Oliver Solberg remporte un Monte-Carlo piégeux et devient le plus jeune vainqueur de l’épreuve.
Le Rallye Monte-Carlo, épreuve d’ouverture qui dépasse souvent le cadre du championnat, a consacré Oliver Solberg après une victoire marquante. Dans une discipline en transition, le Suédois s’impose comme un marqueur immédiat, entre présent et avenir.
Oliver Solberg gagne le Monte-Carlo et change de statut
Solberg n’arrive pas de nulle part. Il a le pedigree — Petter Solberg champion du monde 2003 — et un talent déjà aperçu l’an dernier en Estonie. Cette fois, il frappe fort : victoire dès sa première tentative au plus haut niveau comme pilote officiel, et record de jeunesse dans l’épreuve en Principauté. Toyota, qui a misé sur lui, récolte un résultat immédiat, au point que Jari-Matti Latvala le pose déjà en candidat au titre.
Un Monte-Carlo “à l’ancienne” : neige, pièges et démonstration
La performance ne tient pas seulement au résultat, mais à la manière. Le rallye a offert des conditions difficiles, avec neige, erreurs fréquentes et lecture complexe de l’adhérence. Dès la deuxième spéciale, alors que la nuit enveloppait déjà le parcours, Solberg impose son rythme jusqu’au Turini. Le bilan chiffré renforce l’impression : six meilleurs temps et une maîtrise qui le place au-dessus de ses équipiers comme des références du plateau.
Toyota signe le triplé : Evans deuxième, Ogier complète le podium
L’issue collective est nette : Toyota verrouille un triplé. Elfyn Evans prend la deuxième place malgré une lutte permanente contre un grip changeant. Sébastien Ogier termine troisième et lance d’emblée sa quête d’un historique dixième titre, sans toutefois ajouter une onzième victoire à son total déjà record à Monaco.
Pneus Hankook : Ogier critique et perd du terrain
Au cœur du week-end d’Ogier, un élément domine : l’incompréhension des pneus Hankook. Pendant l’épreuve, le Français va jusqu’à les qualifier de « pires » qu’il ait utilisés. Cette difficulté technique pèse sur sa trajectoire sportive du week-end : pas de victoire, mais un podium qui maintient l’objectif en vie.
Incidents et conditions changeantes : un dimanche déroutant
Solberg a aussi dû traverser des alertes : une sortie le samedi, puis deux têtes-à-queue le dimanche. Cette dernière journée surprend d’autant plus que, sur une spéciale en amélioration, des Rally3 réalisent de meilleurs temps. Dans ce contexte, Matteo Fontana signe un fait rare : au volant d’une Fiesta Rally3, il se montre le plus rapide sur deux spéciales du dernier jour.
Solberg favori ? Un message envoyé au championnat
Au-delà du symbole — plus jeune vainqueur, et retour d’une victoire suédoise 55 ans après Ove Andersson — le résultat sonne comme un avertissement. Ogier lui-même résume l’enjeu sportif : il veut « avoir de belles batailles » avec Solberg, qu’il présente comme une bonne nouvelle pour les rallyes. Le “premier coup” au titre, lui, est clairement porté.
Hyundai limité, Ford à l’arrêt : les perdants du Monte-Carlo
Derrière Toyota, Hyundai se contente des quatrième et cinquième places avec Adrien Fourmaux et Thierry Neuville, le champion 2024 ayant souffert sur l’ensemble des spéciales. Ford, de son côté, vit un week-end noir : aucune Puma à l’arrivée, après les accidents de McErlean et Armstrong dans l’avant-dernière spéciale, et la panne de Munster.