Champion du monde 1998, Alain Boghossian partage aujourd’hui son temps entre la FFF, les médias sportifs, les tournois de golf et des engagements caritatifs.
Le 12 juillet 1998, Alain Boghossian reçoit une médaille d’or au Stade de France, après la victoire 3‑0 de l’équipe de France contre le Brésil en finale de la Coupe du monde. Vingt‑huit ans plus tard, l’ancien milieu de terrain partage son temps entre la Fédération française de football, des plateaux de télévision et des parcours de golf.
Des bancs de l’équipe de France à la direction technique
Alain Boghossian met fin à sa carrière professionnelle en 2003, après un dernier passage au RCD Espanyol Barcelone et plusieurs blessures récurrentes au genou. L’ancien joueur de Naples et de Parme rejoint en 2008 le staff de l’équipe de France dirigée par Raymond Domenech, à l’âge de 37 ans, avec le titre officiel d’adjoint.
Il participe à l’Euro 2008 en Suisse et en Autriche, où les Bleus sont éliminés au premier tour après une défaite 4‑1 contre les Pays‑Bas et un nul 0‑0 face à l’Italie. Il reste en place jusqu’à la Coupe du monde 2010, disputée en Afrique du Sud, marquée par la grève de l’entraînement de l’équipe de France le 20 juin 2010 à Knysna.
Lorsque Laurent Blanc succède à Raymond Domenech en juillet 2010, Alain Boghossian conserve son rôle d’adjoint auprès de la nouvelle équipe technique jusqu’à l’Euro 2012 en Pologne et en Ukraine. Il accompagne la sélection jusqu’au quart de finale perdu 2‑0 contre l’Espagne, futur champion d’Europe, avant de quitter le banc à l’issue du tournoi.
Après l’arrivée de Didier Deschamps à la tête des Bleus en juillet 2012, Alain Boghossian rejoint la direction technique nationale de la Fédération française de football. Il intervient alors sur des missions de suivi des internationaux, de relations avec les clubs et de formation, selon les différentes fiches de présentation diffusées par la FFF et les médias spécialisés.
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Une voix régulière dans le paysage des consultants
Au lendemain de son départ du staff de l’équipe de France, Alain Boghossian trouve un premier point de chute sur les antennes d’Eurosport. Il commente la Ligue 2 et certaines affiches de Coupe de France, aux côtés de journalistes comme Christophe Josse ou Xavier Gravelaine, en apportant un regard d’ancien international.
Il apparaît ensuite sur W9 dans l’émission « 100% Foot », diffusée en soirée et consacrée à l’actualité de la Ligue 1 et de la sélection. Ses interventions portent sur des séquences tactiques, des choix d’entraîneurs ou des attitudes de joueurs, avec une parole rare mais précise sur les milieux de terrain.
À partir de 2018, Alain Boghossian rejoint l’équipe de RTL pour la Coupe du monde en Russie. Il commente plusieurs matches de la compétition pour la station, qui suit en direct le parcours de l’équipe de France jusqu’à la victoire 4‑2 en finale contre la Croatie. Il explique alors que « le rôle d’un consultant, c’est d’éclairer ce que les auditeurs ne voient pas à la radio », phrase prononcée au cours d’une interview accordée à un média spécialisé.
Depuis cette période, l’ancien joueur intervient de manière ponctuelle sur différentes chaînes de télévision ou de radio pour analyser les performances des Bleus ou commenter les tirages au sort des grandes compétitions. Il se distingue par un ton posé, un vocabulaire technique et un refus affiché des polémiques de plateau.
Un compétiteur sur les greens
En janvier 2023, Alain Boghossian s’aligne aux qualifications du Legends Tour, le circuit européen des joueurs seniors, à Belek, en Turquie. Il dispute la finale des cartes organisée sur le parcours du Gloria Golf Club, aux côtés d’anciens professionnels européens.
L’ancien international français inscrit son nom sur la liste des 84 joueurs engagés pour quatre tours de compétition, avec la perspective d’obtenir un droit de jeu partiel sur la saison 2023 du circuit. Il déclare alors au site spécialisé Golf Planète qu’il est « d’abord là pour s’amuser » et qu’il veut « voir où se situe [son] niveau par rapport aux vrais pros ».
Le niveau d’exigence de l’épreuve, la longueur du parcours et la densité du champ rendent la tâche difficile pour l’ex‑milieu de terrain, qui ne décroche pas de carte à l’issue de la semaine. Son index de jeu, proche de zéro selon les organisateurs, lui permet néanmoins de rivaliser ponctuellement avec des spécialistes dans des tournois pro‑am.
Alain Boghossian participe régulièrement à des compétitions caritatives organisées en France, notamment sur des parcours de la Côte d’Azur et de la région parisienne. Il y joue aux côtés d’anciens internationaux, de personnalités et de chefs d’entreprise, et met en avant le lien entre sa notoriété de champion du monde et la collecte de fonds pour des associations.
Engagements caritatifs et présence télévisée grand public
Depuis plusieurs années, Alain Boghossian soutient des initiatives en faveur de l’Arménie, pays d’origine de sa famille installée en France après le génocide de 1915. Il participe à des opérations de collecte de matériel sportif pour les clubs locaux et prête son image à des soirées de levée de fonds organisées par des associations de la diaspora arménienne.
Il accorde des interviews à des médias communautaires pour évoquer l’histoire de ses parents et grands‑parents, la transmission de la langue et les liens entretenus avec Erevan. À l’occasion d’une émission tournée en 2023, il indique que « porter le nom Boghossian en équipe de France, c’était aussi porter l’histoire de [sa] famille ».
L’ancien milieu de terrain apparaît à plusieurs reprises dans l’émission « Fort Boyard » sur France 2, aux côtés d’autres sportifs et personnalités. Sa participation permet de récolter des dons pour des associations différentes selon les saisons, parmi lesquelles des structures d’aide à l’enfance et des organisations de lutte contre la maladie.
Ces engagements renforcent son image d’ancien joueur disponible pour des opérations de solidarité, sollicité autant pour son palmarès que pour sa réputation de partenaire fiable auprès des producteurs et organisateurs d’événements.
Les séquelles de Knysna et la polémique tchétchène
Le 20 juin 2010, Alain Boghossian se trouve dans le bus de l’équipe de France à Knysna, en Afrique du Sud, lorsque les joueurs refusent de s’entraîner après l’exclusion de Nicolas Anelka. Il occupe alors le poste d’adjoint de Raymond Domenech, avec une responsabilité technique et un rôle d’interface avec certains cadres du vestiaire.
Le rapport de la commission d’enquête parlementaire publiée à l’automne 2010 mentionne la présence et les déclarations des membres du staff, sans détailler de façon précise le comportement individuel de l’ancien joueur. Il sort néanmoins de la séquence avec une image associée au fiasco de la Coupe du monde, ce qui pèse sur ses perspectives de carrière sur un banc de club.
En mars 2011, Alain Boghossian participe à un match amical en Tchétchénie, à Grozny, aux côtés d’anciennes gloires du football européen invitées par le président Ramzan Kadyrov. La présence de ces joueurs dans une région marquée par des accusations récurrentes de violations des droits humains déclenche une polémique en France et dans plusieurs pays européens.
L’ancien milieu de terrain indique quelques années plus tard, dans un entretien avec un média sportif, qu’il a « morflé » durant cette période, après les critiques adressées à son choix de se rendre à Grozny. Le débat autour de cette rencontre renvoie alors au rôle politique des matches de gala et aux limites de l’engagement des anciens sportifs.
Une vie entre fédération, médias et passions personnelles
En 2026, Alain Boghossian approche de son 56e anniversaire, qu’il doit fêter le 27 octobre de la même année. Il partage son temps entre des missions à la Fédération française de football, où il intervient ponctuellement auprès des sélections de jeunes, des invitations médiatiques et des déplacements autour du golf.
Les entretiens qu’il accorde aux médias rappellent régulièrement son attachement à l’équipe de France de 1998 et à ses anciens coéquipiers, qu’il retrouve pour des matches caritatifs ou des anniversaires du titre. Il affirme dans une interview que « le groupe de 1998 reste une famille », en insistant sur les liens entretenus avec Zinedine Zidane, Didier Deschamps ou Bixente Lizarazu.
L’ancien international ne revendique pas de projet d’entraîneur principal dans un club professionnel, malgré l’obtention de diplômes techniques au sein de la FFF. Il se décrit plutôt comme un « homme de terrain disponible pour aider », selon une formule utilisée lors d’un passage télévisé consacré aux 20 ans du titre mondial.
Son quotidien s’articule autour de ces activités multiples, avec un ancrage sur la Côte d’Azur et des déplacements réguliers à Paris pour des réunions fédérales et des émissions. Sa visibilité médiatique demeure moindre que celle de certains de ses ex‑coéquipiers les plus exposés, mais sa présence reste fréquente dans les rendez‑vous liés à l’histoire récente de l’équipe de France.