Plongée dans l’enfance de Mbappé, génie du ballon rond.
Avant de porter le brassard des Bleus et de devenir l’un des visages les plus familiers de la planète football, Kylian Mbappé fut un enfant de Bondy, insatiable touche-à-tout, aimanté par le ballon. Retour sur les premières années du « Bondy Boy », là où tout s’est joué : entre rigueur éducative, discipline musicale et les premières convoitises de l’Europe du foot.
L’enfant de Bondy
Un terreau familial sportif
Né le 20 décembre 1998 à Paris, dans le 19e arrondissement, quelques mois après le sacre mondial de la France, c’est à Bondy, en Seine-Saint-Denis, que le destin de Kylian s’écrit. Le sport y est une langue maternelle. Son père, Wilfried Mbappé Lottin, ex-footballeur régional, est éducateur et entraîneur à l’AS Bondy. Sa mère, Fayza Lamari, handballeuse de première division, a porté les couleurs de la ville dans les années 90.
Le modèle ne s’arrête pas là. Jirès Kembo-Ekoko, fils du Zaïrois Jean Kembo, grandit dans le foyer Mbappé, dont les parents deviennent les tuteurs. La fratrie est soudée. En 2012, quand Jirès quitte Rennes pour Al Ain, Kylian, 14 ans, encaisse difficilement ce départ. Il pleure, incapable de comprendre.
Le ballon comme unique obsession
Sa première licence officielle à l’AS Bondy date de 2004, il a six ans. Mais il avait déjà foulé la pelouse à quatre ans pour un match du Téléthon. Hyperactif, bavard en maternelle, il refuse les siestes et préfère parler foot. À quatre ans, il place les pays qualifiés pour la Coupe du monde sur une carte. Plus tard, il dort sous ses crampons neufs, persuadé qu’ils l’aideront à marquer dès le lendemain. Dans sa chambre d’ado, un panthéon : les murs sont tapissés de posters de Cristiano Ronaldo.
Une éducation « à la Mbappé »
Un encadrement rigoureux
À l’opposé du mythe du génie intuitif, le parcours scolaire de Kylian est strictement encadré. Ses parents, lucides sur son potentiel et ses excès d’énergie, le placent au collège privé catholique de l’Assomption à Bondy dès la 6e. Suivi personnalisé avec les profs, psychologue, devoirs le week-end pour combler les lacunes. Il obtient le bac STMG en 2016, au rattrapage. Sujet de philo : « Pouvons-nous toujours justifier nos croyances ? »
Une culture générale soignée
Le projet éducatif va au-delà du terrain. Il passe par le conservatoire de Bondy entre 6 et 13 ans : flûte traversière, chorale. Il connaît le répertoire de Charles Aznavour par cœur. Une curiosité rare chez un futur international.
Clairefontaine et les premières tentations
La sélection à Clairefontaine
En 2011, il entre à l’INF Clairefontaine, promotion 98. Pas forcément le plus doué de la bande — Arnaud Nordin attire davantage l’attention — mais son sérieux et son exigence ne passent pas inaperçus.
L’Europe l’observe déjà
Dès 11 ans, les recruteurs sont là. En 2012, Chelsea l’invite à Londres. Il y croise Didier Drogba. À 14 ans, c’est le Real Madrid qui lui ouvre les portes de Valdebebas. Zidane, en personne, l’accueille. Quelques années plus tôt, on lui avait offert une maquette du Bernabeu. Il avait alors promis qu’un jour, il les y emmènerait « dans les loges ».
En France, Caen et Lens étaient proches de conclure. Mais la relégation en Ligue 2 coupe court.
L’éveil à Monaco
Le choix du Rocher
L’AS Monaco rafle la mise à l’été 2013, alors que le club retrouve la Ligue 1. La signature s’accompagne d’une prime de 300 000 euros (400 000 selon certaines sources) et d’un salaire de 700 euros mensuels pour l’aspirant.
Les débuts sont pourtant tendus. En U17, Bruno Irles ne cache pas son agacement face au manque de repli défensif du jeune Mbappé. Il l’écarte. Frédéric Barilaro, coach des U19, le récupère et lui redonne de l’élan.
L’accélération
Le 2 décembre 2015, il joue son premier match de Ligue 1 face à Caen. Il a 16 ans et 11 mois. Il efface le record de précocité de Thierry Henry. Le 20 février 2016, il marque son premier but pro contre Troyes. Il a 17 ans et 62 jours.
Le 21 mai 2016, c’est la Coupe Gambardella au Stade de France. Il inscrit un doublé en finale contre Lens. L’AS Monaco l’emporte 3-0. Quelques semaines plus tard, il signe son premier contrat pro.
La suite, de Paris à Madrid en passant par les succès en bleu était presqu’écrite d’avance….