Combien gagne Lenny Martinez ?

04/05/2026

À 22 ans, Lenny Martinez est le coureur français le plus cher du peloton. Son contrat chez Bahrain Victorious alimente toutes les rumeurs et tous les démentis.

Le 4 août 2024, Lenny Martinez signe un contrat de trois ans avec l’équipe Bahrain Victorious, couvrant les saisons 2025 à 2027. Dans les heures qui suivent, plusieurs médias spécialisés avancent un montant global d’environ six millions d’euros sur trois ans, avec une progression annuelle culminant à 2,5 millions d’euros lors de la dernière saison. La presse italienne publie une fourchette similaire.

Quelques mois plus tard, dans un entretien accordé à L’Équipe, Martinez balaie ces estimations. « J’ai lu quelque part que j’allais gagner 2,5 M€ par an. C’est complètement faux », a-t-il déclaré, sans donner le chiffre réel. Des sources spécialisées situent son salaire annuel brut entre 400 000 et 500 000 euros, auxquels s’ajoutent les primes de course, soit une valeur six fois inférieure aux estimations les plus hautes.

Ce qu’il admet, en revanche, est factuel : entre ses débuts chez Groupama-FDJ et la signature avec Bahrain, il a « multiplié son salaire par dix ». La fourchette exacte reste indéterminée. Ce qui ne l’est pas : Martinez figure désormais parmi les dix coureurs professionnels les mieux rémunérés au monde.

60 000 euros en 2022, 200 000 en 2024

Lenny Martinez a débuté sa carrière professionnelle en 2022 au sein de la structure continentale Groupama-FDJ CT avec un salaire annuel brut estimé entre 60 000 et 80 000 euros, le tarif en vigueur pour un jeune coureur sans palmarès en World Tour. À l’issue de la saison 2024, après cinq victoires consécutives, son contrat avait été réévalué à environ 200 000 euros brut annuels.

En trois saisons, son salaire fixe a donc été multiplié par trois à quatre avant même le transfert. C’est la performance sportive qui a précédé la rémunération, et non l’inverse.

Cinq victoires en cinq mois

Entre le 16 février et le 29 mai 2024, Martinez remporte cinq courses sous le maillot Groupama-FDJ : la Classic Var, le Trofeo Laigueglia, le Grand Besançon Doubs, le Tour du Doubs, et le Mercan’Tour Classic Alpes-Maritimes, cette dernière malgré une chute dans le col de la Couillole. Cinq départs, cinq victoires.

En parallèle, il termine 2e d’O Gran Camino derrière Jonas Vingegaard, 7e du Tour de Catalogne avec le maillot blanc de meilleur jeune, 8e des Strade Bianche et 8e du Tour de Romandie. Dès juin 2024, les plus grandes équipes du peloton mondial s’intéressent à lui. Son Tour de France 2024, 124e au classement général sans victoire d’étape, ne refroidit pas les prétendants.

Maillot rouge à 20 ans et 51 jours

Avant ce mercato, il y a eu la Vuelta 2023. En août, lors de sa première participation à un Grand Tour, Martinez intègre une longue échappée sur la 6e étape, termine 2e derrière Sepp Kuss à 26 secondes, et s’empare du maillot rouge de leader. À 20 ans et 51 jours, il devient le plus jeune coureur de l’histoire à porter le maillot de leader de la Vuelta, dépassant le record détenu par Miguel Induráin, qui l’avait endossé à 20 ans et 283 jours en 1985. Il ne conserve le maillot que deux jours et quitte l’épreuve hors du classement général de référence. Mais la visibilité mondiale est là : trois semaines, en rouge pendant quarante-huit heures, sur le Grand Tour espagnol.

En 2025, première saison chez Bahrain, il remporte quatre courses : une étape de Paris-Nice, sa première victoire au niveau WorldTour, une étape du Tour de Romandie, l’étape finale du Critérium du Dauphiné et la Japan Cup d’Utsunomiya, avec 32 secondes d’avance sur Alex Baudin. Au Tour de France 2025, il choisit une stratégie de chasseur de maillot à pois. Il engrange 35 160 euros de primes individuelles sur l’épreuve, devenant le Français le mieux primé de l’édition, 9e toutes nationalités. Sa journée la plus productive : 14 000 euros en une seule étape pyrénéenne, en passant en tête de plusieurs cols. Il termine 3e du classement de la montagne et 79e au classement général, après une pénalité de 8 points et une amende de 200 francs suisses pour utilisation du « bidon collé » lors de la 18e étape dans le col du Glandon.

En mars 2026, au Tour de Catalogne, il finit 2e du classement général derrière Jonas Vingegaard, résistant à Remco Evenepoel et Florian Lipowitz, malgré une crevaison dans les deux derniers kilomètres de la 6e étape.

Trois générations, un seul sport

Mariano Martinez, né à Burgos et naturalisé français, a porté le maillot à pois du Tour de France en 1978 et remporté deux victoires d’étape sur la Grande Boucle, en 1978 et en 1980. Son fils Miguel a été champion du monde et champion olympique de VTT à Sydney en 2000. Lenny est le fils de Miguel, le petit-fils de Mariano.

« On était des prototypes, il est le produit fini », a déclaré Miguel Martinez en 2023. Mariano, lui, raconte que Lenny a remporté sa première course à 14 ans avec dix minutes d’avance. Ces deux éléments, la lignée et l’anecdote fondatrice, constituent une narration rare dans le sport professionnel français, un actif immatériel qui intéresse les marques autant que les équipes.

Herkover, Wasserman, Bianchi

Le seul contrat publicitaire personnel documenté à ce jour est celui avec Herkover, confirmé par une publication officielle de la marque en mars 2026, après la victoire de Martinez lors de la dernière étape de Paris-Nice. Les montants et la durée de cet accord n’ont pas été rendus publics.

Ses intérêts commerciaux sont gérés par l’agence Wasserman, groupe international de management sportif actif dans plusieurs disciplines. Sur le plan de l’équipement, Bahrain Victorious a annoncé début 2026 l’arrivée de Bianchi comme sponsor technique, remplaçant Merida. Martinez course désormais sur du matériel du fabricant italien.

« Je veux gagner le Tour de France »

En octobre 2024, Martinez a déclaré sans condition : « Je veux gagner le Tour de France. » Ses deux participations à l’épreuve n’ont pas encore traduit cette ambition en classement général, 124e en 2024, 79e en 2025. Son 2e rang au Tour de Catalogne 2026, à moins d’une minute et demie du vainqueur sur sept étapes, est la performance la plus proche d’un résultat général de premier plan. La question de savoir si un profil de 52 kg, efficace sur les ascensions pures, peut tenir trois semaines face à Pogacar et Vingegaard reste ouverte. Martinez lui-même n’y a pas encore répondu par les résultats.

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Féru de sports extrêmes et de préparation physique, Marie Meunier est responsable de la rubrique nutrition.

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