Combien gagne Kévin Vauquelin ?

26/04/2026

En trois saisons, Kévin Vauquelin est passé de la première victoire d’Arkéa sur le Tour à un contrat INEOS. Le prix de cette ascension : un salaire estimé à 780 000 euros par an.

Le 30 juin 2024, à Bologne, Kévin Vauquelin franchit la ligne en solitaire sur la 2e étape du Tour de France. Il a 23 ans. C’est la première victoire de l’équipe Arkéa-B&B Hotels dans l’histoire de la Grande Boucle. La veille, Romain Bardet avait remporté la première étape à Rimini : deux Français s’adjugent ainsi les deux premières étapes consécutives du Tour. Un an plus tard, Vauquelin terminerait 7e du classement général de l’édition 2025, meilleur Français de l’épreuve. En octobre 2025, INEOS Grenadiers annonçait sa signature pour les saisons 2026, 2027 et 2028.

Le transfert a une traduction financière directe. Chez Arkéa, son salaire annuel était estimé entre 350 000 et 450 000 euros selon plusieurs sources spécialisées. Chez INEOS, ce montant aurait été porté à environ 780 000 euros par an. Les deux parties n’ont pas confirmé ces chiffres publiquement : les contrats dans le cyclisme professionnel ne font l’objet d’aucune obligation de divulgation.

780 000 € par an : ce que disent les chiffres

Le salaire moyen d’un coureur évoluant dans une équipe WorldTour est estimé à environ 500 000 euros annuels. Avec une rémunération évaluée à 780 000 euros, Vauquelin se situerait au-dessus de cette médiane dès sa première saison chez INEOS. Pour comparaison, le budget global de l’équipe Arkéa-B&B Hotels tournait autour de 17 millions d’euros, soit trois à quatre fois moins que celui des formations du haut de tableau de l’élite mondiale.

Son contrat initial chez Arkéa-Samsic avait été signé en 2022 et prolongé jusqu’en 2025 en décembre de la même année. La négociation du départ vers INEOS a été conduite par Joona Laukka, directeur de LC Management, agence qui gère une quarantaine de coureurs professionnels. LC Management assure, selon sa propre description, « la rédaction des engagements commerciaux et l’accompagnement sur les réseaux sociaux ». Aucun contrat publicitaire personnel, avec un équipementier, une marque alimentaire ou un sponsor automobile, n’a été rendu public à ce jour.

Le Tour de Suisse comme déclencheur

En juin 2025, Vauquelin entre dans la dernière étape du Tour de Suisse avec 33 secondes d’avance au classement général sur João Almeida. Cette 8e étape est un contre-la-montre en côte sur 10,1 kilomètres. Almeida réalise le meilleur temps, avec 1 minute et 40 secondes d’avance sur Vauquelin dans l’exercice. Vauquelin termine 2e du classement général à 1 minute et 7 secondes. Si l’issue est décevante, la performance établit sa valeur auprès des directeurs sportifs : il ne succède pas à Christophe Moreau, dernier Français vainqueur d’une course WorldTour par étapes, sur le Dauphiné en 2007.

Trois semaines plus tôt, à la Flèche Wallonne, il avait terminé 2e derrière Tadej Pogacar, à 10 secondes, devant Tom Pidcock et Remco Evenepoel. En juillet 2025, une hésitation entre INEOS et un renouvellement de contrat avec Arkéa avait été rapportée par plusieurs médias spécialisés. La question s’est réglée d’elle-même : en juin 2025, Arkéa et B&B Hotels avaient annoncé leur retrait conjoint du cyclisme à l’issue de la saison. Vauquelin était le principal actif sportif de la formation lors de sa dissolution.

29 730 € de primes sur le Tour

Le prize money du cyclisme ne contribue qu’à la marge aux revenus d’un coureur professionnel. Sur le Tour de France 2025, Vauquelin a perçu 29 730 euros de primes au total. Ce montant comprend 11 500 euros pour sa 7e place au classement général, 830 euros pour sa 5e place lors du contre-la-montre de Caen, et des primes journalières de 300 euros pour le port du maillot blanc de meilleur jeune, assorties de 500 euros par étape détenue en tête du classement.

Sur le Tour de France 2024, la victoire d’étape à Bologne avait généré une prime de 11 000 euros. Ces montants sont répartis entre les coureurs et le staff de l’équipe selon la règle tacite en vigueur dans le peloton professionnel. Le prize money représente en pratique moins de 5% du revenu annuel d’un coureur à ce niveau de rémunération.

Du maillot blanc au rôle de leader

Le profil de Vauquelin correspond à ce que les équipes de classement général recherchent : rouleur-grimpeur de 1,76 m pour 69 kg, performant sur les contre-la-montre et capable de tenir sur les courses par étapes de trois semaines. Sur le Tour de France 2025, il a porté le maillot blanc de meilleur jeune en début d’épreuve et a terminé 3e de ce classement derrière Florian Lipowitz et Oscar Onley.

Ses premières semaines sous les couleurs d’INEOS, en 2026, confirment le mandat qui lui a été confié. Il termine 4e du classement général de Paris-Nice, où son équipe remporte la victoire par équipes. Sur le Tour du Pays Basque, il est désigné leader de la formation, terminant 10e. « Le rêve est de gagner le Tour de France », a-t-il déclaré à Ouest-France en décembre 2025. INEOS, de son côté, lui a fixé les Grands Tours comme horizon à moyen terme.

De la piste à Bologne : onze ans de formation

Natif de Bayeux, en Normandie, Vauquelin a construit ses fondations sur piste avant de basculer vers la route. Aux Championnats du Monde juniors d’Aigle, en 2018, il décroche une médaille d’argent en poursuite par équipes. L’année suivante, à Francfort-sur-l’Oder, il repart avec trois médailles : argent en poursuite par équipes, argent en course aux points, bronze en américaine. En 2018 et 2019, il est également Champion de France du contre-la-montre puis sur route dans la catégorie juniors.

En 2021, il remporte le Championnat de France du contre-la-montre amateurs avec 55 secondes d’avance, puis reçoit le Vélo d’Or Espoirs décerné par le magazine Vélo. Son passage chez les professionnels en 2022 chez Arkéa-Samsic donne deux 2e places en classement général lors de sa première saison. En 2023, il remporte sa première victoire en ligne professionnelle sur le Tour du Jura, devançant Thibaut Pinot et Guillaume Martin de 17 secondes dans la montée du mont Poupet. Sa progression en points UCI est de 628 en 2023 à 1 108 en 2024, une courbe que la signature chez INEOS traduit désormais en euros.

Image placeholder

Laisser un commentaire