Nasri a disputé plus de 500 matchs professionnels et plus de 200 rencontres en Premier League. Ses années anglaises restent le sommet de son parcours, par le niveau des adversaires, le volume de matchs et son poids dans les campagnes domestiques et européennes.
La seconde partie de sa carrière a été plus heurtée. Séville, Antalyaspor, West Ham puis Anderlecht composent une fin de parcours dans laquelle les blessures, la suspension et l’irrégularité ont pris le dessus.
Bleus
En équipe de France, Samir Nasri compte 41 sélections et 5 buts. Son moment le plus fort reste son but contre l’Angleterre à l’Euro 2012, dans un tournoi qui bascule ensuite dans la polémique.
Cette compétition a durablement marqué son image en sélection. Les tensions avec les médias, l’épisode de l’insulte adressée à un journaliste et les suites disciplinaires ont installé un rapport conflictuel qui ne s’est jamais vraiment apaisé.
En 2014, après sa non-sélection pour la Coupe du monde au Brésil, Nasri annonce qu’il ne souhaite plus revenir chez les Bleus. Les années suivantes, il revient à plusieurs reprises sur cette période, admettant avoir mal géré certains épisodes tout en contestant la manière dont il a été perçu.
Le bilan international reste donc double : un joueur de grand talent, capable de gestes rares, mais dont le parcours en équipe de France s’est refermé dans la tension et le gâchis.
Vie publique
Sa vie privée est aujourd’hui beaucoup moins exposée qu’à l’époque de ses années anglaises. On sait qu’il est devenu père en 2018, mais il livre peu d’éléments sur sa sphère familiale et maîtrise davantage ce qu’il laisse voir.
Ses apparitions publiques se concentrent désormais sur son activité de consultant, ses souvenirs de carrière et ses prises de parole sur l’actualité du football français et européen. Il existe moins par les rubriques people que par ses analyses, ses jugements et la mémoire de ce qu’il fut comme joueur.
En 2026, Samir Nasri occupe donc une place singulière : ancien prodige marseillais, double champion d’Angleterre, international resté en conflit avec une partie de son histoire française, et consultant de premier plan dans un football qu’il commente désormais depuis le bord du terrain.