Le classement 2025-2026 reste dominé par un mastodonte hors normes : le stade Rungrado 1er-Mai, à Pyongyang. 114 000 à 115 000 places, selon les sources. Une toiture en pétales de magnolia, des tribunes conçues pour les parades militaires autant que pour les matches. L’enceinte nord-coréenne n’est pas un stade, c’est un manifeste architectural.
À Barcelone, on joue une autre partition. Le Camp Nou, toujours en travaux, s’apprête à dépasser de nouveau la barre symbolique des 100 000 spectateurs. Le projet « Espai Barça » ne vise pas la grandeur brute, mais l’efficacité énergétique, la diversification des revenus, la circulation fluide entre les espaces. Le stade catalan devient un centre d’affaires, un hub commercial, un générateur de cash connecté aux valeurs écologiques du moment.
🏟️ Les 10 Plus Grands Stades du Monde
Classement par capacité d’accueil
Rungrado 1er-Mai
Camp Nou (Spotify Camp Nou)
FNB Stadium (Soccer City)
Stade national de Pékin (« Nid d’oiseau »)
Wembley Stadium
Stade Azadi
Lusail Stadium
Estadio Azteca
Bukit Jalil National Stadium
Borg El-Arab Stadium
Et puis il y a l’Afrique. Le futur stade Hassan-II, prévu au Maroc pour 2028, vise les sommets avec une capacité annoncée de 115 000 places. C’est une pièce du puzzle de la Coupe du monde 2030, partagée avec l’Espagne et le Portugal. L’infrastructure, avant même sa première pierre, est un outil géopolitique.
Des enceintes conçues pour durer… ou pas
Dans le reste du peloton, on retrouve le FNB Stadium de Johannesburg (94 700 sièges), le stade national de Pékin, Wembley, l’Azadi de Téhéran, Lusail, l’Estadio Azteca à Mexico, Bukit Jalil à Kuala Lumpur et Borg El-Arab en Égypte. Tous dépassent les 86 000 places. Tous n’ont pas la même histoire.
Le FNB Stadium a accueilli le coup d’envoi de la Coupe du monde 2010, mais aussi les adieux à Mandela. Wembley aligne les gros événements comme les perles, entre finales, concerts et matches qualificatifs. L’Azteca reste rivé à la mémoire mexicaine, éternel théâtre du football national.
Le stade Azadi, lui, dit autre chose. Des tribunes partiellement inaccessibles pour les femmes, des tensions régulières. On est loin des loges vitrées et de la climatisation ciblée du stade de Lusail, joyau technologique du Qatar, monté pour le Mondial 2022 et branché au métro comme un centre commercial.
Utilisation maximale ou le temps d’un événement
La question revient partout : que faire de ces géants hors des jours de match ? À Pékin, le stade des JO 2008 reste sous-utilisé. Trop grand, trop cher, trop compliqué. Ailleurs, on tente la programmation continue, l’événementiel, la transformation du stade en quartier.
Barcelone pousse la logique jusqu’au bout : toit solaire, boutiques, restaurants, loges, expériences immersives. Le football n’est plus qu’un des usages parmi d’autres. Le stade n’est plus un monument, mais une matrice économique.
Il ne suffit plus d’impressionner. Il faut rentabiliser. Le gigantisme marocain est l’exception ; ailleurs, on cherche l’optimisation. Moins de sièges, plus de confort. Moins d’acier, plus de verre. Moins de béton, plus de réseaux. Le stade s’ajuste à la ville, au climat, aux attentes des partenaires privés. Le spectacle continue, mais les logiques ont changé.