Combien gagne Lorenzo Musetti ?

04/05/2026

Médaille olympique, demi-finales en Grand Chelem, contrats Bottega Veneta et ASICS : en dix-huit mois, Musetti est devenu le tennisman le plus bankable de sa génération sans titre majeur.

En 2025, Lorenzo Musetti a gagné 4,124 millions de dollars en prize money. C’est son record personnel. C’est aussi sa première saison sans titre ATP depuis 2022. Ce paradoxe résume mieux que n’importe quelle statistique ce qu’est devenu le Toscan de 24 ans : un joueur dont la valeur économique a définitivement décroché de son palmarès.
Le chiffre de départ est vertigineux dans l’autre sens. En 2017, première année de trace sur le circuit, Musetti a encaissé 260 dollars. En 2021, il franchissait le million. En 2025, il dépassait quatre fois cette barre. Le cumul de carrière dépasse aujourd’hui 14 millions de dollars en prize money officiel, ce qui le place au 53e rang de l’histoire du tennis toutes surfaces confondues.

Le tournant n’est pas une victoire. C’est une signature. En janvier 2024, Musetti rejoint l’agence IMG, l’une des plus puissantes du sport mondial. Douze mois plus tard, son portefeuille commercial est méconnaissable.

Bottega Veneta, ASICS, Kia : cinq sponsors en vingt-quatre mois

En janvier 2025, Musetti rompt avec Nike et signe un contrat pluriannuel avec ASICS. En juin 2025, Bottega Veneta, maison de luxe du groupe Kering, l’annonce comme ambassadeur mondial. En janvier 2026, Kia Italia officialise un partenariat structuré après cinq ans de collaborations ponctuelles. Dans le même mois, The 1916 Company révèle qu’il porte désormais une De Bethune, montant en gamme dans la haute horlogerie après quatre ans chez Rolex. Polaroid Eyewear, qui a signé un accord hybride ATP Tour-ambassadeur individuel dès janvier 2025, complète l’ensemble.

Cinq contrats premium en vingt-quatre mois. Aucun montant n’est communiqué par les parties, c’est la règle dans ce segment. Mais la séquence des signataires suffit à mesurer le changement d’échelle.

Ce qui frappe à l’examen de cette chronologie, c’est la mécanique de chaque annonce. Bottega Veneta est révélé pendant Wimbledon 2025, quelques semaines après la demi-finale de Roland-Garros. Kia Italia est annoncé au moment des Australian Open 2026. ASICS officialise son contrat en janvier 2025, juste après une saison 2024 qui avait vu Musetti décrocher une médaille olympique et atteindre la demi-finale à Wimbledon. Chaque marque valide un résultat acquis, elle n’anticipe pas. Louise Trotter, directrice artistique de Bottega Veneta, avait même fait le déplacement à Roland-Garros pour assister à son quart de finale avant que l’accord ne soit annoncé.

Paris, l’été où tout a basculé

Le 2 août 2024, Lorenzo Musetti bat Félix Auger-Aliassime 6-4, 1-6, 6-3 au Court Central de Roland-Garros pour décrocher la médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Paris. L’Italie n’avait pas remporté de médaille en simple messieurs depuis 1924, et depuis Uberto de Morpurgo, sur ce même court. Le chiffre circule immédiatement dans les rédactions et les directions marketing.

Trois semaines plus tôt, Musetti avait atteint la demi-finale de Wimbledon, sa première demie en Grand Chelem, sur gazon, surface a priori contraire à son profil de terrien. Il y avait éliminé Taylor Fritz et Grigor Dimitrov avant de s’incliner contre Novak Djokovic. Les deux performances, en moins d’un mois, ont produit un signal rare : Musetti n’est plus un spécialiste. Il est un joueur de Grand Chelem toutes surfaces.
À cela s’ajoutent deux victoires consécutives en Coupe Davis avec l’Italie, en 2023 et 2024. Le premier titre collectif transalpin depuis 1976 avait déjà installé son nom dans la mémoire sportive italienne. La deuxième victoire l’a confirmée.

Roland-Garros 2025, 44 victoires, et Turin pour la première fois

Le 5 juin 2025, Lorenzo Musetti abandonne en demi-finale de Roland-Garros contre Carlos Alcaraz sur blessure musculaire, alors que le score est 4-6, 7-6, 6-0, 2-0 en faveur de l’Espagnol. C’est la meilleure performance de sa carrière en Grand Chelem sur terre battue, obtenue quelques jours après sa victoire en quarts contre Frances Tiafoe.

Cette demi-finale est le sommet d’une saison construite dès mars. Musetti est en 2025 le seul joueur à atteindre les demi-finales des trois Masters 1000 sur terre battue : Monte-Carlo, Madrid, Rome. Bilan de saison : 44 victoires pour 20 défaites, soit 68,8% de succès. Il termine 9e mondial.

En novembre 2025, il se qualifie pour la première fois aux Nitto ATP Finals de Turin, où il bat Alex de Minaur au premier tour. Prize money à Turin : 727 500 dollars, dont 331 000 de participation fee et 396 500 pour sa victoire en round-robin. La même semaine, l’ATP publie les standings du Bonus Pool : Musetti est classé 3e, derrière Alcaraz et Sinner uniquement, sur un système de prime qui distribue 21 millions de dollars entre les trente meilleurs joueurs de la saison.

Carrare, Monaco et la promesse de 2019

Lorenzo Musetti est né le 3 mars 2002 à Carrare, ville de marbre blanc en Toscane. À 14 ans, il rejoint l’Académie Mouratoglou, en France. En 2019, il remporte l’Open d’Australie juniors. La même année, il passe professionnel. En 2020, à Rome, il devient le premier joueur né en 2002 à gagner un match sur le circuit ATP en battant successivement Stan Wawrinka (6-0, 7-6) puis Kei Nishikori (6-3, 6-4) en Masters 1000.

L’image qui reste de 2021 n’est pas une victoire. C’est un abandon. À Roland-Garros, menant deux sets à zéro contre Novak Djokovic, Musetti quitte le court sur crampes. La scène nourrit autant sa légende que ses doutes. En 2022, il répond : deux titres ATP, Hamburg (ATP 500, en finale contre Alcaraz) et Naples (ATP 250, contre Berrettini). Puis 2023 arrive sans trophée, avec un bilan de 32 victoires pour 27 défaites. Le plafond semble posé. Il ne l’était pas.

Résident à Monaco, géré par IMG depuis janvier 2024, Musetti a transformé une carrière de talent prometteur en une trajectoire de top 5.

Le père de famille, la blessure de Melbourne et la rechute de Monte-Carlo

En novembre 2025, Musetti annonce qu’il ne participera pas à la Coupe Davis pour être présent à la naissance de son deuxième enfant. L’Italie, tenante du titre, doit se passer de lui. La décision est publique, assumée, sans ambiguïté.

Il a 23 ans. Son premier enfant est né en 2024, le second en 2025. Ce profil, père de deux enfants, sportif de haut niveau, homme à l’image soignée, est précisément ce que Bottega Veneta et Kia cherchaient.

Le 12 janvier 2026, après sa finale perdue à Hong Kong contre Alexander Bublik (6-3, 7-6), le classement ATP le positionne au 5e rang mondial. C’est son record en carrière. Il devient le troisième Italien de l’ère Open à intégrer le top 5, après Adriano Panatta et Jannik Sinner. Deux semaines plus tard, à Melbourne, il bat Taylor Fritz 6-2, 7-5, 6-4 en huitièmes de finale, complétant ainsi la collection des quarts de finale dans les quatre Grands Chelems, à 23 ans. En quarts, il remporte les deux premiers sets contre Novak Djokovic avant d’abandonner au troisième sur blessure aux obliques.

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Féru de sports extrêmes et de préparation physique, Marie Meunier est responsable de la rubrique nutrition.

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