Le Sky Hook : l’arme oubliée du géant Abdul-Jabbar

26/01/2026

Kareem Abdul-Jabbar a bâti sa légende avec le Sky Hook, un geste imparable qui reste inégalé dans l’histoire du basket.

Pendant près de vingt ans, Kareem Abdul-Jabbar a plané sur la NBA, inatteignable. Du haut de ses 2,18 mètres, l’intérieur des Lakers a empilé les points comme d’autres enchaînent les passes. Pas par brutalité. Par géométrie. À l’origine de cette efficacité, un tir venu d’ailleurs : le Sky Hook. Un geste unique, né d’un interdit, façonné dans la contrainte, devenu chef-d’œuvre mécanique. Et resté sans descendance.

L’interdit comme déclencheur

À l’université, Lew Alcindor, pas encore converti à l’Islam, écrase tout. Trop. Sa domination affole les instances. En 1967, la NCAA interdit le dunk. Officiellement, il s’agit de « rétablir l’équilibre du jeu ». Officieusement, tout le monde comprend que cette règle vise un seul homme. On l’appelle d’ailleurs la « Alcindor Rule ». Fini les smashs dévastateurs. Le jeune pivot doit trouver une alternative. Ce sera le Sky Hook. Un geste hérité du crochet traditionnel, qu’il va transformer en arme létale. Pendant neuf ans, la règle tient. Le tir, lui, devient sa signature.

Une mécanique impossible à contrer

Tout tient dans l’enchaînement. D’abord, le positionnement. Dos au panier, Abdul-Jabbar pivote, se met perpendiculaire, cache le ballon. Puis vient la protection. Le bras opposé sert de bouclier, repousse l’adversaire. Enfin, l’extension. Le bras s’élève, s’enroule, propulse la balle depuis une hauteur inégalable. À 2,18 m, avec une envergure hors norme, le ballon quitte ses doigts à près de 3,50 m du sol. Inaccessible.

Lui-même décode la psychologie du geste : « Quand je shoote de cette manière, je force les défenseurs à attendre que je monte la balle. Et s’ils attendent jusqu’à ce que je commence mon shoot, ils sont obligés de prendre le temps d’estimer la hauteur et le timing, alors qu’il est déjà trop tard ». Le tir est déjà parti. Et ne revient jamais.

L’efficacité, pas l’esbroufe

Le Sky Hook n’est pas spectaculaire. Il est chirurgical. En carrière, Abdul-Jabbar tourne à 56 % de réussite. C’est cette répétition, cette fiabilité, qui fait de lui le meilleur marqueur de l’histoire. 38 387 points. Un record longtemps intouchable. Et une longévité exceptionnelle : 20 saisons, 6 titres NBA. Là où le dunk use les corps, le Sky Hook prolonge les carrières.

Un geste sans héritier

Aujourd’hui, plus personne ne l’utilise. Le constat est là : le Sky Hook est orphelin. Kareem s’en étonne encore : « Certains joueurs ont le talent pour le faire, mais personne ne l’utilise comme base dans son jeu […] ça me déroute car ce shoot ne peut pas être contré ». Pour lui, le problème vient de la formation. Trop de vitesse, pas assez de fond. Le geste demande du temps, de la discipline, une compréhension fine du placement et du timing. Des vertus moins à la mode.

Mais il garde espoir. Un jour, quelqu’un, quelque part, redécouvrira ce tir. Le travaillera. Et réactivera cette mémoire dormante. Alors, les compteurs s’affoleront à nouveau.

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